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Elisabeth Báthory, la comtesse de l’adrenochrome

Entre 1602 et 1604, le pasteur luthérien István Magyari vient dénoncer publiquement à la cour de Vienne des atrocités qui, selon la rumeur, auraient été commises par Élisabeth Báthory.

La rumeur selon laquelle la veuve pratiquait la sorcellerie ne commença toutefois à circuler qu’à partir de la mort de Ferenc, alors que de nombreuses jeunes filles de la région disparaissaient mystérieusement. C’est poussé par cette rumeur que Mathias Ier ordonna la mission de György Thurzó.

Envoyés par le roi de Hongrie, Mathias Ier, le palatin György Thurzó et ses hommes arrivèrent le 30 décembre 1610 au château de Čachtice, dans l’actuelle Slovaquie, où ils assistèrent à un spectacle dantesque : une domestique portant des traces manifestes de coups gisait dans le jardin, tandis que le cadavre d’une jeune fille vidée de son sang les attendait dans le vestibule et qu’une douzaine de servantes agonisaient au sous-sol.

Pour couronner le tout, une pestilentielle odeur de sang et de putréfaction gênait la respiration. Le plus déconcertant fut toutefois l’impassibilité de la propriétaire, la comtesse Élisabeth Báthory de Ecséd, qui reçut ces visiteurs sans accorder la moindre importance aux scènes dont ces derniers étaient témoins.

Ses premières victimes seraient de jeunes paysannes de la région, attirées à Čachtice par des offres de travail bien payées pour être servantes au château. Plus tard, elle aurait commencé à tuer des filles de la petite noblesse, (sang bleu supérieur en sorcellerie) envoyées chez elle par leurs parents pour y apprendre l’étiquette. Des rapts semblent aussi avoir été pratiqués.

Une fois au château, elles y subissaient des sévices variés : elles étaient battues et fouettées à mort, ou torturées au moyen de tenailles, d’aiguilles, de fers rouges, etc., pour ensuite être enterrées dans le parc ou dans les catacombes du château.

Entre-temps, la comtesse s’enduisait de leur sang, dont elle prenait même des bains, convaincue qu’elle obtiendrait ainsi la jeunesse éternelle. On racontait qu’Élisabeth commettait ces exactions sur les conseils d’une sorcière de la région, qu’elle avait installée dans une dépendance du château.

Les témoignages divergèrent quant au nombre des victimes, qui allait de 36 à plus de 80, voire 640, selon les témoins. Le verdict tomba comme un couperet : tous les collaborateurs directs d’Élisabeth furent déclarés coupables de sorcellerie ou d’assassinat, puis exécutés et incinérés. Leurs cendres furent ensuite dispersées, pour que leur âme ne trouve jamais la paix. [Aujourd’hui, au contraire, de telles pratiques font de vous un politicien, un ministre honorable.]

La condition nobiliaire d’Élisabeth lui permit d’échapper à son procès, mais pas aux foudres de la justice. Le tribunal la condamna à la réclusion perpétuelle dans une pièce de son château où ne pénétraient ni l’air ni les rayons du soleil. Elle ne communiquait avec le monde extérieur qu’à travers une petite fente, par laquelle on la ravitaillait en pain et en eau.

Voyant que ses forces déclinaient, Élisabeth rédigea son testament en juillet 1614, en présence de ses geôliers. Elle mourut le 21 août de la même année. Il fut question de l’inhumer dans l’église de Cˇachtice, mais les habitants du village s’opposèrent à ce qu’elle fût enterrée en terre sainte. Situé dans le nord-est de la Hongrie, le village d’Ecséd, berceau de sa famille, accepta finalement de recevoir la défunte dans son cimetière. Le patrimoine de la comtesse fut intégralement reversé à la Couronne

Parmi les atrocités décrites on cite notamment :

-de longs passages à tabac, entraînant souvent la mort ;

-des brûlures et autres mutilations des mains, parfois aussi sur le visage et les parties génitales ;

-des morsures atteignant des parties de peau du visage, des bras et du corps ;

-une exposition au froid entraînant la mort ;

-une mise à mort par dénutrition.

-L’utilisation d’aiguilles sera aussi mentionnée au procès par les collaborateurs. Certains témoins mentionnent des proches qui seraient morts au château. D’autres rapportent des traces de torture sur des cadavres ; certains étaient enterrés au cimetière, d’autres dans des lieux divers.

Selon les déclarations des accusés, Élisabeth Báthory aurait torturé et tué ses victimes non seulement à Čachtice, mais également dans ses propriétés à Bécko, Sárvár, Deutschkreutz, Bratislava, Vienne et même sur le chemin entre ces différents lieux.

Xavier Yvanoff nous dit « qu’elle prenait des bains de sang dans le but de conserver sa beauté et sa jeunesse. »

Cette épileptique issue d’une famille de dégénérés prenait un plaisir malsain à dénuder et à démembrer le corps de ses victimes, des jeunes filles que lui procuraient ses « rabatteurs ».

Elle leur arrachait les membres, les éventrait, les mordait, se repaîtrant parfois de leur chair.

Cette châtelaine aurait fait plus six cent cinquante victimes.

Une des servantes racontera que sa maîtresse arrachait la chair des victimes avec des pinces, coupait les veines des bras avec des ciseaux, d’autres fois elle torturait ses victimes avec des cuillers rougies au feu, leur repassait la plante des pieds avec un fer rouge.

Parfois, lorsqu’elle se sentait malade, elle les faisait venir au bord de son lit pour les mordre. »

En plus des accusés, plusieurs personnes sont mentionnées comme ayant fourni des jeunes filles à Élisabeth Báthory. Le nom d’Anna Darvulia est ainsi cité.

Cette histoire incroyable, non sans rappeler celle de Dracula, a inspiré la littérature et le cinéma. En 2010, Julie Depuy réalise La Comtesse, qui raconte l’histoire de cette femme tueuse.

https://www.nationalgeographic.fr/histoire/2021/07/elisabeth-bathory-la-comtesse-sanglante

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