Dans le livre LE POUVOIR DE SATAN, traduit par Laurent Glauzy, le Père Spirago expose que le démon révèle par la bouche du possédé les péchés des prêtres pour tenter d’empêcher l’exorcisme. Alors, les prêtres vont confesser leurs péchés. Et, le démon, ne voyant pas les péchés confessés, ne peut continuer à perturber l’exorcisme.
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À la fin des années 1960, alors que le monde avançait à toute vitesse, une ferme tranquille de Klingenberg, en Allemagne, sombra dans une obscurité que personne ne parvenait à nommer.
Anneliese Michel, autrefois une adolescente timide et profondément pieuse, commença par de petits signes — des sautes d’humeur étranges, des mains tremblantes, des moments qu’elle ne pouvait expliquer — jusqu’à ce que le subtil devienne violent et terrifiant.
Elle arrachait ses vêtements comme s’ils brûlaient sa peau.
Elle brisait les crucifix accrochés aux murs, faisait éclater les chapelets entre ses doigts comme de petits os.
Elle rampait sous les tables, grognait comme une bête sauvage, et poussait son corps à faire des centaines de squats, comme si elle tentait d’échapper à une présence que seule elle pouvait ressentir.
Elle refusait de manger. Elle murmurait : « Ils ne me laissent pas. »
Elle mangeait des araignées, des mouches, même du charbon — poussée par quelque chose qu’aucun médecin ni aucun prêtre ne parvenait à comprendre.
Pour les médecins, c’était l’épilepsie.
Pour le clergé, la possession.
Pour ses parents, c’était perdre leur fille, morceau par morceau.
Pendant des mois, deux prêtres pratiquèrent 47 séances d’exorcisme — des nuits remplies de cris, de visages déformés et de voix qui ne semblaient pas être les siennes.
Lors de la dernière séance, le 30 juin 1976, Anneliese était trop faible pour se tenir debout, sa voix autrefois douce n’étant plus qu’un murmure.
Ses dernières paroles furent d’une simplicité déchirante :
« S’il vous plaît… demandez l’absolution. »
Puis, doucement, à sa mère :
« Maman… j’ai peur. »
Le lendemain matin, Anneliese Michel n’était plus.
Et ce qu’il reste n’est pas une histoire d’horreur, mais la tragédie d’une jeune femme piégée dans une obscurité dont personne autour d’elle n’a su la sauver.
