Archives de Catégorie: Noël

NOËL NOËL NOËL

« Et voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. » (Luc2)

Jésus notre Seigneur, en ce jour tu es né
Dans une étable de Bethléem dans la simplicité

Toi, le Roi du Monde tu viens nous sauver

Nous, les misérables, meurtris par le pêché.

Rois mages et gens sages viennent te visiter
Par ta naissance, l’humanité tu viens sauver.

Que soient bénis nos chers Parents Joseph et Marie
Par tous  rejetés, à Jamais réunis.

Coeurs et maisons aux portes fermées,
Doutes puissants au message du Sauveur né
Ton humble venue dans la nuit étoilée
Fait rayonner les cieux et les coeurs ennivrés.

Par l’enfant Jésus né de Marie

La joie s’exprime dans le coeurs des grands et petits,

La foi s’exprime dans les voeux de Noël
Reçois notre prière Oh toi le Tout-puissant Eternel !

Une sainte prière au créateur des cieux
Au Dieu de Louange de l’entier Univers
Des mots d’amour, de beaux voeux pieux
Pour que la paix sur terre s’installe et demeure.

Pour que chaque famille, chaque grands et petits
Pour que malades, riches et pauvres égarés et meurtris
Reçoivent le plus beau cadeau de Noël,

Ta miséricorde et ton amour Eternel en ce Saint Jour Béni.

Gloire à Dieu, notre Père !

NOËL

Amen

 

 

 

 

 

 

Vœux de Noël de Laurent Glauzy

Mes vœux de Noël s’adressent tout d’abord à ceux qui combattent le crime le plus ignoble, celui de l’avortement, à la force et à la conviction de leur rosaire. La fête de la Nativité est le fait de notre très Sainte Mère offerte en Tabernacle pour accueillir le fils de Dieu. La Très Sainte Vierge Marie montre que la naissance est un miracle sans cesse renouvelé uniquement réservé aux mortels, car les anges ne peuvent pas donner la vie. Nous voyons par le rappel de cette réalité terrestre et céleste comment l’homme participant à la vie, intervient dans ce don de Dieu. La vie est donc sacrée et c’est pourquoi mes vœux s’adressent à ces Catholiques qui défendent la vie dans une France rongée par l’athéiste, le consumérisme et la lâcheté : l’un menant à l’autre !

J’adresse tous mes vœux de la Nativité à tous les Catholiques de la Tradition et aux prêtres de la Tradition qui accueillent de plus en plus de nouveaux fidèles comme le démontre chaque année le pèlerinage de Chartres-Paris.

Je pense bien entendu aux Gilets Jaunes qui montrent une abnégation et un courage à toute épreuve, même s’ils paraissent oublier l’essentiel du combat surnaturel. Mais, qui peut leur en vouloir dans une France sans repère et sans connaissance de son histoire. En tout cas, ils montrent une adversité exemplaire et digne contre la république des pédosatanistes et des francs-maçons.

J’adresse mes meilleurs vœux de Noël aux lecteurs du site Pro Fide Catholica de plus en plus nombreux, car cette semaine nous avons dépassé chaque jour les six mille visiteurs. Il s’agit d’un petit miracle récompensant notre travail annonçant d’autres succès. Merci aussi et meilleurs vœux aux Musulmans qui nous suivent.

Enfin, comme le rappelle les Amis du Christ Roi de France : le vénérable Louis du Pont, dans son livre de Méditations sur les Mystères de notre Sainte Foi, enseigne que le premier péché des Anges, ne fut pas la désobéissance, ou l’orgueil, mais l’ingratitude. Remercions donc sans cesse la Sainte Vierge de nous avoir donné notre Rédempteur.

 

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Conte de Noël

Depuis plusieurs semaines, l’hiver recouvrait le Morvan de son manteau blanc. Le froid était vif, les renards ne quittaient plus leurs terriers, des traces dans la neige trahissaient leur passage à la recherche de quelques lapins égarés.

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Parfois, le vol sombre d’une buse se dessinait dans le ciel. L’Anguison était gelé, on ne l’entendait plus couler, en bas dans la vallée. La nature s’était endormie et dans le village, les paysans restaient blottis dans leurs chaumières. Ils avaient coupé du bois qui avait séché tout l’été, mais avec ce froid et le bon feu qui crépitait dans la cheminée, les réserves commençaient à s’épuiser.

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Pourtant Monsieur le comte les avait autorisés à augmenter les coupes sur son domaine. On l’aimait bien, ici, Monsieur le comte. Pas fier pour un sou, surtout depuis ses malheurs, toujours à demander des nouvelles des uns et des autres et si la vie n’était pas trop dure. Il habitait le château un peu en dehors du village. Oh ! Pas un château de conte de fée, plutôt une grande maison qui, aujourd’hui, lui paraissait encore trop grande.

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Le feu allumé dans la cheminée ne suffisait pas à chauffer le vaste salon où Monsieur le comte somnolait. Il passait la plus grande partie de son temps dans cette grande pièce où il avait tant et tant de souvenirs.

Demain, ce serait Noël et il songeait que la brave Germaine et son Julien préparaient le bon repas qu’ils savoureraient ce soir, après la messe de minuit. Il n’y avait plus que lui et les deux domestiques dans le château. Ses deux fils, Lucien et Marcel, étaient partis. Il n’avait plus aucune nouvelle, une brouille pour une histoire d’héritage… Il ne se rappelait plus très bien… Si… c’était après la mort de sa douce Marie, emportée brusquement dans sa soixante-troisième année, il ne s’en était jamais remis. Il se sentait bien seul, tellement seul.

Un aboiement le sortit de sa torpeur. C’était Flambard, son fidèle chien, qui sautait dans la neige et qui aurait tant voulu se dégourdir les pattes dans la campagne.

FLAMBARD

 

Le ciel était clair, au loin quelques nuages montaient de Corbigny. Monsieur le comte se dit que ça lui ferait le plus grand bien d’aller faire un tour dans les bois avant la tombée de la nuit. Il chaussa ses bottes, passa son manteau et son écharpe, enfonça son grand chapeau noir jusqu’à ses oreilles, enfila ses gants de laine, attrapa la laisse de Flambard et sortit. Le chien était tout joyeux et il eut le plus grand mal à l’attacher. Ils suivaient le chemin en direction de la rivière. Monsieur le comte retenait difficilement Flambard qui aboyait de joie en sautant de gauche à droite. Tout à coup, le chien aperçu un point noir dans la neige. C’était Félix, son ennemi intime. Le chat ne manquait jamais une occasion de venir le narguer. Et là, ses bonds dans la neige mettaient Flambard hors de lui. Il tira si fort qu’il arracha la laisse des mains de son maître et se précipita à la poursuite de cet effronté. Monsieur le comte avait beau appeler, ordonner, jurer, rien n’y faisait, Flambard courrait toujours. Finalement, il disparut dans le bois à la poursuite de ce maudit chat. Monsieur le comte suivait tant bien que mal les traces de son chien, mais elles zigzaguaient de part et d’autre du chemin et il eut vite fait de les perdre.

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Cela faisait maintenant près de deux heures que Flambard s’était enfui. La nuit commençait à tomber, les nuages étaient plus épais et quelques flocons voltigeaient à présent dans le ciel devenu gris sombre. Il est temps de rentrer, pensa Monsieur le comte, Flambard retrouvera bien son chemin tout seul. Mais avec tous les détours qu’il avait fait et la neige qui tombait alors à gros flocons, Monsieur le comte s’était perdu. Il se trouvait à présent dans un bois au flanc d’une colline qu’il n’arrivait pas à identifier. Il se dit stupidement (il s’en rendit compte plus tard) qu’en montant jusqu’au sommet il pourrait, sans doute, apercevoir le clocher de Gâcogne et ainsi retrouver son chemin.

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Lorsqu’il arriva en haut, il faisait presque nuit et il ne voyait, tout au plus, qu’à une dizaine de pas devant lui. Sur sa gauche, il crût apercevoir une maison, il approcha. Ce n’était, en réalité, qu’une cabane de braconnier: quelques pierres recouvertes d’un toit de chaume en mauvais état. Il entra. Un peu rassuré, il décida d’y passer la nuit, demain, il verrait bien. A tâtons, dans un coin, il trouva une vieille couverture trouée sentant l’humidité posée sur un lit d’une propreté douteuse. Il se coucha après s’être enroulé dans la couverture et s’endormit rapidement d’un sommeil lourd peuplé de cauchemards.

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Il commençait à se réchauffer et se sentait mieux. Dans un demi-sommeil il percevait des bruits de vaisselle et une bonne odeur de cuisine. Il entrouvrit les yeux : il y avait de la lumière, un bon feu, une table dressée. Il croyait rêver… mais non, c’était bien vrai. Il se rappela alors que c’était le soir de Noël. Une femme était là, son enfant l’aidait. Elle était très belle, et dans la lueur des flammes son visage semblait illuminé. Elle était vêtue comme une de ces paysannes : un grand châle recouvrait ses épaules, on entendait le bruit de ses sabots sur le sol, elle portait sur la tête un bonnet de coton d’un blanc immaculé. L’enfant était blond et bouclé. Il lui fait penser au Jésus de la crèche qu’il avait offerte à la paroisse à Noël dernier.

Enfant Jésus

D’un geste, la femme l’invita à prendre place à la table. Il n’avait jamais vu un tel repas. Toutes sortes de charcuteries étaient disposées sur des plats en argent. Des viandes savoureuses l’attendaient et même des truffes au lard, son plat préféré ! Un peu plus loin des tartes, des gâteaux et les fruits… une coupe pleine de cerises écarlates… oui des cerises, à cette saison ! De quoi nourrir tout le village ! Il n’en croyait pas ses yeux ! Il ne se fit pas prier et se servit largement. La mère et l’enfant le regardaient en silence.

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Il coupa une belle tranche de pain et la porta à sa bouche. Avant qu’il n’ait eu le temps de comprendre, l’enfant saisit le morceau et le mangea. Monsieur le comte était scandalisé… mais il ne dit rien. Il saisit un morceau de viande, mais quand il l’eut coupé, ce fut la femme qui le pris et le mangea. Il essaya encore avec les légumes, les fruits, mais rien à faire, l’un des deux était toujours plus rapide. Il avait pourtant si faim et il ne pouvait rien manger ! Il aurait donné très cher pour partager le maigre repas de ses paysans, même si ce soir la soupe n’était, sans doute, pas beaucoup plus épaisse que d’habitude. La femme et son enfant le regardaient avec une grande douceur et il sentit ses yeux se remplir de larmes. Il se leva, retourna se coucher et s’endormit à nouveau.

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Beaucoup plus tard, il crût entendre le hurlement d’un loup au loin et il eut peur. Il ouvrit les yeux brusquement pour s’assurer que la porte de la cabane était bien fermée. Le jour était levé. Un rayon de soleil radieux traversait la fenêtre crasseuse. Il put alors observer la pièce: une cheminée avec quelques cendres, une table bancale, un vieux banc, une chaise cassée, un peu de vaisselle sale et ébréchée. Aucune trace du festin de la veille. Les hurlements se rapprochaient. Il reconnut le jappement joyeux de Flambard. Il ouvrit la porte, le chien se précipita sur son maître pour lui montrer sa joie. Il n’avait plus qu’à suivre ses traces dans la neige pour rentrer au château.

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Chemin faisant, il réalisa qu’il avait rêvé. S’approchant du château, il croisa quelques paysans. Ils le saluaient avec respect. Il répondait à leur salut, mais il les regardait différemment, comme s’il les voyait pour la première fois. Il avait tellement faim, il pensait à ce magnifique repas, mais chez lui, c’est un vrai repas qui était prêt. Germaine et Julien l’attendaient inquiets. Quand il vit tout ce qui était préparé pour lui, il eut peur que son rêve ne se réalise et il pensa à tous ces pauvres paysans qu’il aimait tant et qui n’avaient eu que leur soupe pour fêter Noël. Il demanda alors à Germaine de préparer quelques poulets de plus et de vider le saloir. Il envoya Julien demander à toutes les familles du village de venir les rejoindre pour le souper. Lui qui n’avait jamais aidé aux travaux de la maison dressa la table dans la grande salle, alluma le feu, alla chercher quelques bonnes bouteilles au cellier. Le banquet fut magnifique, jamais les villageois n’avaient fait une telle fête. Les enfants jouaient et riaient dans la salle d’habitude si triste. Il leur assura que, tant qu’il serait là, ils passeraient tous leurs Noëls au château.

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Monsieur le comte n’avait jamais été aussi heureux depuis la mort de sa douce Marie. Le lendemain, il retourna au sommet de la colline, il voulait revoir la cabane. Il décida d’entreprendre des travaux pour la consolider et d’édifier un clocher pour en faire une chapelle, oh! Une minuscule chapelle mais qui se verrait de très loin. En souvenir de son épouse Marie et de la belle dame, il l’appela Notre Dame du Morvan. A cause du repas, les villageois nommèrent la colline: « Le Banquet ».

Certains vous diront que ce n’est qu’une légende. Ne les croyez pas ! Récemment restaurée, la chapelle Notre Dame du Morvan se dresse toujours au sommet du « Banquet ». N’hésitez pas à y monter quand vous traverserez le Morvan, vous y trouverez le calme et la sérénité, c’est peut-être cela le vrai miracle du « Banquet » de Noël.

Notre Dame du Morvan

 

JOYEUX ET SAINT NOËL A TOUS

Ce soir un enfant nous est donné, le Sauveur de l’Humanité, ALLELUIA !

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AMEN

 

 

 

 

Mystique du temps de Noël (Dom Guéranger – 3)

C’est là cette divine transformation que le monde attendait depuis quatre mille ans, vers laquelle l’Église a soupiré durant les quatre semaines du Temps de l’Avent. L’heure est enfin venue, et le Christ va entrer en nous, si nous voulons le recevoir. Il demande à s’unir à chacun de nous, comme il s’est uni à la nature humaine en général, et pour cela il se veut faire notre Pain, notre nourriture spirituelle. Son avènement dans les âmes, en cette saison mystique, n’a pas d’autre but. Il ne vient pas juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui, pour que tous aient la vie, et une vie toujours plus abondante. Il n’aura donc point de repos, ce divin ami de nos âmes, qu’il ne se soit substitué lui-même à nous, en sorte que nous ne vivions plus nous-mêmes en nous, mais lui en nous-mêmes ; et pour que ce mystère s’exécute avec plus de suavité, c’est d’abord sous la forme d’un enfant qu’il se dispose, ce doux fruit de Bethléem, à pénétrer en nous, pour y croîtreensuite en âge et en sagesse, devant Dieu et devant les hommes.

Et lorsque, nous ayant ainsi visites par sa grâce et par l’aliment d’amour, il nous aura changés en lui-même, alors s’accomplira un nouveau mystère Devenus une même chair, un même cœur avec Jésus, Fils du Père céleste, nous deviendrons par là même les fils de ce même Père ; en sorte que le Disciple bien aimé s’écrie : O mes petits enfants ! voyez quelle charité nous a donnée le Père, que nous soyons les fils de Dieu, non pas seulement de nom, mais en réalité ! Mais nous parlerons ailleurs, et à loisir, de cette suprême félicité de l’âme chrétienne, et des moyens qui lui sont offerts pour la maintenir et l’accroître.

Nous aurions trop à dire, s’il nous fallait présentement montrer dans toute sa gloire le cortège-mystique qui environne la fête de Noël, sur le Cycle liturgique, à partir du jour même de la Nativité du Sauveur, jusqu’à celui de la Purification de la sainte Vierge. La plus magnifique pléiade de Saints et de Saintes se trouve avoir été semée autour du berceau de l’Enfant-Dieu. Sans parler des quatre grands astres qui rayonnent près de notre divin Soleil, duquel ils empruntent toute leur splendeur : saint Étienne, saint Jean l’Évangéliste, les saints Innocents et saint Thomas de Cantorbéry ; quelle autre fraction du Cycle présente, dans un si court espace, une aussi merveilleuse constellation ? Le Collège Apostolique fournit ses deux grands luminaires, saint Pierre et saint Paul, l’un sur sa Chaire Romaine, l’autre dans le miracle de sa Conversion ; l’armée des Martyrs nous envoie les valeureux champions du Christ : Timothée, Ignace d’Antioche, Polycarpe, Vincent et Sébastien ; la radieuse succession des Pontifes Romains détache quatre de ses plus glorieux noms : Sylvestre, Télesphore, Hygin et Marcel ; l’école sublime des Docteurs présente Hilaire, Jean Chrysostome, Ildefonse et l’angélique François de Sales; auxquels s’ajoute, comme eux Pasteur des peuples, Julien le Thaumaturge. La milice des Ascètes députe Paul l’ermite; Antoine, le vainqueur de Satan ; Maur, l’apôtre des cloîtres ; Pierre Nolasque, le rédempteur des captifs ; Raymond de Pennafort, l’oracle du droit et le législateur des consciences. Au rang des défenseurs de la sainte Église éclate le pieux Canut, qui rencontra le martyre en la servant, et ce Charles dont le nom signifie la grandeur. Le chœur des Vierges sacrées est gracieusement représenté par la douce Agnès, la généreuse Emérentienne, l’invincible Martine, la secourable Geneviève ; enfin, dans les rangs plus humbles des veuves, nous vénérons Paule, l’amante de la Crèche, et la reine Bathilde, qui goûta le mystère de Bethléem. Mais n’anticipons pas sur les temps, et laissons se dérouler l’un après l’autre, dans toute la durée de notre quarantaine, les glorieux anneaux de cette chaîne triomphante.

Il nous reste un mot à dire sur les couleurs symboliques que l’Église revêt dans cette saison. La blanche est celle qu’elle a adoptée durant les vingt premiers jours qui s’étendent jusqu’à l’Octave même de l’Épiphanie. Elle n’y déroge que pour honorer la pourpre des martyrs Étienne et Thomas de Cantorbéry, et aussi pour s’unir au deuil de Rachel qui pleure ses enfants, dans lafête des saints Innocents; hors de ces trois occasions, la blancheur des vêtements sacrés exprime l’allégresse à laquelle les Anges ont convié les hommes, l’éclat du divin Soleil naissant, la pureté de la Vierge-Mère, la candeur des âmes fidèles qui se pressent autour du berceau de l’Enfant divin.

Dans les vingt derniers jours, la multitude des fêtes des Saints exige que la parure de l’Église se montre en harmonie, tantôt avec les roses des Martyrs, tantôt avec les immortelles qui forment la couronne des Pontifes et des Confesseurs, tantôt avec les lis qui décorent les Vierges. Aux jours de dimanche, s’il ne se rencontre point quelque fête du rite double qui impose la couleur rouge ou blanche, et si la Septuagésime n’a pas encore ouvert la sombre série des semaines qui précèdent les douleurs du Christ, les vêtements de l’Église sont de la couleur verte. Le choix de cette couleur montre, suivant les liturgistes, que dans la Naissance du Sauveur, qui est la fleur des champs est née aussi l’espérance de notre salut, et qu’après l’hiver de la gentilité et du judaïsme, le verdoyant printemps de la grâce a commencé son cours.

Nous bornerons ici cette explication mystique des usages généraux du Temps de Noël. Il nous reste sans doute encore de nombreux symboles à dévoiler; mais les mystères auxquels ils se rattachent, étant propres à certains jours en particulier, plutôt qu’à l’ensemble même de cette portion de l’Année liturgique, nous les traiterons en détail, jour par jour, et sans en omettre aucun.

Mystique du temps de Noël (Dom Guéranger – 2)

Dans l’Avent, nous avons signalé, avec les saints Pères, la décroissance de la lumière physique comme le triste emblème de ces jours de l’attente universelle ; nous avons crié avec l’Eglise vers le divin Orient, le Soleil de Justice, qui seul peut nous arracher aux horreurs delà mort du corps et de l’âme. Dieu nous a entendus ; et c’est au jour même du solstice d’hiver, fameux par les terreurs et les réjouissances de l’ancien monde, qu’il nous donne à la fois la lumière matérielle et le flambeau des intelligences.

Saint Grégoire de Nysse, saint Ambroise, saint Maxime de Turin, saint Léon, saint Bernard, et les plus illustres liturgistes, se complaisent en ce profond mystère que le Créateur de l’univers a empreint d’un seul coup dans son œuvre à la fois naturelle et surnaturelle ; et nous verrons les prières de l’Eglise continuer d’y faire allusion au Temps de Noël, comme au Temps de l’Avent.

« En ce jour que le Seigneur a fait, dit saint Grégoire de Nysse, dans son Homélie sur la Nativité, les ténèbres commencent à diminuer, et la lumière prenant accroissement, la nuit est refoulée au delà de ses frontières. Certes, mes Frères, ceci n’arrive ni par hasard, ni au gré d’une volonté étrangère, en ce jour même où resplendit Celui qui est la vie divine de l’humanité. C’est la nature qui, sous ce symbole, révèle un arcane à ceux dont l’œil est pénétrant, et qui sont capables de comprendre cette circonstance de l’avènement du Seigneur. Il me semble l’entendre dire: O homme, sache que sous les choses que tu vois, te sont révélés des mystères cachés. La nuit, tu l’as vu, était parvenue à sa plus longue durée, et tout à coup elle s’arrête. Songe à la funeste nuit du péché qui était arrivée au comble par la réunion de tous les artifices coupables : c’est aujourd’hui que son cours a été tranché. A partir de ce jour, elle est réduite, et bientôt anéantie. Vois maintenant les rayons du soleil plus vifs, l’astre lui-même plus élevé dans le ciel, et contemple en même temps la vraie lumière de l’Évangile qui se lève sur l’univers entier. »

« Réjouissons-nous, mes Frères, s’écrie à son tour saint Augustin : car ce jour est sacré, non à cause du soleil visible, mais par la naissance de l’invisible créateur du soleil. Le Fils de Dieu a choisi ce jour pour naître, comme il s’est choisi une Mère, lui créateur à la fois et du Jour et de la Mère. Ce jour, en effet, auquel la lumière reprend accroissement, était propre à signifier l’œuvre du Christ qui, par sa grâce, renouvelle sans cesse notre homme intérieur. L’éternel Créateur ayant résolu de naître dans le temps, il fallait que le jour de sa naissance fût en harmonie avec la création temporelle. »

Dans un autre Sermon sur la même fête, l’évêque d’Hippone nous donne la clef d’une parole mystérieuse de saint Jean-Baptiste qui confirme merveilleusement la pensée traditionnelle de l’Eglise. Cet admirable Précurseur avait dit, en parlant du Christ : Il faut qu’il croisse, et il faut que moi-même je diminue. Sentence prophétique qui, dans son sens littéral, signifiait que la mission de saint Jean-Baptiste touchait à sa fin, du moment que le Sauveur lui-même entrait dans l’exercice de la sienne ; mais voyons-y aussi, avec saint Augustin, un second mystère : « Jean est venu en ce monde dans le temps où les jours commencent à diminuer; le Christ est né au moment où les jours commencent à croître. »

Ainsi, tout est mystique : et le lever de l’astre du Précurseur au solstice d’été, et l’apparition du divin Soleil en la saison des ombres.

La science courte et déjà surannée des Dupuis et des Volney pensait avoir grandement ébranlé les bases de la superstition religieuse, pour avoir constaté, chez les peuples anciens, l’existence d’une fête du soleil au solstice d’hiver ; il leur semblait qu’une religion ne pouvait plus passer pour divine, du moment que les usages de son culte eussent offert des analogies avec les phénomènes d’un monde que, suivant la Révélation, Dieu n’a cependant créé que pour le Christ et pour son Eglise. Nous, catholiques, nous trouvons la confirmation de notre foi, là même où ces hommes crurent un moment apercevoir sa ruine.

Ainsi donc nous avons expliqué le mystère fondamental de notre joyeuse quarantaine, en dévoilant le grand secret caché dans la prédestination éternelle du vingt-cinquième jour de décembre à devenir le jour de la Naissance d’un Dieu sur la terre. Scrutons maintenant avec respect un second mystère, celui du lieu où s’accomplit cette Naissance.

Ce lieu est Bethléem. C’est de Bethléem que doit sortir le chef d’Israël. Le Prophète l’a prédit ; les Pontifes juifs le savent et sauront bien le déclarer, sous peu de jours, à Hérode. Mais par quelle raison cette ville obscure a-t-elle été choisie de préférence à toute autre, pour devenir le théâtre d’un si sublime événement ? Soyez attentifs, ô chrétiens ! Le nom de cette cité de David signifie maison du Pain : voilà pourquoi le Pain vivant descendu du ciel l’a choisie pour s’y manifester. Nos pères ont mangé la manne dans le désert, et ils sont morts ; mais voici le Sauveur du monde qui vient soutenir la vie du genre humain, au moyen de sa chair qui est vraiment nourriture. Jusqu’ici Dieu était loin de l’homme; désormais, ils ne feront plus qu’une môme chose. L’Arche d’Alliance qui ne renfermait que la manne des corps est remplacée par l’Arche d’une Alliance nouvelle ; Arche plus pure, plus incorruptible que l’ancienne : l’incomparable Vierge Marie, qui nous présente le Pain des Anges, l’aliment qui transforme l’homme en Dieu ; car le Christ a dit : Celui qui mange ma chair demeure en moi, et moi en lui.

Pour approfondir et en vente dans notre librairie :

La vocation et la mission de la France de Dom Guéranger (18 €)

Parmi les hommes d’Église qui de notre temps se sont le plus distingués par leur religion, leur zèle, leur science et leur habileté à faire progresser les intérêts catholiques, on doit inscrire à juste titre Prosper Guéranger (1805-1875), abbé de Saint-Pierre de Solesmes et supérieur général des Bénédictins de France. Doué d’un puissant génie, possédant une merveilleuse érudition et une science approfondie des règles canoniques, il s’est appliqué, pendant tout le cours de sa longue vie, à défendre courageusement, dans des écrits de la plus haute valeur, la doctrine de l’Église catholique et les prérogatives du Pontife Romain, brisant les efforts et réfutant les erreurs de ceux qui les combattaient.

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