Classement mondial de la liberté de la presse 2020.

Reporters sans frontières (RSF) dévoile l’édition 2020 du Classement mondial de la liberté de la presse.

France en 34ème position.

Comme c’est étrange ! Alors qu’ils ont TOUS le mot VERT dans la bouche, cette carte de Reporters sans Frantières nous montre Tout sauf du Vert concernant « La Liberté de la Presse ».


La pensée unique dans la presse

Dans la presse et à la télé prévaut, sur les sujets comme la sécurité, l’immigration, la justice, les mœurs, une pensée unique bien-pensante, protégée par un contrôle juridique intimidant, qui constitue une restriction inédite de la liberté d’expression dépassant largement la loi de 1881 sur la presse et qui s’apparente aux procédures de l’inquisition ou des régimes totalitaires. La pensée qui n’est pas conforme à la norme, aux convictions dominantes, fait l’objet, non pas d’une opposition intellectuelle d’un débat, mais d’une condamnation morale. Toute pensée divergente, fût-elle celle de millions de gens, se trouve déconsidérée et exclue d’emblée.

On s’habitue au conformisme des médias et à la place accordée aux faits divers plutôt qu’aux événements majeurs. A la télé, au lieu de discussion ou différenciation, on favorise les sujets à sensation, les meurtres, les viols, ou les « dérapages » d’un ministre. Au lieu de l’information, enquête, analyse, c‘est l’émotion et le moralisme qui prévalent. C’est la transformation de l’information en produit marchand. Ceux qui cherchent à s’informer s’en lassent et peu à peu renoncent à lire ou à regarder le journal quotidien, et le processus de régression civilisationnelle progresse. Les médias exploitent l’indignation du lecteur ou téléspectateur, les journalistes sont toujours à l’affût d’une petite phrase incorrecte qu’on peut qualifier de « dérapage », ou de deux mots de travers qui permettent d’identifier un personnage au F.N., et après, quand il faut admettre les erreurs, on ne revient jamais sur les manipulations, les mensonges, les trucages et inventions qui ont accompagné leurs dénonciations unanimes.

Le suivisme des médias est étayé par l’émotion et la morale, qui, s’appuyant sur la compassion et la culpabilité, établissent deux camps – le bien et le mal. Avec leur riche vocabulaire de mots accusateurs – discrimination, réac, racisme, islamophobe, homophobe – ils coupent court à tout autre forme d’argument. Ils se dispensent ainsi de toute discussion ou analyse approfondie, et avec leur intégrisme moral ils empêchent le commentateur de développer le moindre contre-argument, au risque de se voir renvoyé dans le camp du mal ou dénoncé comme « réac ».

Réac, c’est la condamnation sans procès de ceux qui n’acceptent pas les changements sociétaux considérés comme avances. C’est la disqualification de ceux qui critiquent les jugements acceptés par la pensée unique. La pensée qui n’est pas conforme à la norme, aux convictions dominantes, fait l’objet, non pas d’une opposition intellectuelle d’un débat, mais d’une condamnation morale, formulé dans le seul mot réac. C’est le superlatif de conservateur, le contraire de progressiste, et donc moisi, rétrograde, misanthrope et, dans un mot, nauséabond.

Membre du Haut Conseil à l’Intégration et auteur de « Immigration, intégration : le langage de vérité », Malika Sorel confirme : “Il existe à l’heure actuelle un réel intégrisme moral qui empêche de poser sereinement les sujets. C’est ainsi que, dans le débat sur les énergies, les énergies fossiles sont érigées en mal absolu, tout comme l’agriculture intensive dans celui sur l’écologie. Et bien sûr, dès que l’on veut traiter le sujet de la laïcité, on est accusé de discrimination, de phobie de l’étranger, d’islamophobie… Le filtre moral et les grilles de lecture que cela crée fournissent des solutions de facilité : ils empêchent de développer le moindre argument “contre”.” Au point que celui qui voudrait s’y risquer se verrait immédiatement renvoyé dans le camp du mal et ainsi, discrédité. “Par exemple, on entend partout cette phrase : “l’immigration est une chance pour la France” et on est sommé d’y souscrire sans que celle-ci soit étayée du moindre argument factuel. Du moindre chiffre. Et le simple fait de demander “en quoi est-elle une chance  ?” suffirait à vous assimiler FN.”

En France comme en Allemagne, la domination de la pensée unique dans le monde médiatique étouffe le débat public, les contre-arguments et, finalement, la liberté d’expression.

Agora Vox : https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/la-pensee-unique-dans-la-presse-153742


QUI POSSEDE LES MEDIAS, TIENT LE POUVOIR

Les médias sont l’outil de base de la gouvernance moderne. Dans un monde ou nous sommes de plus en plus individualistes et de moins en moins indépendants et libres, l’information médiatique sous toutes ses formes nous sert de guide, de vecteur d’émotions et de modèle de pensée.

Ils représentent donc le formidable outil de conditionnement des populations aussi nécessaire à la « science politique » qu’au marketing commercial. S’ils ont un tel pouvoir, ils restent cependant un simple outil de façonnage qui ne peut fonctionner sans le carburant-argent et donc sans un propriétaire, lequel en usera  évidement selon ses intérêts. 

Ce n’est donc pas un hasard si, en France, les principaux médias appartiennent peu ou prou aux propriétaires des principaux empires économiques nationaux. Mais c’est encore moins un hasard si ces empires constituent en grande partie leurs fortunes avec l’aide de l’Etat (contrats publics à l’étranger, usage de l’influence diplomatique, etc…), ou mieux encore sur les fonds publics grâce aux contrats du même nom (BTP, Aéronautique militaire et civile, etc…).  Car c’est bien là qu’est la clé, dans la synergie d’usage d’un même outil tantôt orienté politique et tantôt orienté économique.

Qui tient les médias, tient l’opinion, et qui tient l’opinion tient le pouvoir. En étant maître de l’outil médiatique, on est aussi maître de ceux qui en ont besoin. C’est la raison pour laquelle l’industrie agro-alimentaire, le secteur automobile ou celui des biens à la personne, ne vivant pas de l’Etat, sont singulièrement absents de l’actionnariat dans les groupes de médias. CQFD.

Si la montée en puissance de cette prise en main – donc de ce contrôle – s’est opérée sur les trente dernières années, elle atteint aujourd’hui son objectif avec la mise sur orbite du président français.

Les fortes amitiés – pour certaines de l’ordre de la complicité fraternelle – qu’il entretient avec les propriétaires des médias majeurs sont largement revendiquées et exposées, au point qu’elles apparaissent plus importantes que les liens avec sa famille politique.
Pour preuve, la quasi-absence d’invitation pour ses « compagnons politiques » et la présence fraternelle de ses « amis » à la soirée privée du Fouquet’s (1) ou le néo-président fêtait sa victoire pourtant exclusivement politique, trahissait la réalité du « clan », donnait une idée des véritables artisans de la carrière et par voie de conséquence la cruelle désillusion qui a dû frapper les fidèles « lieutenants politiques » découvrant un peu tard la réalité des contours de l’utilité qu’ils représentaient aux yeux du « chef » et le type de considération qu’il leur portait.

Ainsi, cette promiscuité fraternelle affichée montre une telle convergence d’intérêts qu’elle ne peut pas être considérée comme un simple échange de moyens entre le politique et l’économique, entre l’ambitieux et le bailleur de fonds, ou même comme un rapport de force où l’économique serait le dominant suscitant un retour d’ascenseur à la manne de ses subsides, mais comme l’expression d’une synergie de conquête ou chaque membre du « clan » – forcément restreint à quelques amis – rempli son rôle dans le domaine qu’il a investi en utilisant des moyens fraternellement mis en commun

La manière dont Nicolas Sarkozy de Nagy Bocsa a entretenu des journalistes du quotidien Les Echos sur la prise de contrôle de leur journal par Bernard Arnault (son témoin de mariage !) et des nominations qui l’accompagnent, laisse clairement le sentiment que l’opération est plus le fruit d’une décision concertée par un petit groupe d’amis dont il est l’un des éléments que le résultat d’une information « off ».

Les journalistes pourront donc à loisir pester contre les risques de pressions éditoriales des propriétaires sans que cela n’affecte l’outil de conditionnement des populations, ni n’agrège efficacement à leur combat l’appui de ces dernières.

Il y a en effet longtemps que la grande majorité des journalistes – dont la profession est trustée par les écoles spécialisées et science-po réunis – ont relayé la pensée unique apprise souvent sur les mêmes bancs que le personnel politique, quelles que soient leurs sensibilités individuelles. Aussi, sans minimiser la pression de la ligne éditoriale imposée par les propriétaires des médias, il convient de relativiser les limites naturelles de la « liberté de la presse » aux frontières de la remise en cause du système que tracent eux-mêmes les journalistes . 

L’outil médiatique est décidément maintenant en parfait état de marche pour servir la gouvernance de la population en façonnant l’esprit et les réactions. En France, la lecture de la liste des propriétaires des médias majeurs et la clarté de leur réseau d’amitié, notamment au plus haut niveau de l’Etat, a l’avantage de ne donner aucune excuse au citoyen qui continuera d’apporter crédit à ce canal d’information et de critiquer simultanément sa dépendance au « Grand Capital ». 

Hormis quelques journalistes indépendants dont les enquêtes et la plume n’ont pas d’avenir dans ces médias, il reste les amateurs qui s’expriment sur le Net et dont le seul patron et la seule dépendance se résument à leur propre liberté de penser, de réfléchir et de soumettre leurs analyses et leurs informations aux citoyens que le moule médiatique rend allergique.       

Paul-Vincent PAQUET – © Novembre 2007

Les Chroniques.Net : http://leschroniques.net/cro_presse_pouvoir.htm


« Celui qui tient tes pensées tient ta vie. »