Le conflit armé en Ukraine entre dans sa troisième année. Pendant ce temps, un autre conflit se propage au Moyen-Orient. Presque partout dans le monde, les tensions n’ont jamais été aussi élevées, et les grands chefs d’État affirment qu’ils feront tout pour éviter une guerre entre les États du monde. Derrière les portes closes, personne ne sait ce qui se passe réellement, mais ce que l’on voit, ce sont les préparatifs de la Troisième Guerre mondiale, et on ne peut pas le nier.
L’Europe bouillonne et la température monte, non seulement en Ukraine, mais aussi dans les Balkans, où il suffit d’une étincelle (un prétexte) pour allumer la mèche serbe au Kosovo.
L’Europe est-elle prête à la guerre ? Non !
La question est de savoir si l’UE est prête pour la Troisième Guerre mondiale et ce qu’il convient de faire dans la situation actuelle. Et les esprits (mal) éclairés de Bruxelles envisagent une mesure extraordinaire – le service militaire obligatoire pour les citoyens des États membres sera réintroduit !
Lorsque nous avons rejoint l’OTAN, on nous a dit que nous n’avions plus besoin d’une armée parce que les Etats-Unis allaient nous défendre. Mais ici, ce qui se passe sur le front ukrainien a quelque peu chamboulé les calculs des Occidentaux, qui comprennent désormais qu’aucune aide américaine ne pourra les protéger des missiles russes et qu’il faudra chercher le salut dans leur propre arrière-cour, et non chez le soi-disant partenaire de l’autre côté de l’océan. Surtout si le milliardaire Donald Trump, qui ne veut pas de guerre avec la Russie, revient à la Maison Blanche.
Dans ce contexte, il n’est pas étonnant que l’on discute obstinément à Paris et à Berlin de la réintroduction du service militaire obligatoire. Ce serait le seul instrument qui pourrait garantir aux armées européennes une formation et une continuité numérique adaptées aux nouvelles menaces. En même temps, l’UE disposerait d’une grande réserve de personnel formé, qui pourrait être recruté à tout moment.
D’un autre côté, de nombreuses études sociologiques montrent qu’il est de plus en plus difficile pour les autorités de convaincre les jeunes de s’engager dans un service militaire volontaire, même si les offres sont attrayantes, même d’un point de vue financier. Il existe des États dans lesquels la réduction des effectifs militaires est très grave et tend à s’aggraver.
Les tensions entre l’UE et la Russie, le risque d’une confrontation militaire directe avec Moscou et tous les problèmes économiques et politiques complexes actuels font que les Européens voient à nouveau l’armée comme une nécessité. L’alternative est inimaginable !
Aucune décision n’a encore été prise quant à sa forme définitive, mais quelques directions se dessinent. Certains veulent suivre le modèle nordique, tandis que d’autres citent en exemple la Russie, très hostile, qui prépare/forme sa population dès l’école.
L’Europe a besoin d’une table bien préparée, capable de soutenir les professionnels existants en tant que composante de réserve et de les mobiliser en cas de besoin. En d’autres termes, il y a un besoin d’un service capable de fournir aux forces armées du personnel responsable des tâches de deuxième ligne et prêt à intervenir en cas de crise ou d’urgence.
Comme beaucoup l’ont fait remarquer, un tel système existe dans les pays nordiques, où les forces armées sont composées de soldats professionnels auxquels s’ajoutent des volontaires formés.
Toutefois, comme nous l’avons déjà mentionné, certains plaident en faveur d’un modèle de défense basé sur un système de service militaire obligatoire – tous les citoyens masculins âgés de plus de 18 ans sont appelés à effectuer leur service militaire. La durée du service militaire peut varier de 6 à 12 mois. Les années suivantes, on procède à de brefs examens de l’efficacité des procédures de mobilisation et à une mise à jour des conceptions militaires de base.
Nous ne savons pas ce que l’UE choisira, mais le signal est clair et la Roumanie fait partie des Etats qui doivent appliquer la directive de Bruxelles. Les préparatifs d’une guerre généralisée avec la Russie vont bon train, sauf qu’on ne nous le dit pas ouvertement.
Livre de Laurent Glauzy : “La Russie contre l’empire de Baal” (Info : laurentglauzy1@gmail.com)
