28 mars : le saint du jour : saint Jean de Capistran

Saint Jean de Capistran

(+1456)
Jean, né à Capistrano, dans l’Abruzze, était fils d’un gentilhomme français qui avait suivi à Naples le duc d’Anjou, devenu roi de ce pays. Après ses humanités, il fut envoyé à Pérouse pour y étudier le droit canonique et civil. On le pourvut d’une place de judicature, et un homme riche et noble, charmé de ses qualités
éminentes, lui donna sa fille en mariage. Tout lui souriait dans le monde, quand tout à coup s’évanouirent ces flatteuses espérances.
Dans une guerre contre le roi de Naples, la ville de Pérouse le soupçonna de prendre le parti de ce prince ; on le fit arrêter. Malgré son innocence et son éloquence à se défendre, il fut jeté en prison. Sur ces entrefaites sa femme étant morte, il résolut de ne plus servir que Dieu.
Il vendit tous ses biens, paya sa rançon, distribua le reste aux pauvres, et se réfugia chez les Franciscains, au monastère du Mont, près de Pérouse. Le gardien, craignant que cette vocation ne fût l’effet d’un dépit passager plutôt que d’un mouvement de la grâce, voulut l’éprouver. Il lui ordonna de faire le tour de la ville de Pérouse dont il avait été gouverneur, monté à rebours sur un âne, couvert d’un mauvais habit et la tête coiffée d’un bonnet de carton où étaient écrits divers péchés. Après une telle épreuve, les humiliations du noviciat ne lui coûtèrent plus.
On lui donna pour maître un simple frère convers, à la direction duquel Jean se soumit avec la simplicité d’un enfant. Il fut traité par lui avec dureté :
« Je rends grâces au Seigneur, disait-il plus tard, de m’avoir donné un tel guide ; s’il n’eût usé envers moi de pareilles rigueurs, jamais je n’aurais pu acquérir l’humilité et la patience. »
Jean fut renvoyé par deux fois du noviciat comme incapable de remplir jamais aucun emploi dans la religion. Il resta jour et nuit à la porte du couvent, souffrant avec joie l’indifférence des religieux, les railleries des passants et les mépris des pauvres qui venaient demander l’aumône. Une persévérance si héroïque désarma la sévérité des supérieurs et dissipa leurs craintes. Jean, reçu de nouveau, fut enfin admis à la profession.
Dès lors sa vie fut admirable, il vivait uniquement de Jésus sur la Croix. Embrasé d’amour pour Dieu, il faisait de sa vie une oraison continuelle : le Crucifix, le Tabernacle, l’image de Marie, le jetaient dans l’extase : « Dieu, disait-il, m’a donné le nom de Jean, pour me faire le fils de Marie et l’ami de Jésus. »
Ordonné prêtre, Jean fut appliqué au ministère de la parole. Ses paroles produisaient partout des conversions nombreuses. Une secte de prétendus moines, les Fraticelli, dont les erreurs et les moeurs scandalisaient l’Église, fut anéantie par son zèle et sa charité. Le Pape Eugène IV, frappé des prodigieux succès de ses discours, l’envoya comme nonce en Sicile ; puis le chargea de travailler, au concile de Florence, à la réunion des Latins et des Grecs. Enfin il le députa vers le roi de France, Charles VII.
Ami de saint Bernardin de Sienne, il le défendit, devant la cour de Rome, contre les calomnies que lui attirait son ardeur pour la réforme de son Ordre ; il l’aida grandement dans cette entreprise, et il alla lui-même visiter les maisons établies en Orient.
Nicolas V l’envoya, en qualité de commissaire apostolique, dans la Hongrie, l’Allemagne, la Bohème et la Pologne. Toutes sortes de bénédictions accompagnèrent ses pas. Il ramena au bercail de l’Église un grand nombre de personnes, et converit une quantité prodigieuse de Juifs et de Musulmans.
À cette époque, Mahomet II menaçait l’Occident d’une complète invasion, tenait Belgrade assiégée, il se promettait d’arborer le croissant dans l’enceinte même de Rome. Le Pape Calixte III chargea saint Jean de Capistran de prêcher une croisade : à la voix puissante de cet ami de Dieu, une armée de 40,000 hommes se leva ; il lui trouva pour chef Huniade, un héros, et il la conduisit à la victoire.
Étant à trois journées de marche des Turcs, tandis qu’il célébrait la Messe en plein air dans les grandes plaines du Danube, les témoins ont rapporté qu’une flèche partie d’en haut vint, pendant le Saint Sacrifice, se placer sur le corporal. Après la Messe, le Saint lut ces mots écrits en lettres d’or sur le bois de la flèche :
« Par le secours de Jésus, Jean de Capistran remportera la victoire. » Au fort de la mêlée, il tenait en main l’étendard de la Croix et criait :
« Victoire, Jésus, victoire ! »
Belgrade fut sauvée. C’était en l’an 1456.
Trois mois après, saint Jean de Capistran, ayant prononcé ces paroles du Nunc dimittis : « C’est maintenant, Seigneur, que Vous laisserez mourir en paix Votre serviteur, » expira en disant une dernière fois : Jésus. Il avait soixante-et-onze ans.

Prière de Saint Jean de Capistran à la Sainte Trinité

Voici la Prière « Venez à notre aide, Seigneur, ne tardez pas » de Saint Jean de Capistran (1386-1456), Franciscain italien de l’Ordre des Mineurs, Juriste et grand Prédicateur du 15e siècle en Europe, Saint Patron des Aumôniers Militaires et des Juristes.

« Ô Christ, gloire des saints Anges, Dieu des dieux, créateur de l’univers, ô Christ, notre Rédempteur, notre Père, notre guide et notre appui, montrez-nous la lumière de votre vérité radieuse; faites luire dans nos intelligences un rayon de votre éblouissante clarté. Abaissez vos regards, Seigneur, du haut du trône de votre Majesté suprême ; envoyez votre lumière et votre vérité ; allumez dans nos esprits votre divin flambeau ; versez dans nos cœurs votre amour ; jetez les yeux sur nous et ayez pitié de nous, Seigneur. Ne méprisez pas les gémissements de vos pauvres; écoutez la voix de ceux qui crient vers vous. Venez à notre aide, Seigneur, ne tardez pas. Oubliez les crimes de votre peuple ; n’abandonnez pas, dans son abattement et sa détresse, l’Eglise, cette épouse que vous vous êtes acquise par votre précieux sang ; ne la laissez pas marcher tristement dans des chemins obscurs et difficiles, ne souffrez pas qu’elle s’embarrasse inutilement des sordides intérêts de la terre. Envoyez votre Esprit Saint du siège élevé de votre gloire, pour qu’il soit avec nous, pour qu’il demeure en nous, pour qu’il habite, qu’il opère et qu’il agisse en nous, pour qu’il dirige et vivifie nos actions, pour qu’il nous procure une prompte paix, pour qu’il nous réunisse dans la douce concorde de la charité ; et nous serons un en vous, Seigneur, comme vous êtes vous-même un seul Dieu, un seul Seigneur, avec le Père et le Saint Esprit avec lesquels vous régnez dans tous les siècles ; et vous nous ferez régner aussi avec vous, pour la louange et la gloire de votre très saint et glorieux Nom, à Dieu, qui méritez éternellement tout honneur et qui êtes béni dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il. »

Saint Jean de Capistran (1386-1456)

Prière du Révérend Père Justin Etcheverry à la Sainte Vierge

Voici une Prière au Sacré Cœur de Marie « Ô Marie, que ton Cœur soit l’Asile sûr où le nôtre s’abrite dans les dangers et la douleur » du Révérend Père Justin Etcheverry (1815-1890), Prêtre du diocèse de Bayonne qui entra dans la Compagnie de Jésus en 1850 et fut envoyé cinq ans plus tard à la Réunion puis à l’île Maurice.

« Ô Marie, ô ma Mère tendre, si ma raison ne peut comprendre les Trésors de ton Cœur béni ; Ah ! Du moins, je sens que je T’aime, et je veux d’un amour extrême payer ton Amour infini. Lorsque Jésus, mourant sur la Croix du Calvaire, nous remit en Tes mains, Tu devins notre Mère, et Tu nous aimas comme Lui. Le Feu de son Amour s’épancha dans Ton âme ; l’humanité trouva dans le cœur d’une femme et son Refuge et son Appui. Que de Grâces par Toi dès lors nous sont venues ! Que de Faveurs du Ciel par ton Cœur obtenues ! Lorsque ton Regard virginal vers le Trône de Dieu monte avec Ta prière, tous les Trésors divins descendent sur la terre, et ton Cœur en est le Canal. Marie ! Ah ! Que jamais ce bon Cœur ne nous quitte ! Qu’Il soit l’Asile sûr où le nôtre s’abrite dans les dangers et la douleur ! Quand nous aurons lassé la justice suprême, pour détourner de nous les coups de l’anathème, notre espoir sera dans ton Cœur ».

Ainsi soit-il.

Prière de Mère Thérèse de Saint-Augustin

Voici la Prière « Puissé-je et vivre et mourir comme vous, Saint Joseph, entre les bras de Jésus et de Marie ! » de Louise-Marie de France (1737-1787), fille de Louis XV, entrée en religion au Carmel de Saint-Denis sous le nom de Sœur Thérèse de Saint-Augustin comme Maîtresse de 13 jeunes Novices qu’elle doit diriger, guider et parfois modérer dans leur enthousiasme.

« Ô vous que la Providence favorisa des plus glorieuses prérogatives, grand Saint, qui sûtes répondre avec tant de fidélité aux desseins de sa profonde sagesse, vous, le tuteur et le dépositaire de l’enfance de mon divin Sauveur, chaste époux de la plus pure des Vierges, serviteur vigilant, nommé par Dieu même, pour être la protecteur et le guide de la plus auguste famille ; vous que le Très-Haut initia à la connaissance de ses mystères le plus intimement reculés dans son essence infinie, digne, autant qu’une créature peut l’être, des révélations qu’il plut à la Majesté suprême de vous communiquer : oh ! que de droits vous donnent à ma confiance et à mes respects ces titres puissants et multipliés, auxquels je reconnais l’effusion et l’abondance des grâces de l’Esprit-Saint envers vous ! Oui, chacune de ces faveurs qui vous furent dispensées par l’Eternel doit être pour moi autant d’appuis aux vœux que j’adresserai au trône de la divine miséricorde. Quelque multipliées que puissent être mes misères, j’en espérerai la guérison du moment où vous daignerez me servir de Patron. Ce Jésus, votre Fils sur la terre, pourrait-Il se refuser à vos demandes ? Il vous aima comme son Père, Il vous couronne aujourd’hui dans les Cieux d’un diadème immortel : Il ne mettra de bornes à Ses dons, que celles que vous-même vous aurez mises à votre intercession. Dans le jour consacré à la mémoire de vos triomphes, attendez tout de l’affection éternelle que promit à vos tendres soins l’Enfant auguste, échappé, sous votre conduite, à la barbarie d’Hérode. Prêtez pour organe à mes besoins, comme à mes désirs, prêtez cette voix qui Le guida dans les premières années de Sa vie cachée, et dont, au milieu de Ses ineffables splendeurs, Il agréera pour moi les vives sollicitations : unissez, puissant Médiateur, votre zèle pour mon salut à celui de votre miséricordieuse épouse. Obtenez-moi l’une et l’autre quelque légère participation aux trésors de Grâces dont vous fûtes enrichis, et le bonheur d’y correspondre, autant par la pureté de mon cœur, que par la sainteté de mes actions, qui sera pour vous-mêmes un surcroît à la félicité dont vous jouissez au sein des chastes embrassements de votre Fils. Présidez à tous les événements que la Providence me ménagera dans la suite d’une vie dont je commence à redouter les grandeurs et les écueils, à toutes les situations où m’appellera sa Volonté sainte, à tous les desseins qu’elle aura sur moi. Puissé-je, à votre exemple, ne cesser jamais de la glorifier par ma soumission, par tous les efforts de l’amour et de la vertu ! Puissé-je et vivre et mourir comme vous, entre les bras de Jésus et de Marie ! »

Ainsi soit-il.

L’homme est la perfection de l’Univers, l’esprit est la perfection de l’homme, l’amour est la perfection de l’esprit, et la charité est la perfection de l’amour.

SAINT FRANÇOIS DE SALES

Aujourd’hui jeudi 28 mars :

● TRIDUUM SACRÉ JEUDI SAINT

Institution de l’Eucharistie et du Sacerdoce

Oraison

Ô Dieu, qui avez puni la perfidie de Judas et récompensé la confession du larron, faites-nous ressentir l’effet de votre miséricorde, afin que Notre Seigneur Jésus-Christ, qui, dans sa Passion, les a traités tous deux selon leur mérite, détruise en nous les traces du vieil homme et nous accorde la grâce de sa résurrection.

■ La Prière de Saint Pierre d’Alcantara sur le lavement des pieds du Jeudi Saint « Ô doux Jésus, pourquoi votre Majesté s’abaisse-t-Elle à un tel point ? » :

« Considère, ô mon âme, dans cette Cène la ravissante douceur, l’ineffable bonté de ton Jésus ; vois l’inestimable Exemple d’humilité qu’Il te donne, en se levant de table et en lavant les pieds à Ses disciples.

Ô bon Jésus, que faites-Vous ?

Ô doux Jésus, pourquoi votre Majesté s’abaisse-t-Elle à un tel point ! Ô mon âme, qu’aurais-tu senti si tu avais vu ton Dieu à genoux devant les pieds des hommes, surtout devant les pieds de Judas ? Cruel, comment ton cœur ne s’amollit-il pas en présence d’une si grande humilité ? Comment tes entrailles ne se brisent-elles pas en présence d’une si touchante mansuétude ? Est-il possible que tu aies résolu de vendre ce très doux agneau ? Est-il possible que la componction ne pénètre pas ton âme à la vue de cet Exemple ?

Ô blanches et belles Mains, comment pouvez-Vous toucher des pieds si souillés et si abominables ? Ô très pures Mains, comment ne reculez-vous pas d’horreur en lavant ces pieds dégoûtants de la boue du crime, et qui ont couru les chemins de la trahison pour trafiquer de votre Sang ? Ô Apôtres bienheureux, comment ne tremblez-vous pas en voyant cet excès d’humilité ? Pierre, que fais-tu ? Consentiras-tu par hasard que le Seigneur de la Majesté te lave les pieds ? Saisi d’étonnement et comme hors de lui-même, dès qu’il a vu le Seigneur à genoux devant lui, il commence à lui dire : « Eh ! Quoi, Seigneur, c’est Vous qui me lavez les pieds ?

N’êtes-Vous pas le Fils du Dieu vivant ?

N’êtes-Vous pas le Créateur du monde ?

N’êtes-Vous pas la Beauté du ciel ?

Le Paradis des anges ?

Le Salut des hommes ?

La Splendeur de la Gloire du Père ? La Fontaine de la Sagesse de Dieu, dans les hauteurs du Ciel ? Et c’est Vous qui voulez me laver les pieds !

Vous, Seigneur de tant de Majesté et de Gloire, Vous voulez me rendre un office si humiliant et si bas ! »

Ainsi soit-il.

( « Traité de l’Oraison et de la Méditation » traduit par M. l’Abbé Marcel Bouix, édition Périsse frères et R. Ruffet, 1862)

● Fête de Saint Jean de Capistran

Saint Jean, né à Capistrano (Abruzzes) le 24 juin 1385, entra dans l’ordre de saint François à l’âge de trente-neuf ans.

Il fut choisi par Dieu pour délivrer l’Europe de l’islam qui menaçait d’envahir l’Europe au XVe siècle.

Mahomet II s’était emparé de Constantinople, capitale de l’empire d’Orient, et marchait sur Belgrade. Le Pape Callixte III décréta la croisade.

Saint Jean la prêcha en Pannonie et en d’autres provinces.

Aidé du noble hongrois Jean Hunyade, il enrôla 70.000 Chrétiens. Ces soldats improvisés n’avaient pour combattre que des fourches et des fléaux.

Saint Jean, dont « le Seigneur était la force », « obtint par eux la victoire après un rude combat » et assura ainsi le triomphe de la Croix sur le Croissant. Le soir même, 120.000 Turcs gisaient sur le sol ou s’étaient enfuis, tandis que Mahomet II, lui-même blessé, renonçait à ses projets contre l’Europe chrétienne.

Saint Jean mourut en 1456.

Recourons à sa protection et à la pénitence pour repousser les attaques de l’esprit malin.

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