Après l’Iran, l’Egypte sera-t-elle la prochaine ?

IMAGE PRINCIPALE : Un convoi de camions transportant des fournitures humanitaires destinées à Gaza depuis l’Égypte se dirige vers le poste-frontière de Rafah, le 16 octobre 2023. KHALED DESOUKI/AFP via Getty Images

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Les préoccupations sécuritaires croissantes de l’Egypte montrent la nécessité d’un nouvel accord régional.

Le conflit direct d’Israël avec l’Iran est la première guerre avec un État-nation depuis la guerre du Yom Kippour contre l’Égypte en 1973. Quelles que soient les raisons officiellement invoquées, comme le programme nucléaire iranien ou les différences idéologiques, le véritable problème est plus profond : depuis 1973, les causes fondamentales – le problème israélo-palestinien non résolu ainsi que la compétition permanente pour la domination régionale plutôt que l’intégration et la paix – n’ont jamais été éliminées. Ces dynamiques maintiennent le conflit en vie et l’aggravent de plus en plus.

Avant la guerre avec l’Iran, Israël avait déjà agi contre des acteurs non étatiques au Liban, en Syrie et au Yémen. L’escalade directe avec l’Iran marque une nouvelle phase au cours de laquelle Israël pourrait être davantage confronté à des États de la région. La question n’est donc pas seulement de savoir quand et comment la confrontation avec l’Iran reprendra – mais aussi quel sera le prochain pays visé.

Un journaliste israélien a ironisé sur le fait qu’en « finale », après l’Iran, ce serait au tour de la Turquie d’être l’adversaire d’Israël, par analogie avec un tournoi de football. Confronté à cette déclaration, il a relativisé en disant qu’il aurait pu citer l’Egypte. Cette remarque n’est pas un hasard, mais symbolise l’ambition croissante d’Israël d’imposer son agenda régional par la force militaire – et ce dans une région qui n’acceptera ni l’hégémonie iranienne ni l’hégémonie israélienne. Cette évolution est observée avec une inquiétude croissante au Caire.

Pour la première fois depuis des décennies, l’Egypte et Israël sont au seuil d’une confrontation directe. La poursuite de l’attaque israélienne sur la bande de Gaza – qui a fait plus de 55.000 morts – ainsi que les rapports sur les assassinats ciblés de Palestiniens affamés par les soldats israéliens ont déclenché l’alarme en Egypte. Pour Le Caire, il est devenu clair que le gouvernement israélien sous Netanyahu ne tient pas compte des avertissements égyptiens. L’armée égyptienne se prépare donc à une éventuelle intervention si Israël poursuit sa pression sur Gaza – notamment en cas d’expulsion ciblée des Palestiniens vers le Sinaï. Ce scénario a été évoqué à plusieurs reprises par des ministres israéliens extrémistes et a été ravivé par le plan dit « Riviera » sous Trump. Un ministre en exercice est même allé jusqu’à demander la conquête du Sinaï.

L’ancien envoyé spécial de Trump, Steve Witkoff, a récemment qualifié l’Égypte de « foyer de crise » lors d’une interview avec Tucker Carlson. Il a averti que la guerre à Gaza pourrait conduire à la perte de l’Egypte en tant qu’allié des Etats-Unis – surtout au vu de la crise économique et de la menace d’instabilité. Witkoff ne se trompe pas dans son évaluation : l’Egypte pourrait effectivement représenter un plus grand défi stratégique que l’Iran – surtout si le pays se détourne de Washington même sans changement de gouvernement. Une telle rupture pourrait avoir lieu si les Egyptiens se sentent menacés par l’escalade d’Israël, alors que les Etats-Unis se tiennent inconditionnellement aux côtés d’Israël.

Pour l’Egypte, il ne s’agit pas seulement de solidarité avec les Palestiniens, mais de sa propre intégrité territoriale. Le traité de paix avec Israël, en vigueur depuis des décennies, est soumis à une pression rarement vue auparavant. Une partie de l’opinion publique et de la classe politique égyptiennes ont de plus en plus le sentiment que l’Egypte pourrait être la prochaine cible après l’Iran. Cela explique également le soutien affiché à Téhéran et le renforcement massif de la présence militaire égyptienne dans le Sinaï.

De son côté, Israël a exprimé son inquiétude face aux mouvements de troupes égyptiennes et y voit une violation du traité de paix. L’Egypte, en revanche, parle de pure défense. L’impasse diplomatique qui en a résulté marque un point bas dans les relations.

Certes, l’Egypte est en crise économique et ne veut pas risquer une guerre. Mais si un déplacement des Palestiniens vers le Sinaï a lieu, la sécurité nationale égyptienne sera directement touchée. Dans ce cas, le gouvernement pourrait se voir contraint d’agir – et un recul de l’armée ne serait plus possible sans mettre en péril la stabilité intérieure. Un tel conflit – déclenché par un gouvernement Netanyahu radicalisé – déstabiliserait toute la région.

Dans ce contexte, l’Egypte a commencé à développer sa coopération militaire avec la Chine. En avril, les deux pays ont mené leur premier exercice aérien commun « Eagles of Civilization 2025 ». En octobre 2024, l’Egypte avait déjà commandé des chasseurs chinois J-10C et étudie désormais l’acquisition de J-35 – l’équivalent chinois du F-35 américain. Le conflit prend ainsi une nouvelle dimension géopolitique qui rappelle l’époque de la guerre froide.

Alors que les Etats-Unis soutiennent inconditionnellement Israël, le conflit régional risque de se transformer en une guerre par procuration entre les grandes puissances. L’orientation de la politique de sécurité de la Chine est désormais globale – et le risque d’une escalade entre Washington et Pékin sur le terrain du Proche-Orient augmente. L’Iran a déjà pris cette direction : les premiers contacts de haut niveau après le cessez-le-feu ont conduit le ministre iranien de la Défense directement à Pékin. La visite d’État annoncée de Xi Jinping au Caire laisse présager une nouvelle intensification des relations sino-égyptiennes.

Pour stopper cette évolution dangereuse, un accord régional global est nécessaire de toute urgence. Tout comme après la guerre du Yom Kippour, le temps est venu de trouver une solution politique qui garantisse une paix durable. Il ne doit pas y avoir de répétition des erreurs passées – comme l’accord incomplet de Camp David ou les accords sélectifs d’Abraham. Au lieu de s’engager du bout des lèvres sur la bande de Gaza, il faut une solution honnête et inclusive au conflit israélo-palestinien, en accord avec les résolutions de l’ONU.

Un tel accord devrait :

éliminer la peur de l’expulsion,

créer des perspectives économiques pour tous,
favoriser l’intégration plutôt que l’escalade

  • et imposer l’exigence d’une paix juste et sûre.

Celui qui transmettra ce pacte ne créera pas seulement une stabilité régionale, mais se recommandera inévitablement pour le prix Nobel de la paix.

2 Commentaires

  • Israël est de plus en plus isolé. Un conflit avec l’Egypte n’est pas concevable actuellement.

    Pourquoi ?

    Parce que les USA de Trump se désengagent des projets israéliens de tabula rasa du Moyen-Orient.

    Trump a commencé la guerre contre Obama et son groupe démocrate dirigé par l’Etat profond américain et le Mossad. Ce faisant, il retire son soutien à Israël, tout en ayant un discours sioniste pour préserver la nation d’Israël, mais pas son messianisme. Car c’est bien le messianisme qui est attaqué par Trump.

    Le Grand Israël et le gouvernement mondial associé au « Royaume glorieux » et sa capitale à Jérusalem, c’est le projet talmudique de toujours. Toutes les forces religieuses, économiques, intellectuelles, médiatiques et politiques, dont les Talmudistes ont pris le contrôle un peu partout, sont dirigées vers ce but « prophétique » du Deutéronome.

    Le renversement des valeurs et de la pensée est un stratagème pour faire perdre la raison aux Goyim et faciliter le plan des Talmudistes. La crétinisation, l’immigration massive, l’amoralisme, le métissage, la sexualisation des enfants, le wokisme, les LGBT, le terrorisme climatique, le transhumanisme, la ploutocratie et le projet de dépopulation servent les intérêts des messianistes dont l’obsession est la réalisation d’un mythe, d’un fantasme, d’une utopie égocentrée et ethnocentrée.

    Le procès de l’Obamagate va saper le plan talmudique. Car il y a des ramifications multiples qui montrent que Obama et ses associés sont des traîtres aux USA. Cela révélera un immense complot contre l’Occident et ses populations. La condamnation d’Obama se répercutera nécessairement sur Macron et von der Leyen qui tètent les mêmes mamelles messianiques.

    Trump va opérer le retournement de la crêpe pour remettre la Civilisation sur ses pieds.

    Comme beaucoup de nations, l’Egypte ne souhaite plus participer au gouvernement mondial messianique et va se ranger du côté des multipolaires.

  • « Trump a commencé la guerre contre Obama »
    je crois pas…
    dailleur tout ces gens sont cul et chemise.

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