Des Paluches et des Bouquins : Modeste Schwartz – Le Magicien de Davos – Klaus Schwab. Vidéo.

Modeste Schwartz : « Le texte de Schwab suffit en lui-même à démontrer qu’il n’y a rien de secret dans la révolution covidienne » [Interview]

Les éditions Cultures et racines viennent de sortir un livre intitulé « Le magicien de Davos », signé Modeste Schwartz (que nous avions interrogé sur son précédent livre ici), et qui entend analyser, en profondeur, le livre de Klaus Schwab, Covid 19, la Grande réinitialisation

Au moment de sa publication, à l’été 2020, le livre Covid-19 : la Grande Réinitialisation, signé à titre principal par le fondateur du Forum de Davos, Klaus Schwab, sans passer inaperçu, ne défraye pas vraiment la chronique. C’est que tout le monde – aussi bien les naïfs qui ont tout gobé que les semi-doctes qui ont cru à une « surréaction des gouvernements » – pense être « sorti du Covid »… Tout le monde ou presque tout le monde : Modeste Schwartz, qui savait à quoi s’attendre, s’exile dès septembre en Biélorussie, puis passe en Suède en novembre.

Or, à partir de l’automne 2020, le regard du public sur cet obscur opuscule de l’été change brusquement. Il s’avère que l’économiste assez peu lu – et absolument pas médecin – Schwab avait prédit la suite du (fort bien nommé) « drame covidien » avec plus de précision que l’épidémiologiste nobélisable Raoult. Ou du moins – les détails virologiques manquant un peu de clarté –, ce qu’il prédit, en tout cas, à la perfection, c’est la réaction desdits gouvernements – encore censés à l’été, pour beaucoup d’optimistes, avoir « surréagi » au printemps. Mais quel est son secret ?

Ou peut-être que ses prédictions sont, en réalité, des ordres ? Ce qui donnerait au concept de « prophétie autoréalisatrice » un sens finalement très proche de celui de « conspiration »… Et s’il n’y avait eu aucune « surréaction » ? Et si le but des « confinements », des « masques » et, plus généralement, de la « nouvelle normalité » n’avait en réalité rien à voir avec la santé publique ?

Nous avons voulu discuter de l’ouvrage rédigé par Modeste Schwartz avec son auteur, pour mieux comprendre « le magicien de Davos ». Pour commander le livre, c’est ici

Breizh-info.com : Qu’est-ce qui explique que le livre La grande réinitialisation n’ait pas fait la une de la presse lorsqu’il est sorti en 2020 ? Qu’est-ce que son livre nous apprend, en substance ? Qui est M. Schwab ?

Modeste Schwartz : On ne peut pas dire que la sortie du « programme covidien » de MM. Schwab (fondateur et président du Forum Economique Mondial de Davos) et Malleret (son assez diaphane coauteur français) soit passée inaperçue – et ses auteurs, en tout cas, n’ont rien fait pour rendre cette sortie confidentielle, bien au contraire (le texte est presque immédiatement devenu accessible gratuitement sur Internet). Il n’a certes pas « fait la une », mais cette « omission » concorde bien avec la lecture que j’en ai. Ayant moi-même découvert, lu et commenté ce texte relativement tard par rapport à d’autres analystes (comme Eric Verhaeghe, publié sur papier comme moi chez Culture et Racines, ou encore Philippe Murer), je pense néanmoins avoir été le premier à en comprendre exactement la fonction, qui à mon avis n’est ni de s’adresser aux dirigeants réels (il y des newsletters pour ça – comme celle, justement, que publie Thierry Malleret), ni de s’adresser aux masses (dont on considère de toute façon qu’elles ne lisent plus – d’où l’absence de « unes »), mais d’informer la pensée de ce que j’appelle le middle-management mondialiste : personnel des gouvernements « nationaux » (inféodés à l’oligarchie, comme on s’en rend de mieux en mieux compte), haut fonctionnaires, universitaires…

Tous ceux qui, du fait de leurs aptitudes intellectuelles et de leur formation, ne pouvaient pas ne pas très vite concevoir des doutes sur la narration covidienne – et qu’il était donc urgent de convaincre que le mensonge covidien est un mensonge dans l’intérêt du plus grand bien. Etant donné qu’en se masturbant obligatoirement devant Netflix, on sauve non seulement Mémé (même si, auparavant, on cherchait plutôt à s’en débarrasser), mais aussi et surtout « la planète ». 

C’est donc un texte qu’il faut à tout prix approcher d’abord par ce prisme de la réception : ce qu’il peut effectivement nous apprendre, il ne nous l’apprendra que si nous nous efforçons de le lire avec les yeux de cette classe des complices du mondialisme – et donc en nous équipant, à des fins herméneutiques, des mythes qui informent leur vision du monde.

Ce sont des gens qui, à divers degrés, étaient d’ores et déjà conquis aux thèses du « socialisme vert » de marque Greta Thunberg, et notamment à son mythe climatique ; en tant que membres de la technostructure tertiarisée (employés d’institutions « publiques » ou de « multinationales », ce qui, de plus en plus, revient au même), ont en général un préjugé négatif à l’encontre de ce qu’ils appellent le « capitalisme » (et qui, dans leur bouche, ne fait évidemment jamais référence au pouvoir financier de leurs maîtres, mais uniquement à la liberté d’entreprendre, aux petites entreprises et aux indépendants) ; vivent généralement, dans leur vie privée, des existences post-modernes, désocialisées, hors-famille, hors culture – c’est un point très important à garder à l’esprit, notamment pour comprendre qu’eux sont susceptibles d’une perception parfaitement euphorique des mythes transhumains que leur fait miroiter Schwab : pour eux, l’homme sans racines ni descendants, qui confie même sa survie biologique à la matrice et se berce d’une illusion d’immortalité parce qu’on va lui installer un WC qui analyse ses selles à la recherche de cellules cancéreuses, c’est réellement une utopie, et non la dystopie que la plupart d’entre nous y reconnaissons. 

A vrai dire, Schwab lui-même semble, à divers endroits du texte, avoir bien conscience de ce caractère dystopique – et peut-être pas uniquement pour conserver une image de modéré. N’oublions pas que nous parlons d’un homme de l’âge de mon père, marié à une femme de trente ans sa cadette (ce qui suggère qu’il ne partage pas forcément les goûts de notre président), de la même ethnie que lui (à en croire le prénom de madame), et père de deux enfants. Je peux me tromper, mais j’ai fortement l’impression qu’il a en réalité le plus souverain mépris pour ce lectorat woke et autres golden boys à la Macron à qui il chante cette berceuse du Great Reset. Se considère-t-il, pour autant, lui-même comme un menteur ? Je ne le pense pas. Pour comprendre le genre assez spécial de sincérité qu’illustre son texte, il faut se souvenir que l’auteur est (par excellence) un progressiste, donc (aussi) un jésuite (comme le pape François) : quand il reprend les prédictions épidémiologiques aberrantes de N. Ferguson (dont la fausseté était déjà prouvée au moment de la publication de sa Grande Réinitialisation), cet homme d’une grande intelligence, ingénieur et économiste, se rend bien compte qu’il « prend des libertés avec l’exactitude scientifique ». Mais il le fait au nom d’un projet qu’il considère à la fois comme salutaire et comme inévitable. Le dogme de l’unidirectionnalité de l’histoire est l’axe central de la pensée progressiste. Ce dogme est, bien sûr, lui-même un mensonge – mais ça, il ne peut pas (ou pourrait presque dire : il ne lui est pas permis de) s’en rendre compte. D’où le sous-titre de mon livre : Vérité(s) et mensonge(s) de la Grande Réinitialisation.

Breizh-info.com : Vous avez fait le choix de vous exiler, dès l’annonce des mesures de confinement, pour quelles raisons ? Pourquoi la Biélorussie, puis la Suède ? Ce dernier pays n’est-il pas lui aussi en plein dans le « covidisme » ?

Modeste Schwartz : Précisons un peu la chronologie : à « l’annonce des mesures » (comprendre : lors de la déclaration de cette guerre préventive que nous livre l’oligarchie) du printemps 2020, j’ai d’abord passé, comme presque tout le monde, quelques jours (deux semaines dans mon cas) sous l’emprise de l’hypnose, portant volontairement un masque quand je faisais mes courses, etc.. C’est important de le reconnaître, pour faciliter l’éveil de ceux qui se sont attardés dans cette hypnose. 

Vers la mi-avril 2020, j’avais déjà compris (notamment en me penchant sur les chiffres démographiques) qu’on avait affaire à une mise en scène assez semblable aux épisodes précédents de la guerre cognitive que livre Big Pharma depuis le show sidaïque (en passant par cette répétition générale – cela dit ratée – du « Covid » qu’a été la « crise de la grippe aviaire »). A l’été 2020, j’espérais encore – sans y croire complètement – que les gouvernements occidentaux (ou au moins ceux qui prétendent être « de droite ») allaient se ressaisir. C’est vers la fin de l’été, en les voyant, bien au contraire, commencer à organiser « la deuxième vague », et en commençant de mon côté à prendre connaissance (sans encore avoir lu le texte de Schwab) des projets de Davos, que j’ai compris que cette « drôle de guerre » était une illusion, et qu’ils iraient jusqu’au bout. J’ai alors considéré avoir le choix entre une résistance active (à l’époque encore très minoritaire), qui ne pouvait que me conduire à court terme en prison, et la fuite. Pour le cas où vos lecteurs l’ignoreraient encore : la plupart des pays du monde n’ont « pas eu de deuxième vague », et ont tout au plus simulé des « préoccupations covidiennes » pour ne pas se mettre l’oligarchie occidentale à dos : une fois qu’on a décidé d’échapper à cet asile de fous dont les limites épousent de mieux en mieux (et naturellement pas par hasard) celles de l’UE, on a, en réalité, l’embarras du choix.

Le choix que j’ai fait de m’exiler en Suède n’avait rien d’idéologique : il se trouve que j’y ai un peu de famille, et des amis. Ce choix a, néanmoins, beaucoup fait jaser dans les milieux de l’intellectualité dissidente européenne où je commençais alors à être connu. Chose que, rétrospectivement, je comprends d’ailleurs assez bien, à la lumière des préjugés que j’avais moi-même à propos de ce pays, et que j’ai dû depuis lors réviser dans bien des domaines. Bien entendu, je ne prétends pas que tout est faux dans la perception peu flatteuse de la Suède qu’on cultive dans les milieux de la droite continentale : c’est effectivement une culture féministe (sauf que c’est un féminisme ancien, enraciné et digéré par la société – et non ce syndrome morbide de l’après-68 continental), c’est effectivement un pays d’immigration (et, à vrai dire, il suffit de consulter les chiffres de la densité de population pour comprendre qu’en Scandinavie, ce problème ne peut pas se poser dans les mêmes termes qu’en France ou en Allemagne), etc.. En résumé, ce que j’ai découvert, c’est que la Scandinavie n’est pas l’Europe, mais constitue une culture fort éloignée de la notre (pour le meilleur comme pour le pire), en dépit de nos racines ethniques communes qui tendent à masquer ce précipice.

Et, pour répondre à votre question : on ne peut pas confondre à 100% les peuples et leurs Etats. Dans le tissu social, anthropologiquement, on trouve probablement en Suède autant d’hypocondriaques manipulables qu’en France, qui font allégeance à la narration covidienne, portent (volontairement) des masques même à l’extérieur, et ont surtout développé une véritable manie du gel hydroalcoolique (probablement parce que le terrain, de ce point de vue, avait été préparé par leur vieille obsession de la propreté). En revanche, quand on s’intéresse aux élites suédoises, à l’Etat et à son histoire, on découvre un ensemble organique assez conscient de lui-même, qui, il y a deux siècles de cela, a décidé de « sortir de l’histoire » (probablement parce qu’au cours des siècles précédents, l’implication de la Suède dans les conflits européens lui avait infligé des saignées trop graves au vu de sa faiblesse démographique).

Depuis Napoléon 1er, les Suédois ont réussi à « dribler » toutes les grandes boucheries de l’histoire européenne et mondiale : mimant un peu le nazisme pour faire plaisir à Hitler tant qu’il était en phase ascendante, puis le communisme (ou son Ersatz scandinave socio-démocrate) pour apaiser l’URSS trop proche, et maintenant, ils simulent le covidisme (dans une version humanisée), pour ne pas se mettre Bruxelles à dos (n’oublions pas que c’est un pays exportateur, et que 40% de ses exportations vont vers l’UE…). Mais, à supposer que les simulacres électoraux se poursuivent dans l’Europe de l’après-2021, leur Premier-ministre Löfven sera probablement le seul dirigeant de l’UE qui n’aura pas besoin de bourrer les urnes pour rester au pouvoir. 

Breizh-info.com : Vous évoquez carrément une forme de conspiration contre les peuples. Comment justifiez-vous cette affirmation ? N’assiste-t-on pas plutôt à une convergence d’intérêts entre différentes strates de nos sociétés ?

Modeste Schwartz : On retrouve ici un débat récurrent : l’inévitable controverse du « complot » VS « l’évolution structurelle » (qui a par exemple fourni le fond de discussions contradictoires fort intéressantes que j’ai eues avec l’excellent Vincent Chapin). Je pense que c’est un faux débat, dans la mesure où il reflète moins tels ou tels éléments de la réalité actuelle (que certains surestimeraient, ou que d’autres sous-estimeraient) que les lacunes de notre compréhension de cette réalité. Quand on évoque l’oligarchie, le soft-power, les réseaux d’influence, plus ou moins consciemment, on a toujours une tendance (conditionnée par notre connaissance du passé : livresque, cinématographique etc.) à s’imaginer des « partis » : des structures rigides, pyramidales, réglementées et rendant obligatoire le recours au secret. C’est-à-dire qu’inconsciemment, on transplante Davos, le Bilderberg, le Siècle & Cie au XIXe siècle, en oubliant totalement l’énorme dérive culturelle, sociologique et anthropologique qui s’est produite entre-temps. Le pouvoir supra-institutionnel de notre époque a la même structure réticulaire, souple et résiliente que tous les autres produits sociaux de la post-modernité (tribus urbaines, « Islam politique », « fachosphère » etc.) : il est même par excellence caractérisé par cette structure.

En ce sens, il est faux d’affirmer que je chercherais à décrire une quelconque « conspiration ». Dans leur définition classique (donc, en réalité, périmée) les activités conspiratives impliquent le secret. Le texte de Schwab (surtout assorti de sa date de publication !) suffit en lui-même à démontrer qu’il n’y a rien de secret dans la révolution covidienne (alias Great Reset) : le livret de l’opéra est en vente libre, et on peut même très facilement se le procurer gratuitement (actuellement, en trois langues de grande circulation). Schwab ne cherche pas le moins du monde à cacher le rôle de premier plan qu’a joué le CEPI (une excroissance de son Forum de Davos) dans l’opération de (re)programmation neurolinguistique qui a permis de « créer » (par redéfinition) une pandémie à partir d’une saison grippale. Simplement, de son point de vue, ce n’est pas un mensonge – ou du moins pas un mauvais mensonge, puisque ce choc orchestré est censé nous faire entrer dans ce que Bill Gates lui-même appelle « la décennie des vaccins », c’est-à-dire faire passer « l’humanité » (ou du moins : la partie d’icelle qui va se laisser faire) de l’immunité naturelle à l’immunité artificielle – que tous ces gens considèrent bien entendu comme un progrès (avec ce mélange de « bon » et d’« inévitable » que convoie ce concept dans leur esprit).

Par ailleurs, vous avez tout de même raison d’évoquer « différentes strates de notre société ». Du simple fait que l’immense majorité des Occidentaux a, objectivement, infiniment plus à perdre qu’à gagner (en années de vie, en aisance matérielle concrète, et surtout en liberté) au jeu de la Grande Réinitialisation, il serait faux de déduire que l’opération a, dans 100% des cas, le caractère d’un viol. Le Great Reset a non seulement ses complices (ce « middle-management » que j’évoquais plus haut), mais aussi et surtout ses dupes, ou victimes consentantes : hier, ils ont voté Macron en s’agrippant maladivement à cet euro qui est le principal agent de leur euthanasie économique ; aujourd’hui, ils font la queue pour se prêter à une expérimentation médicale de masse justifiée par une grippe montée en mayonnaise. Quels que soient mes sentiments personnels à l’égard de Schwab ou de Macron, loin de moi l’idée de chercher à leur « faire porter (seuls) le chapeau » d’évolutions historiques qui sont avant tout l’expression concrète du désir de mort qui (comme j’en suis convaincu depuis longtemps : cf. mon précédent ouvrage, YIN) habite intimement l’Occident.

Breizh-info.com : Vous évoquez par ailleurs « Le meilleur des mondes », fusion de l’Etat et du grand capital financier. Qu’est-ce que cela signifie ? 

Modeste Schwartz : Merci pour cette question, qui m’accule à l’exercice ingrat, mais en l’occurrence nécessaire, de l’auto-promotion. Je pense en effet que l’un des principaux gains conceptuels du Magicien de Davos (par rapport à la moyenne des analyses disponibles sur le même sujet) est le retour à Hilferding que j’y propose.

Les critiques de Schwab (et de ce qu’il est d’usage de nommer « mondialisme » en général) s’épuisent souvent en disputes assez stériles autour de la question mal posée : « le Great Reset est-il un projet capitaliste ou communiste ? ». Ma réponse étant bien évidemment : les deux, mon capitaine ! 

Quand on parle de communisme, même inconsciemment, on convoque systématiquement le concept de « marxisme-léninisme », du fait de l’importance déterminante qu’il a eue à partir de 1917 (et, disons, jusqu’en 1991) sur l’histoire du XXe siècle. Or, qu’est-ce, essentiellement, que le marxisme-léninisme ? C’est l’idée (promue avant tout par Lénine) selon laquelle, pour réaliser l’utopie marxienne (parfaitement irréalisable, bien entendu) d’une société sans classes et sans Etat (qui n’a jamais existé et n’existera jamais), il « faut » que l’Etat (devenu « dictature du prolétariat ») prenne autoritairement le contrôle du capital : c’est le projet qui a finalement coulé en 1991 en même temps que l’Etat (l’URSS) dont il constituait la doctrine officielle. 

Ce « succès historique » du rejeton léniniste de la folie marxienne a conduit à l’occultation d’une descendance bien plus légitime – d’une efficacité très discrète, mais plus durable – qui est la branche hilferdingienne. Dès 1910, Hilferding prédisait/préconisait (pour les progressistes, la différence entre ces deux verbes est toujours problématique), bien au contraire, une annexion de facto de l’Etat par une superstructure financière qui serait le produit du dernier stade de développement/ financiarisation/ concentration du capitalisme. Il nous expliquait, en somme, que les banquiers anglo-saxons, animés du même idéal illuministe que les bolchéviques qu’ils finançaient discrètement, feraient, quand leur heure viendrait, un bien meilleur travail que les quelques excités qui, autour de Lénine, allaient tenter, sept ans plus tard – à l’encontre de toutes les prévisions/recommandations de Marx lui-même – de précipiter l’évolution historique en obligeant au socialisme, sous la menace de pistolets, une société agraire et « arriérée » (comprendre : religieuse), en Russie.

Schwab ne semble parler nulle part de Hilferding. Ses écrits, en général, ne portent pas la marque d’une culture philosophique très profonde, et je ne peux donc pas présupposer qu’il ait connaissance de ces textes – mais il est bien évident que l’école de pensée dont il est issu est, essentiellement, hilferdingienne. Rappelons que Hilferding a été l’un des pères de la social-démocratie allemande du XXe siècle (du SPD), dont Schwab (en dépit d’accusations assez insensées de certains de ses détracteurs anglo-saxons, notamment) est bien plus proche que de quelque nostalgie hitlérienne que ce soit.

Et effectivement, en imaginant son « Meilleur des mondes », Huxley avait clairement en tête un scénario futurologique bien plus proche des thèses de Hilferding que ce celles de Lénine – ce qui n’est pas étonnant, quand on sait que l’entourage direct (y compris familial) dudit Huxley fourmillait de mondialistes socio-démocrates du type de ceux qui allaient peu après se regrouper autour de la Fabian Society (l’un des ancêtres idéologiques les plus directs de Davos).

Du coup, le (faux) débat « révolution crypto-communiste ou apogée du capitalisme ? » trouve un reflet « littéraire » dans le débat « Nouvelle normalité covidienne : 1984 ou Meilleur des mondes ? ». C’est à cette série de débats imbriqués que je consacre, dans le Magicien de Davos, l’un des chapitres initiaux – peut-être le plus important de l’ouvrage du point de vue de la philosophie politique.

Breizh-info.com : Les principaux responsables de la situation ne sont-ils pas finalement les peuples, qui acceptent qu’on leur passe une muselière après une intense campagne de terreur sanitaire ?

Modeste Schwartz : Si, bien sûr. Comme je le laissais déjà entendre ci-dessus, si « le Covid » (comprendre : la Grande Réinitialisation) est un viol, alors, le moins qu’on puisse dire, c’est que la victime (les classes moyennes occidentales, au terme de décennies d’infantilisation intensive) est (largement) consentante. De ce point de vue, mon ouvrage assume un point de vue peut-être paradoxal : écrit en dénonciation de l’oligarchie occidentale (c’est-à-dire des élites progressistes), il ne repose pourtant pas (bien au contraire) sur une idéologie égalitariste. Car, pour que la marionnette bouge quand les banquiers (centraux et autres) et leur petit personnel pseudo-politique à la Macron tirent les ficelles, « on » a aussi besoin de cette sage-femme niaise qui, dans le film Hold-up, parle de « génocide » (accréditant ainsi la thèse ridicule de « l’arme biologique » qui tuerait moins que la grippe), ce cet ambulancier à l’orthographe précaire qui, sur Facebook, pensant avoir enfin rencontré ses « dix minutes de célébrité », se fait mousser en décrivant un Verdun hospitalier (dont on sait pertinemment par ailleurs qu’il se produit chaque année dans tous les Etats à structures hospitalières ravagées par le néo-libéralisme), etc..

Et les bobos macronistes applaudissant leurs « héros » depuis le balcon de leur loft ne sont hélas pas les seuls en cause : pensons aussi à tous ces « gilets jaunes » (ou assimilés) qui pensent faire œuvre révolutionnaire en reprochant à Macron le manque de muselières (pour étouffer leurs enfants et les pousser vers l’injection), voire « l’insuffisante disponibilité » des « vaccins ». En dépit du virage autoritaire que l’effondrement provoqué ne peut pas ne pas induire à court terme, la Grande Réinitialisation est, pour l’essentiel, un cancer très typiquement démocratique

Breizh-info.com : Le fait que dans le monde entier, démocraties comme états plus policiers, pays riches comme pays pauvres aient confiné, brimé, bridé, restreint les libertés des populations ne laisse-t-il tout de même pas penser qu’il y a bien réellement une menace sanitaire avec le Covid-19 ?

Modeste Schwartz : Le plus gros ennui, avec cette question, c’est que le « fait » que vous évoquez n’en est pas un. Le « Covid » comme révolution mondiale a duré entre 1 et 3 mois, au printemps 2020 (soit dix fois moins longtemps que l’illusion d’internationalité qui a constitué la phase initiale du bolchevisme précédent). Depuis lors, la plupart des Etats du monde simulent le Covid, pour ne pas s’attirer l’ire de Davos et celle des petits contingents de crétins woke qu’on trouve, en habitat concentré, même dans les capitales des pays les plus « arriérés ». En Suède, les restaurants doivent fermer à 20h (on commence donc à se saouler plus tôt, en l’honneur du dieu Covid) ; à Istanbul, un ami m’écrit qu’ils doivent fermer à 22h (je vous laisse imaginer ce que les règles de ce genre doivent devenir dans l’Anatolie profonde…). En Irak, on vous impose un test à l’atterrissage (occasion d’alourdir la note du visa touristique), après quoi toute la « politique épidémique » du gouvernement consiste à recommander, sur un site web, aux gens de jeter leurs kleenex dans des poubelles. Même un Etat-membre de l’UE aussi soumis que la Roumanie, après le printemps 2020, n’a jamais « reconfiné », et les quelques velléités montrées la semaine dernière (sans aucun doute sous pressions « internationales ») dans ce sens par l’exécutif-fantoche du Macron local ont débouché sur une vague de manifestations sans précédent dans l’histoire démocratique du pays – qui sont encore en cours au moment où j’écris ceci. Mais bien évidemment, les médias de grand chemin n’en parlent pas. Et leur travail de dissimulation est d’autant plus facile que les Etats simulateurs vont évidemment bien se garder de « faire de la pub ». 

La principale « menace sanitaire » liée au « Covid19 », c’est justement la Grande Réinitialisation elle-même, et sa redéfinition de la médecine selon un paradigme humain/vétérinaire et technologisant, caractérisé par un monopole dictatorial de l’étiologie pathologique. Quoique, même sans attendre la mise en place complète de cette utopie meurtrière, les fermetures de sections hospitalières et les vidages de lits ont d’ores et déjà créé leur surplus de mortalité pas virale pour un sou – notamment en Europe post-communiste, du fait du sous-développement de la médecine libérale dans ces pays.

Breizh-info.com : Comment sortir de cette crise ? 

Modeste Schwartz : N’étant, pour ma part, adepte d’aucune forme de mondialisme, je ne peux répondre à une telle question qu’en tant que français – certes « de branche » (comme diraient… les zemmouriens !), mais à titre exclusif : en dépit de mes origines germaniques et de ma familiarité avec d’autres cultures (roumaine et hongroise, notamment), de mes amitiés suédoises, russes ou géorgiennes, je suis citoyen français mono-national, entièrement formé par l’Education nationale, aux frais du contribuable français. Or, en tant que français, je réponds sans détours, en reprenant le leitmotiv bien inspiré d’un ami (Pierre-Yves Rougeyron) avec lequel j’ai – par ailleurs – bien des différends idéologiques, mais qui, en l’occurrence, donne dans le mille : nous avons le choix entre nous agripper à un Occident qui crèvera qu’on le veuille ou non, parce qu’il veut crever – auquel cas nous crèverons avec lui –, ou décider de quitter ce Titanic aux mille noms (« UE », « OTAN », « ONU », « OMS »…) avant qu’il ne soit trop tard.

Et, dans le contexte politique actuel, le seul homme politique qui semble porter un tel projet de sécession de façon intelligente, courageuse et conséquente est Florian Philippot – dont je n’étais ni un proche, ni à proprement parler un admirateur avant la crise, mais qui a désormais mon plein soutien, à l’exclusion explicite de toutes les fausses dissidences qui nous plombent (RN et autres faux-nez). 

Propos recueillis par YV

Crédit photo : DR
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