Incompatibilité entre théorie de l’évolution et foi catholique

Vendredi 21 Juillet 2017
La théorie de l’évolution représente un grand danger pour la foi catholique, elle la dilue, lui fait perdre sa beauté ainsi que sa cohérence. Il y a fort à parier que c’est précisément pour cela que cette théorie fût mise en avant et est aujourd’hui maintenue en tant que dogme intouchable malgré ses très nombreuses failles. Une science honnête et dénuée de toute idéologie aurait abandonné cette thèse depuis bien longtemps.
L’idée d’évolution diminue grandement l’action de Dieu dans la création de l’univers, ne lui accorde qu’un rôle de cause première. Celui-ci n’intervient plus qu’au niveau de la première impulsion donnée à un univers qui va par la suite s’auto-créer pour aboutir, en fin de course, à la création de l’homme. Ceci s’accorde parfaitement avec de très nombreuses croyances mais est incompatible avec le dogme catholique. Selon ce dernier, Dieu a tout créé à partir de rien. L’univers et la nature sont des créations, la nature n’est pas dotée d’un pouvoir créateur, il n’y a que Dieu qui puisse créer. De plus, la création est terminée le septième jour et n’a pas à se compléter ou à s’améliorer via un processus évolutif. Une fois la création achevée, les lois naturelles sont mises en place et il devient alors possible de les étudier par la science. La création ad nihilo, à partir de rien, n’obéit pas aux lois de l’univers et n’est pas étudiable par la science.
Admettre un processus de création évolutif des espèces revient à accepter l’idée selon laquelle Dieu aurait créé le mal. Il aurait voulu un monde dans lequel des êtres mal adaptés seraient apparus, auraient soufferts, seraient morts et se seraient mangés entre eux pour que finalement seuls les plus forts survivent. Notre monde souffre, est soumis à la mort, aux catastrophes, au vieillissement, aux maladies, au désordre. Cela ne pouvait pas faire partie de la création à l’origine mais résulte bien évidemment du péché originel. Accepter l’évolution revient à atténuer le rôle capital de cette chute, cause de l’apparition du désordre dans l’univers. La loi universelle de notre monde est l’usure, l’érosion, l’augmentation du désordre mais il ne pouvait pas en être ainsi au commencement. Dieu a tout créé dans un état de perfection initiale. L’évolution suggère l’imperfection qui est un moindre bien et donc un mal. Dieu ne peut pas créer le mal puisqu’il est lui-même le bien suprême, parfait, infini. Ce que Dieu fait est forcément parfait, fini et n’a donc pas besoin d’évoluer. Nous n’avons d’ailleurs jamais observé un animal non parfait, avec un organe ou une fonction qu’il lui manquait. Dieu ne fait pas les choses à moitié, par tâtonnement, en supprimant certaines espèces puis en en faisant apparaître d’autres. Accepter l’évolutionnisme c’est finalement adhérer à une forme de panthéisme, à l’idée gnostique selon laquelle la perfection ne se situerait pas au commencement de l’histoire mais à sa fin. Ceci est à la source de très nombreuses hérésies et fausses religions. Par le dogme du péché originel la religion catholique est la seule à répondre de façon satisfaisante à la question du problème de l’existence du mal et c’est à cela que l’évolutionnisme s’attaque.
Cette théorie tend à nier l’existence historique du péché originel et rend Dieu directement responsable de l’existence du mal. Ceci altère toute la théologie catholique atteint par ricochet le dogme de la rédemption. Sans péché originel, de quoi Jésus serait-il venu nous sauver ? Dieu serait-il venu nous sauver d’une mort qu’il aurait lui-même créé ? La rédemption a racheté le péché originel en nous offrant la vie éternelle au ciel et en atténuant les effets de la chute en ce monde par les grâces accordées à l’église.
Certains chrétiens tentent de concilier évolutionnisme et catholicisme en imaginant que Dieu aurait, après des centaines de millions d’années d’évolution, insufflé une âme humaine dans le corps de deux singes. Ils s’appuient pour cela, par exemple, sur le fait que Dieu ait crée Adam à partir du limon de la terre, que l’on pourrait selon eux imaginer être un singe. Toutefois il est également écrit dans la bible qu’il créa Ève à partir d’une côté prélevée sur Adam pendant son sommeil, ce qui semble difficilement compatible avec l’idée d’insuffler une âme humaine dans une guenon. Il est également difficile de comprendre pourquoi Dieu aurait fait évoluer des animaux au lieu de tout créer directement. De plus, pourquoi Dieu aurait-il attendu si longtemps avant de créer l’homme ? Notre mission en tant qu’humains est de faire remonter vers Dieu la gloire qui lui est due, notre place est capitale, centrale dans le cosmos. Pourquoi aurait-il attendu si longtemps ?
Si Dieu avait créé les êtres vivants selon un processus évolutif, pourquoi cela n’est-il pas indiqué dans la bible ? Cette dernière précise au contraire, à dix reprises que Dieu créa les êtres selon leur espèce. Ceci semble difficilement conciliable avec l’idée d’évolution. Une évolution voulue par dieu est un compromis et non un développement naturel de la théologie. Ce compromis écarte le témoignage de la bible pour se soumettre à une science prométhéenne et idéologique et est à rejeter fermement. L’évolution n’est pas un fait dûment attesté mais une interprétation discutable de faits qui pointent plutôt en sens opposé. Pourquoi chercher une conciliation artificielle entre foi chrétienne et évolutionnisme au risque d’affaiblir cette foi ?
Enfin, certains chrétiens imaginent que Dieu a effectivement tout créé en 6 jours puis que le péché originel entraîna une nouvelle création qui se serait faite via un processus évolutif. Nous ne serions ainsi pas les descendants biologiques d’Adam et Eve, mais des descendants spirituels. C’est une interprétation originale mais qui nie l’historicité de la bible. Le darwinisme est, par essence, une idéologie anti-chrétienne et est démentie par les faits, donc pourquoi vouloir à tout prix tenter d’allier catholicisme et évolutionnisme ?
En guise de conclusion, il faut affirmer que le Dieu de l’évolution n’est pas le Dieu de la bible. Le premier est infirme, avance à tâtonnements, balbutie, peut se tromper, laisse les choses s’auto-créer, s’autoréguler, se cache. Le second est souverain, créé les choses bonnes, ne se renie pas, agit par une économie de moyens et n’abandonne par ses créatures puisqu’il va jusqu’à s’anéantir pour les sauver des conséquences d’une faute qu’elles ont elles-mêmes commise.
Je tiens à préciser que je n’ai pas de formation théologie (hors catéchisme suivi au sein de la fraternité Saint Pie X), cet article est donc susceptible de contenir certaines inexactitudes mais l’essentiel est de comprendre que l’idée selon laquelle les espèces évolueraient est nocive pour la foi.
Livre de la sagesse (1,13): « Dieu n’a pas créé la mort. Il ne prend pas plaisir à la perte des vivants. Il a tout crée pour l’être; les créatures du monde sont salutaires, en elles il n’est aucun poison de mort. » (2,14) « C’est par l’envie du diable que la mort est entrée dans le monde. »
Leocatho