Allemagne : succès de l’extrême-droite et rapprochement avec l’extrême-gauche. Le rôle caché de Moscou
Photo : Sarah Wagenknecht et Alice Weidel lors d’un débat. Un sourire et une poignée de main qui en disent long.
Comme à son habitude, la presse et ses soi-disant spécialistes, tenus par la bien-pensance et son ignorance crasse, disent n’importe quoi.
Sarah Wagenknecht, la leader de l’extrême gauche, s’est mariée en 2014 avec Oscar Lafontaine, chef du parti Die Linke (la gauche), le Mélanchon outre-Rhin. Il y a des points qui posent question dans un possible rapprochement de l’extrême gauche et de l’extrême droite dans le Land de Sachsen-Anhalt (ex-RDA), où l’AfD a obtenu cette semaine plus de 44,5% des suffrages. BSW, de l’extrême-gauche obtient 5,3%
En janvier 2024, donc récemment, Sarah Wagenkencht fonde son parti BSW. Sarah Wagenknecht était dans les années 1990 proche de Gysi, politicien de RDA. Ces deux leaders politiques sont d’origine juive athée. Concernant la leader d’extrême-droite, on la présente comme ayant un grand-père ayant collaboré avec le régime hitlérien, comme si par cette présentation il fallait l’ancrer dans un paysage d’extrême-droite, alors que son père a une formation d’ingénieur et possède un commerce de meubles. Ce dernier élément est peu relaté. La famille est originaire de Silésie. S’agit-il d’imposer une biographie, comme s’il fallait en cacher une autre ?
Weidel, diplomé de chinois et docteur en Economie (rien à voir bien entendu avec Le Pen, Maréchal et consort) est un ancien cadre de Goldmann Sachs. En tout cas, Wagenknecht et Weidel ne sont pas du tout hostile à la Russie. La question que l’on doit se poser est : Est-ce que derrière les pitreries d’Elon Musk (que relaie bêtement, comme à son habitude, la presse) Moscou instrumentaliserait Wagenknecht et Weidel ?
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Le parti d’extrême gauche, BSW franchit le pas en se rapprochant, d’une manière ou d’une autre, de l’AfD. Mais cette image de Sahra Wagenknecht, ancienne communiste est-allemande, serrant la main d’Alice Weidel, cheffe de file de la droite «populiste», brise un tabou et pulvérise «l’antifascisme» parodique de la gauche occidentale.
L’AfD est présentée par les médias oligarchiques (ou prétendument oppositionnels) comme un parti «néonazi», rien de moins.
Si l’oligarchie européenne fait ainsi campagne, avec la complicité active des idiots utiles du mondialisme sorosien que constitue le mouvement Antifa, ce n’est certes pas pour juguler «la peste brune» — cette même oligarchie instrumentalise d’autres idiots utiles, en Ukraine, les nationalistes intégraux ukrainiens, nostalgiques de la Waffen-SS et du Grand Reich allemand.
Si elle agit de la sorte, c’est en raison du danger réel que représentent les deux partis de la paix pour le projet Ukraine. Danger pour la remilitarisation de l’Allemagne et de l’Europe, pour une confrontation directe avec la Fédération de Russie, pour le transfert complet de souveraineté des États de l’UE vers une structure «fédérale» sous direction anglo-américaine.
Les héritiers de l’opération Barbarossa ne se trouvent pas dans les rangs de l’AfD, dont la base est essentiellement est-allemande, donc russophile. Non, ceux-ci sont actuellement au pouvoir à Berlin. Ils veulent la guerre avec la Russie. Ils veulent acquérir les richesses de l’Eurasie plutôt que de coopérer pacifiquement avec la Russie — comme il eût été intelligent de le faire.
Friedrich Merz est un traître au regard des intérêts allemands et européens. Il fait partie de ces revanchards «antisoviétiques» (antirusses) qui ont approuvé la destruction d’un vecteur du gazoduc Nordstream par les Anglo-Américains.
Il n’est pas lieu de s’illusionner sur les partis dits «populistes» qui fleurissent partout en Europe sur les échecs du globalisme marchand et du mondialisme techno-tyrannique. Leurs programmes respectifs demeurent très en-de ça de ce qui serait nécessaire pour libérer le continent.
L’AfD, notamment, compte sur l’appui de l’administration Trump/Vance pour accéder à la chancellerie, elle ne veut quitter ni l’UE, ni l’OTAN, elle souhaite le retour de la diplomatie avec la Russie mais n’est pas «pro-russe» pour autant. Son électoralisme prend le pas sur une claire vision des enjeux.
La BSW est plus cohérente sur le plan programmatique mais est victime de tiraillements internes, elle a déjà commencé à imploser. Son score demeure insuffisant pour peser. Reste que son positionnement sur le projet Ukraine, l’impérialisme anglo-américain, les migrations transcontinentales (avec de vrais arguments de gauche) est pertinent. Nous souhaiterions avoir «les mêmes» à la maison.
Ces réserves étant posées, il n’en demeure pas moins que le choc électoral de dimanche dernier brise un tabou, déstabilise la caste qui dirige l’Europe et décrédibilise un peu plus le parti de la guerre. Il s’agit de sortir des ornières de «l’antifascisme» parodique, de «l’anticommunisme» retardataire et d’impasses démagogiques comme l’islamophobie, un pseudo-nationalisme dirigé contre ses voisins, un racisme de diversion (assumé à droite, paternaliste à gauche), l’apologie de la dégénérescence libérale libertaire (gauchisme invertébré, mouvement LGBT+, «antiracisme» instrumental, «wokisme» universitaire).
Le «populisme», réel ou supposé, restaure le peuple en tant que source unique de légitimité démocratique. Mais «le peuple» existe-t-il encore ? N’a-t-il pas succombé aux charmes de la société de consommation et du spectacle marchand ? Et quelle portion du peuple porte toujours en lui, dans son être et dans sa mémoire, le patriotisme authentique et charnel des bâtisseurs de cathédrales, des ouvriers, des artisans, des paysans, des saints et des héros ?
Ce «populisme» est le symptôme d’un dysfonctionnement au niveau de la circulation des élites mais cela reste insuffisant pour renverser la table. Seule une organisation révolutionnaire, disciplinée et combattive, rejetant tant l’aventurisme sans lendemain que l’illusion électoraliste, pourra résister au chaos et cueillir le pouvoir quand les conditions historiques seront mûres.