Henri Ploskonka : un des derniers de Dien Bien Phu est mort
(pris sur la page fb de Anne Charlotte Lundi)
« À chaque cérémonie, en faisant le salut militaire, j’ai les larmes aux yeux en pensant aux camarades qui ne sont pas revenus de l’enfer de Diên Biên Phu. »
Henri Ploskonka.
Hier, je vous annonçais avec tristesse la disparition d’un géant d’Indochine…
Nous avons encore perdu une grande figure de l’Indochine.
Henri Ploskonka s’est éteint le 15 mai 2025, à l’âge de 91 ans.
Ancien d’Indochine et l’un des derniers survivants de Diên Biên Phu.
Il était l’un des 3 300 rescapés parmi les 15 000 soldats français de Diên Biên Phu.
Il s’est engagé à 18 ans dans les commandos parachutistes.
Le 15 mars 1954, il saute sur Diên Biên Phu et participe à tous les combats.
Blessé à la poitrine et voyant l’hôpital débordé, il retourne au combat sans avoir été soigné. Il combat jusqu’au 7 mai 1954.
Il est fait prisonnier avec plus de 10 000 de ses frères d’armes.
Il doit subir la marche épuisante, sans chaussures, vers les camps du Viêt-Minh, au cours de laquelle nombre de ses camarades périssent.
Il va connaître l’horreur des camps du Viêt-Minh, cet enfer de la jungle.
Il est libéré en juillet contre des prisonniers viêt-minh.
Il est mourant et ne pèse plus que 40 kg.
Rapatrié en octobre 1954, il doit être soigné pendant plusieurs années avant de s’engager pour la guerre d’Algérie.
Henri Ploskonka dira, avec une infinie tristesse et une rage qu’il contient à grand-peine :
« Car on évoque toujours 39-45, mais les Français morts en Indochine, on n’en parle pas. »
Il ajoutera :
« Je n’aime pas parler du passé. Je le fais pour la mémoire des copains. »
Souvenez-vous de cet homme, de son visage.
Souvenez-vous de nos anciens d’Indochine.
Souvenez-vous de cette génération exceptionnelle, dont nous sommes témoins de son extinction.
Les derniers centurions.
Un petit Stalingrad français mais le gros s’en vient et il sera pire que celui de 43
merci de rappeler l’enfer qu’ont connue ces hommes d’une dignité et d’un courage incroyable exemplaires même si selon moi toutes ces guerres ne servent qu’une seule élite diabolique qui se joue de l’humanité, il n’en demeure pas moins que ces admirables personnes sont parties au combat ce que ne font que trop rarement les gens alors qu’ils en savent plus que les gens de l’époque , qualité totalement disparue des rangs de nos chefs et soldats de nos armées je ne parle même pas de la grande majorité de jeunes dont le courage est a l’image de leurs intelligences …, c’est dire!
Je réprouve car Quand on aime le genre humain On ne peut glorifier tous ceux qui aiment faire ou encourager à faire la guerre !
Surtout quand c’est faire la guerre à l’étranger chez des gens qui ne t’ont rien fait et rien demandé…
Seule la défense armée de sa terre natale est noble et légitime.
Attaque internationale contre défense nationale.
a un soldat qui montait dans l’avion pour sauter sur Dien Bien Phu vers la fin l a été ordonné de laisser son pistolet parce que « l’intendance ne veut pas perdre du matériel « …
certains sont montés dans les avions pour sauter alors qu’il était évident que le camp aller tomber.
j’ai même lu le cas d’un soldat qui n’était pas parachutiste (il n’avait jamais sauté) et qui a sauté volontairement…
il se console en contractant un engagement pour l’Indochine. Entre les deux conflits il distingue le lien spécieux de l’anticommunisme. Le voici sous-lieutenant au 3-41 RAC, commandant une batterie de 155 HM I, au nord de Phu Ly. On s’amusait bien, dit-il à Lemoine. On travaillait sur la carte au 25 millième, en se servant des pagodes ou des églises du delta comme références de tir.
Lemoine demanda : Vous croyez qu’on va s’en tirer au Tonkin ?
Goulven Pennaod hausse les épaules. J’espère bienque non ! La cause du Viet-Minh c’est exactement celle des bretons. Parfaitement juste. Ces gens-là ne veulent plus de la France jacobine et comme je les comprends !
Alors, pourquoi sautez-vous sur Dieu-Bien-Phu ?
C’est autrechose. J’ai signé un contrat avec l’armée française. Je le respecte. Il se tait et boit. Lemoine le quitte.
Je vous dis merde, mon lieutenant !
Merci. Mais tout se passera bien !
Le lendemain Goulven Pennaod se présente aux ordres. Au magasin d’armement un garde-mites lui dit : Vous n’aurez pas de pistolet, le chef ne veut pas perdre ses armes à Dien-Bien-Phu ! Pas de grenade. Pas de bottes de saut.
Il les achète sur ses deniers. Tout le jour, il va de cafés chinois en établissements européens. Il déjeune
confortablement et boit du champagne. Il ne cherche nullement à s’étourdir. Vue d’Hanoi l’aventure Dien-Bien-Phu n’a rien de particulièrement redoutable. On y meurt, bien sût, mais pas plus que dans le delta. Goulven Pennaod dépense, dans la seule journée du 22 avril, les dix mille piastres qui lui restent, répandant largement l’aumône autour de lui Chep donner un piat ! Il se sent merveilleusement libre et gris.
Le voici complètement saoul lorsqu’il se présente à Gia Lam, à la base des Dakotas. Il se laisse hisser dans l’avion et se met aussitôt à ronfle, allongé sur le
plancher d’aluminium ! Un choc le réveille. La traction brutale des suspentes vient de lui rabattre son casque sur le nez quand le parachute s’est ouvert. Il ne se souvient pas d’avoir sauté. Le largueur à dû le balancer par la porte comme un simple colis de munitions ! Il descend, mollement bercé sous une coupole de soie qui déploie, au-dessus de sa tête, un panthéon évanescent. Autour de lui montent des milliers de lucioles silencieuses qui entrelacent leur
vol. Plus haut, la D.C.A. lourde des Viets dispose un feu d’artifice au ras des nuages…. Oh, la belle bleue !….. Oh, la belle rouge !
Goulven Pennaod se demande brusquement s’il résistera au choc de l’atterrissage. Il n’a jamais sauté et, ivre, n’a rien entendu des consignes que le largueur donnait aux volontaires, avant le décollage ! Mais, d’instinct, il rassemble ses jambes et tient, entre ses bras levés, les suspentes du parachute. La réponse arrive très vite. Entre le choc du casque sur le nez à l’ouverture et celui des bottes dans la boue, plouf ! Il ne s’est écoulé que trente secondes; le Dakota atant largué sa fournée à basse altitude en raison de l’exigüité de la zone de saut. Il pense en raison de l’exigüité de la zone de saut. Il pense : ça n’est que ça ? Ses oreilles bourdonnent un peu mais ce qui le gêne surtout c’est la chaleur retrouvée après fraîcheur du voyage en altitude qui veillait sur son bienheureux sommeil d’homme ivre. En somme, l’aventure commence bien, comme pour les 745 non brevetés parachutistes qui ont sauté ou sauteront sur Dien-Bien-Phu avec, pour tout bilan de casse : deux fractures de fémur, deux tibias et six entorses ! I