Pourquoi l’Iran craint un axe Syrie-Azerbaïdjan ?

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La Syrie et l’Azerbaïdjan ont promis d’approfondir leurs relations, y compris un accord d’exportation de gaz azerbaïdjanais révolutionnaire via la Turquie. Les médias iraniens ont mis en garde contre un éventuel déplacement de combattants syriens vers le Caucase, ce qui a exacerbé les tensions régionales. Des rapports faisant état de contacts israélo-syriens à Bakou ont renforcé les soupçons de Téhéran selon lesquels l’Azerbaïdjan, la Turquie et Israël formaient une alliance anti-iranienne.

La visite du président syrien par intérim Ahmad al-Sharaa à Bakou le week-end dernier a mis en évidence un changement spectaculaire des alliances régionales et a provoqué un mélange d’inquiétude, de méfiance et de recalcul stratégique dans les médias iraniens.

Les déclarations officielles faites après la rencontre de Sharaa avec le président Ilham Aliyev ont souligné une nouvelle ère dans les relations syro-azerbaïdjanaises. Les deux dirigeants ont reconnu une stagnation dans le passé, ont directement mis en cause les « politiques inamicales » du président déchu Bachar el-Assad et ont promis de rétablir et d’approfondir la coopération.

La visite a débouché sur un accord d’exportation de gaz azerbaïdjanais vers la Syrie via la Turquie, salué par les officiels comme un moyen nécessaire de résoudre la crise énergétique chronique en Syrie.

Entre-temps, plusieurs médias, y compris israéliens, ont affirmé que des responsables syriens et israéliens s’étaient rencontrés en marge du voyage. Il n’est pas clair si Sharaa a participé à la réunion, mais la simple occurrence d’une telle rencontre – rendue possible par l’Azerbaïdjan, le principal allié d’Israël dans la région – a alimenté les inquiétudes à Téhéran.

Sharaa, un ancien insurgé connu sous le pseudonyme d’Abu Mohammed al-Jolani, s’est associé à des rebelles soutenus par la Turquie et a mené sa faction Hayat Tahrir al-Cham (HTS) dans une offensive éclair en décembre 2024, qui a finalement conduit à la chute du gouvernement Assad, soutenu par l’Iran et la Russie.
Défis pour la sécurité

Les médias iraniens partagent l’inquiétude de voir l’empreinte des combattants se déplacer du champ de bataille syrien vers le Caucase, juste à la porte de l’Iran.

Arman-e Melli, un journal réformateur, a fait valoir qu’un aspect des relations naissantes entre Damas et Bakou impliquera le transfert de combattants basés en Syrie vers des bases en Azerbaïdjan via la Turquie – un développement possible qu’il a qualifié de « mission » pour Sharaa.

Il est spéculé que leur présence vise à déstabiliser des zones le long des frontières avec l’Iran et la Russie et à mener des opérations visant l’axe plus large de la Chine, de la Russie et de l’Iran.

Le journal conservateur Farhikhtegan a adopté un ton similaire, affirmant qu’en déplaçant ses combattants, Sharaa entendait répondre à une demande des États-Unis d’expulser les combattants étrangers de Syrie. Dans le cadre d’un tel plan, selon le journal, l’Azerbaïdjan deviendrait un carrefour stratégique – soit comme zone de déploiement pour de nouvelles infiltrations dans le Caucase et en Russie, soit comme site pour des implantations dans des régions comme le Karabagh.
Un « message » à l’Iran

La chaîne d’information israélienne i24NEWS, citant une source syrienne non identifiée, a rapporté qu’Israël et les États-Unis avaient décidé que Bakou accueillerait une réunion entre des représentants israéliens et syriens afin « d’envoyer un message à l’Iran ».

Se référant à ce rapport, le journal Jam-e Jam, géré par la chaîne d’Etat iranienne, a affirmé qu’étant donné l’implication présumée de Bakou dans des opérations anti-iraniennes depuis des années et les soupçons de coopération avec Israël pendant la guerre du mois dernier, cela pourrait être considéré comme une « preuve claire » que certains pays voisins collaborent avec Israël contre l’Iran.

Jam-e Jam a explicitement cité l’Azerbaïdjan et ses alliés, la Turquie et Israël, comme étant les pays impliqués dans « la création d’une nouvelle dynamique qui s’oppose aux intérêts de l’Iran ».

Le document soutient que l’Iran doit en fin de compte préserver ses intérêts nationaux en faisant preuve d’habileté diplomatique et sécuritaire, ce qui implique de renforcer les relations avec les pays voisins comme l’Arménie et la Russie et de s’opposer fermement aux « provocations de Bakou ».
La méfiance iranienne grandit

Téhéran a observé avec une inquiétude croissante la manière dont l’Azerbaïdjan a établi des relations de plus en plus étroites avec Israël. Ces dernières années, le partenariat s’est considérablement élargi, notamment avec l’approfondissement de la coopération dans le domaine de la défense et la décision de Bakou d’ouvrir une ambassade à Tel-Aviv en 2023 – des développements qui n’ont fait qu’accroître la méfiance iranienne.

Le mois dernier, le président iranien Masud Pezeshkian a demandé à Aliyev d’« enquêter et de vérifier » les rapports selon lesquels des drones israéliens, y compris des microdrones, avaient pénétré dans l’espace aérien iranien via le territoire azerbaïdjanais pendant la guerre de 12 jours qui s’est terminée par un cessez-le-feu le 24 juin.

Aliyev a rejeté ces accusations et a réaffirmé que son gouvernement ne permettrait jamais que le territoire azerbaïdjanais soit utilisé contre l’Iran.

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