Monisme ou dualisme ?

« Il existe deux conceptions ontologiques possibles, et qui s’opposent, celle d’un Être Un (ou monisme métaphysique) et celle d’un dualisme de l’Être (ou dualisme métaphysique).
Pour l’Antiquité (et pour le moderne), l’Être est Un. Tout est dans le Cosmos qui contient ses propres principes de création et d’évolution. C’était la conception de l’œuf cosmique égyptien (bien avant Darwin…)

Dans la Bible, Dieu crée l’Univers par son Verbe à partir de rien, et par conséquent il y a deux Êtres, l’Être de Dieu et L’Être de l’univers.

A notre avis, ce dualisme de l’Être est nécessaire à la raison humaine, car lui seul fournit un critère de partition entre le rationnel et l’irrationnel. En effet, s’il n’y a qu’un seul Être, le rationnel et l’irrationnel sont nécessairement internes à cet Être, et par conséquent, il n’y a aucun critère objectif du rationnel. En effet, comment départir le rationnel de l’irrationnel dans le cerveau humain ? Et dans la Nature ? Dire (comme Hegel) que le réel est rationnel n’est-il pas s’illusionner ? N’a-t-il pas une dimension irrationnelle ?

Par contre, le dualisme de l’être fournit un critère. En effet, ce que l’homme ne peut pas comprendre est interne à Dieu, donc externe à la Nature. Il y a un mystère de Dieu qui libère l’irrationnel de la Nature, ce qui permet sa connaissance scientifique par la raison humaine. L’homme n’a plus peur d’étudier la Nature, parce que le mystérieux, l’inconnaissable, est transféré à un Dieu transcendant (extérieur) à la Nature.
(…)
Aujourd’hui, l’homme prétend dominer le réel, mais l’ignore, parce que sa connaissance est utopique, car un péché d’orgueil contre le Créateur, Dieu. La philosophie moderne a « tué Dieu » et c’est pour cela qu’elle a perdu tout lien au réel. Son réalisme est une illusion et son rationalisme un irrationalisme.
(…)
Les Humanistes ont fait revenir la métaphysique de l’Antiquité païenne en faisant revivre secrètement ses cultes du Cosmos, cultes abolis par le christianisme, mais perpétués par la gnose, le Talmud, l’islam et le Kabbale, donc « renaissants » avec la Renaissance, y compris sous sa forme païenne. »

Alain Pascal, Les sources occultes de la philosophie moderne

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