De plus en plus de Musulmans quittent les Pays-Bas…
Il y a une dix ans, le quotidien allemand Der Spiegel observait dans un dossier que chaque année 30.000 Turcs partaient d’Allemagne pour s’installer sur la terre de leurs parents, contre 20.000 Turcs qui faisaient le chemin inverse : Turquie vers l’Allemagne. Ce constat est de nouveau fait avec les Marocains des Pays-Bas. En effet, se santant menacés dans leur foi, des musulmans marocains installés aux Pays-Bas sinstallent ou désirent aujourd’hui s’installer au Maroc.

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Les organisations musulmanes et les experts constatent que les musulmans des Pays-Bas sont de plus en plus intéressés par l’émigration. C’est ce qui ressort d’une enquête menée par l’émission de radio Nieuws en Co auprès d’experts et d’organisations musulmanes.
Il s’agit souvent de musulmans issus de l’immigration, qui sont nés et ont grandi aux Pays-Bas, notent les experts de l’islam.
Possibilités d’entreprendre
Plusieurs raisons expliquent l’intérêt de ce groupe pour l’émigration dans le pays d’origine de leurs parents, comme les possibilités d’entreprendre. Mais les organisations notent que les musulmans considèrent de plus en plus la religion comme une raison d’émigrer.
Ils semblent se sentir moins libres de pratiquer leur foi aux Pays-Bas. Lors de soirées de discussion en ligne et de réunions de réseautage hors ligne, des centaines de musulmans des Pays-Bas partagent leurs conseils et posent des questions sur la hidjra – l’émigration pour des raisons de foi.
Selon le théologien Hamza Akkar, la plupart des musulmans qui veulent partir pour leur foi sont des personnes qui viennent de se marier ou d’avoir des enfants. « Certains sont convaincus qu’en raison de leurs origines musulmanes, ils ne feront jamais partie de la norme aux Pays-Bas. Ils parlent de la haine musulmane et de la façon dont ils pensent qu’elle est normalisée dans la société. Ils s’inquiètent de l’avenir de leurs enfants », ajoute-t-il.
Selon M. Akkar, il s’agit de personnes de la deuxième et de la troisième génération issues de l’immigration qui, dans de nombreux cas, sont plus éduquées que leurs parents, ce qui signifie également qu’elles ont des emplois mieux rémunérés. De nombreux membres de ce groupe peuvent donc se permettre d’émigrer, affirme M. Akkar.
Construire son avenir
« Ils construisent leur avenir et celui de leurs enfants. Pour ce faire, ils choisissent un endroit qui leur convient et qui est conforme à leurs valeurs islamiques. Beaucoup de ceux qui y réfléchissent finissent par choisir le pays d’origine de leurs parents, parce qu’ils y ont déjà des attaches.
En tant que directeur spirituel, M. Akkar a reçu de nombreuses questions de la part de musulmans qui souhaitent quitter les Pays-Bas en raison de leur foi. Au début de cette année, par exemple, il a organisé une série de soirées de discussion en ligne sur la hidjra. Près de 800 personnes s’y sont inscrites, la plupart d’entre elles étant d’origine marocaine.
L’une des participantes à ces soirées de discussion est Btisam, une enseignante de l’enseignement secondaire. Depuis l’année dernière, elle envisage d’émigrer au Maroc, où ses parents sont nés. « Je ne me sens pas libre de pratiquer ma foi aux Pays-Bas. L’islam est honni et les femmes musulmanes qui portent le foulard ne sont pas embauchées par certains employeurs », explique-t-elle. « Dans de nombreux endroits que je visite aux Pays-Bas, l’islam est problématisé et l’on attend de moi que j’en rende compte.
Autres pays européens
Lorsque le PVV a remporté les élections à la Chambre basse en novembre, Btisam y a vu la confirmation de ses inquiétudes concernant le climat politique. « Pour moi, le résultat des élections n’est pas nécessairement une raison pour laquelle je veux émigrer au Maroc, mais il a contribué à ce que je me sente encore moins chez moi aux Pays-Bas ».
Nourdin El Ouali, président de la Stichting Islamitische Organisaties Rijnmond (SPIOR), reconnaît cette image. Comme M. Akkar, il reçoit de plus en plus de questions de la part de musulmans qui envisagent de porter la hidjra depuis les élections à la chambre basse. El Ouali note que le désir d’émigrer au nom de la religion est de tous les temps. De plus, les musulmans d’autres pays européens, comme la France et la Belgique, s’intéressent davantage à la hidjra.
En sécurité en Europe
Lors des réunions du réseau fermé, El Ouali parle à plusieurs musulmans qui posent beaucoup de questions sur la hidjra. « Depuis la montée des partis d’extrême droite dans plusieurs pays européens, de plus en plus de musulmans se demandent s’ils sont encore en sécurité en Europe », explique-t-il. Les musulmans auxquels il s’adresse citent également l’absence de politique européenne concernant les violences israéliennes à Gaza comme l’une des raisons pour lesquelles ils ne se sentent pas en sécurité dans les pays européens.
M. El Ouali juge inquiétant que les projets d’émigration des musulmans soient de plus en plus motivés par des préoccupations concernant leur avenir aux Pays-Bas. « Il s’agit certainement d’une confrontation, mais je la comprends », déclare-t-il.
D’un autre côté, il entend de nombreuses histoires de réussite de musulmans qui ont émigré dans le pays d’origine de leurs parents, en particulier de musulmans maroco-néerlandais qui sont partis au Maroc et ont profité des opportunités économiques qui s’offraient à eux.
« Au Maroc, l’économie est en plein essor », explique-t-il. « Les Néerlandais d’origine marocaine qui envisagent d’émigrer y voient d’énormes possibilités de création d’entreprise. Cela montre qu’ils ne sont pas uniquement motivés par la religion ou par leurs inquiétudes concernant le climat politique aux Pays-Bas.
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