« Un algorithme, c’est POLITIQUE ! » Henri Bergeron.

BIEN COMPRENDRE QUE TOUT EST POLITIQUE.


DES ALGORITHMES POUR AIDER À LUTTER CONTRE L’ANTISÉMITISME.

Cette semaine, le réseau social Twitter a été accusé de privilégier les visages de personnes blanches par rapport à ceux de personnes noires lors du recadrage automatique des images. Les critiques signalaient un biais raciste car l’algorithme semble, très souvent, recadrer l’image sur le visage de la personne blanche. Comme nous l’expliquions récemment dans un article, les algorithmes sont en effet loin d’être neutres, car ils reproduisent les stéréotypes de leurs créateurs. Heureusement, ils peuvent aussi être conçus et entraînés pour faire le contraire, c’est à dire lutter contre le racisme. Dans ce sens, une équipe internationale de scientifiques a annoncé le 21 septembre un nouveau projet pour stopper la propagation de l’antisémitisme en ligne à l’aide d’une intelligence artificielle.

Analyser le Web pour décoder l’antisémitisme et freiner les radicalisations

La Fondation allemande Alfred Landecker a annoncé lundi 21 septembre dans un communiqué qu’une équipe composée de chercheurs du King’s College de Londres et d’autres institutions scientifiques d’Europe et d’Israël, a développé une «approche très complexe et basée sur l’IA pour identifier l’antisémitisme en ligne». Ce travail est mené conjointement par des linguistes, des informaticiens et des historiens.
Ce projet arrive dans un contexte particulier: on a noté une recrudescence des actes d’antisémitisme un peu partout dans le monde mais plus spécifiquement en Europe ces dernières années. La France a connu une augmentation de 27% des faits à caractère antisémite entre 2018 et 2019, soit 687 cas en 2019 contre 541 en 2018. En ligne, le défi est de rendre visible l’antisémitisme en ligne et le démasquer.
En plus de détecter le contenu antisémite, ce projet vise à éviter que de plus en plus d’utilisateurs ne se radicalisent sur le Web. Pour cela il est important d’identifier les dimensions réelles de cet antisémitisme en progression, “en tenant compte des formes implicites qui pourraient devenir plus explicites avec le temps”, a déclaré Matthias Becker, un linguiste et chef de projet de l’Université technique de Berlin.

La technologie vient en aide à l’humain, là où l’oeil n’est plus suffisant

La technologie s’avère utile non seulement pour accélérer la recherche et parcourir rapidement des volumes massifs de données et images, mais elle peut aussi maintenant décoder le langage, qui est parfois implicite, ainsi que les stéréotypes.
L’approche interdisciplinaire allant de la linguistique aux études sur l’antisémitisme et l’apprentissage automatique, permet d’identifier les codes du langage antisémite.
Une grande partie du contenu antisémite s’exprime de manière codifiée pour éviter d’être repéré (« juice » au lieu de « jews » en anglais par exemple), avec des allusions à certains récits de conspiration, ou avec la reproduction de stéréotypes. Ces codes rendent plus difficile à détecter la diffamation, ce qui rend nécessaire la combinaison d’approches qualitatives fondées sur l’IA, pensent les scientifiques.
Le projet actuel se concentre initialement sur l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni, mais sera ensuite élargi pour couvrir d’autres pays et langues, ce qui, selon la fondation semble très important car l’antisémitisme continue à augmenter. Par exemple, lors de la montée des théories complotistes antisémites à propos de la création et de la propagation du COVID-19.

Auteur(s): FranceSoir : https://t.co/u6DseOXDjM?amp=1


« UN ALGORITHME, C’EST POLITIQUE ! »

01/03/2017

L’École d’affaires publiques de Sciences Po a inauguré jeudi 23 février une nouvelle chaire de recherche et d’enseignement consacrée aux enjeux de la révolution numérique. Avec pour thèmes directeurs : l’impact du numérique sur le marché du travail et l’avenir des emplois, mais aussi la digitalisation des organisations, les nouvelles formes de démocratie et de régulation publique ; et enfin la donnée, qui sera l’objet de la conférence annuelle de l’automne 2017. Entretien avec le sociologue Henri Bergeron, co-titulaire de la chaire aux côtés de Yann Algan et Nicolas Colin.

Comment définiriez-vous l’ambition et l’originalité de cette chaire « Numérique, organisations & affaires publiques » ?

Henri Bergeron : C’est un endroit où nous allons pouvoir croiser les disciplines et les regards, pour tenter d’évaluer de manière critique et raisonnée l’impact de la révolution numérique. L’idéologie en vogue autour des nouveaux outils digitaux tend les présenter comme neutres, ou bien univoques. Or, un algorithme, c’est éminemment politique ! Les conséquences ne peuvent être entièrement positives ou entièrement négatives. Ainsi, dans le domaine de la digitalisation des organisations, certaines opportunités suscitent énormément d’enthousiasme. Mais leur impact réel n’a pas encore été démontré.

Avez-vous des exemples ?

Henri Bergeron : Il existe une dimension de la digitalisation qui suscite beaucoup d’espoir au sein des organisations : les nouvelles opportunités offertes par le numérique pour susciter de la coordination, de la coopération et de la créativité. Mais il n’existe guère d’étude qui a tenté de démontrer l’efficacité réelle des outils digitaux et coopératifs à parfaitement induire cette coopération et créativité. On valorise beaucoup les thèmes de l’entreprise libérées, sans règles, etc. Mais l’absence de règles, cela peut aussi conduire au règne des petits chefs ! La souplesse est un concept séduisant, mais ce n’est pas forcément la solution à tous les problèmes de management. Idem pour la créativité, que l’on tente de susciter tous azimuts. Or, on ne s’est pas vraiment posé la question : est-il réellement souhaitable que tout le monde se mette à être créatif ?

Il y a d’autres aspects de cette révolution qui, eux, suscitent plutôt de l’inquiétude, notamment concernant l’avenir des emplois que nous connaissons aujourd’hui…

Henri Bergeron : oui, c’est un des autres axes que cette chaire va aborder, sous le pilotage de Yann Algan. D’abord il va falloir effectuer un travail de synthèse de toutes les prévisions qui circulent, et qui créent beaucoup de polémiques. La chaire va aussi étudier les effets de la digitalisation sur l’emploi. Dans le secteur de la grande distribution par exemple, il va falloir anticiper et gérer une transition qui va concerner des dizaines de milliers d’emplois. Sur l’emploi lui-même, la question qui se pose est celle de l’avenir du salariat tel qu’on l’a connu. Or c’est sur ce modèle que repose tout notre système de protection sociale !

Concrètement, que va produire cette chaire ?

Henri Bergeron : Il y a des objectifs académiques et scientifiques, avec une volonté de contribuer au débat public : publication de papiers, de policy briefs, conférence annuelle, etc. La chaire a également une dimension expérimentale, notamment avec l’incubateur de politiques publiques qui a été inauguré il y a quelques semaines, et qui va mobiliser les étudiants. La chaire assume ainsi une mission pédagogique : former des étudiants conscients de ces problématiques et capables de les aborder plus tard de manière critique.  

Reportage vidéo lors du lancement de la chaire, le 23 février 2017 à Sciences Po : 

 

SCIENCE PO : http://www.sciencespo.fr/actualites/actualit%C3%A9s/un-algorithme-c%E2%80%99est-politique%C2%A0/2801


L’Africaine Diallo peut s’en donner « A coeur joie » car l’algorithme mis en place contre la Race Blanche dite « colonisatrice » le lui permet.

Tous ses mots sont validés ainsi que son faciés, parce-qu’elle est noire, elle peut donc tout se permettre.

 

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