Le saint-Sacrement guérit.
Au printemps de 1802, Senlis (dans l’actuel département de l’Oise) se prépare à célébrer la Fête-Dieu du lendemain. Le moment venu, la jeune Augustine Mourette, malade depuis deux ans et lourdement handicapée, est transportée par Henriette Crété et quatre autres paroissiennes près du reposoir où le curé posera l’ostensoir contenant le Saint-Sacrement. Lorsque la procession parvient au pied de l’autel installé à l’extérieur, le célébrant s’avance et prie. L’assistance répond « Amen ». À cet instant, Augustine se lève de son fauteuil, sans aide, s’agenouille puis prend place parmi les fidèles. Guérie, elle suit la procession jusqu’à son terme.
Les raisons d’y croire
En 1802, Senlis est un gros bourg et tout le monde connaît Augustine Mourette et le lourd handicap qui l’afflige. Souffrante depuis deux ans, handicapée depuis dix-huit mois, une éventuelle supercherie aurait été difficile à maintenir.
L’hypothèse d’un trouble psychosomatique paraît peu compatible avec les descriptions laissées par les témoins et les praticiens de l’époque. Ceux-ci rapportent une dégradation progressive de son état moteur et l’échec des traitements entrepris.
Le nombre des témoins oculaires appuie la crédibilité du récit de la guérison. Parmi eux se trouvaient notamment le curé de Senlis et les membres du conseil municipal. Du reste, tous les habitants du bourg ont vu de leurs yeux Augustine marcher après sa guérison.
La guérison intervient précisément après que le prêtre a prononcé ces mots : « Seigneur, […] donnez à ces nombreux fidèles assemblés en votre nom et unis dans leurs vœux un témoignage de votre présence parmi nous, afin qu’ils croient que vous êtes dans la sainte eucharistie celui même qui autrefois délivrait les affligés de toutes sortes d’infirmités… » À ce moment, le Saint-Sacrement est présenté aux fidèles et la bénédiction est donnée avec l’ostensoir contenant l’hostie consacrée, que la foi catholique reconnaît comme la présence réelle du Christ. Cette concomitance n’est pas anodine ; elle éclaire la signification spirituelle de l’événement.
Ce déroulement rappelle d’autres cas analogues observés lors de processions eucharistiques, notamment à Lourdes.
Les fruits de la guérison d’Augustine ont été nombreux et variés, tant pour elle que pour les fidèles de Senlis (engagements paroissiaux, conversions, etc.), ce qui constitue un indice supplémentaire en faveur de son authenticité.
***Auteur : Patrick Sbalchiero