Archives de Catégorie: Christ Roi

Adrien Abauzit au Cercle de l’ Aéropage (VIDEO)

Adrien Abauzit dans une conférence « La France Défigurée » au Cercle de L’ Aéropage chez Frère Thierry.

 

 

Depuis les années 70, la situation de la France se dégrade à vue d’œil. Plutôt que d’assumer cette évidence, la classe dirigeante républicaine a préféré s’enfermer dans ce que nous appellerons le négationnisme institutionnel, au titre duquel, l’existence ou l’ampleur des phénomènes sociaux qui frappent la France sont niés.

Ainsi, chacun est-il prié de croire que le racisme anti-blanc est une invention de l’« extrême droite », que le niveau de l’immigration est inchangé depuis un siècle, que le « grand remplacement » relève de la théorie du complot, que parmi les migrants se trouvent les « futurs Montaigne », que la délinquance de masse est un « sentiment », que la plupart des attentats perpétrés en France sont réalisés par des Français de souche, que la théorie du genre n’existe pas, que l’euro n’a pas fait augmenter le coût de la vie et que le niveau scolaire augmente. Le chômage quant à lui, est divisé en plusieurs catégories, ce qui permet aux autorités d’invoquer des chiffres deux fois inférieurs au chômage réel.

Il est constamment affirmé et répété aux Français qu’ils ne voient pas ce qu’ils voient, qu’ils ne ressentent pas ce qu’ils ressentent et qu’ils ne souffrent pas de ce dont ils souffrent. Il est décrit un monde qui n’a aucun fondement empirique, un monde supposément conforme aux schémas du conformisme républicain, et plus particulièrement du politiquement correct. Même si la vie quotidienne des Français hurle le contraire, le discours ne varie pas. La nomenclature républicaine s’efforce de produire médiatiquement un monde imaginaire.

Extrait de « La France divisée contre elle-même ». Adrien Abauzit

 

Editions ALTITUDE :

https://www.editions-altitude.fr/

 

La France Divisée contre elle-même :

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L’ Affaire Dreyfus :

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L’ Infaillibilité Pontificale :

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Saint Rémi affirme à Clovis, lors du baptême du Roi : – Par VL

« Apprenez, mon fils, que le royaume de France est prédestiné par Dieu à la défense de l’Eglise Romaine qui est la seule véritable Église du Christ. »
Il ajoute :
« Ce royaume sera un jour grand entre tous les royaumes et il embrassera toutes les limites de l’empire Romain ! Et il soumettra tous les peuples à son sceptre ! Il durera jusqu’à la fin des temps ! Il sera victorieux et prospère tant qu’il sera fidèle à la Foi Romaine, mais il sera rudement châtié toutes les fois qu’il sera infidèle à sa vocation. »

En témoignage de reconnaissance, Clovis dresse alors ce magnifique décret vibrant d’amour et de foi, LA SEULE VÉRITABLE CONSTITUTION DE LA FRANCE et la plus glorieuse assurément :
« Vive le Christ qui aime les Francs ! Qu’Il garde leur royaume et remplisse leurs chefs des lumières de Sa Grâce ! Qu’Il protège l’armée ! Qu’Il leur accorde des miracles qui attestent leur Foi, leur Joie, la Paix, la Félicité ! Que le Seigneur Jésus-Christ dirige dans le chemin de piété ceux qui gouvernent… »

 

Clovis eut de la reine Clotilde un premier fils [l’an 494]. La reine, voulant qu’il reçût le baptême, adressait sans cesse de pieux conseils au roi, disant : Les dieux que vous adorez ne sont rien, puisqu’ils ne peuvent se secourir eux-mêmes ni secourir les autres ; car ils sont de pierre, de bois ou de quelque métal. Les noms que vous leur avez donnés sont des noms d’hommes et non de dieux, comme Saturne qui, dit-on, pour ne pas être chassé du trône par son fils, s’échappa par la fuite ; comme Jupiter lui-même, honteusement souillé de tous les vices, qui a déshonoré tant de maris, outragé les femmes de sa propre famille, et qui n’a pu s’abstenir de concubinage avec sa propre soeur, puisqu’elle disait : Je suis la soeur et la femme de Jupiter. Qu’ont jamais pu Mars et Mercure ? Ils possèdent plutôt la science de la magie qu’une puissance divine. Le Dieu qu’on doit adorer est celui qui, par sa parole, a tiré du néant le ciel et la terre, la mer et toutes les choses qui y sont contenues ; qui a fait briller le soleil, et a orné le ciel d’étoiles ; qui a rempli les eaux de poissons, la terre d’animaux, et les airs d’oiseaux ; à l’ordre duquel la terre se couvre de plantes, les arbres de fruits et les vignes de raisins ; dont la main a produit le genre humain ; qui a donné enfin à l’homme son ouvrage avec toutes les créatures pour lui obéir et le servir. Ces paroles de la reine ne portaient nullement l’esprit du roi à la foi sainte, mais il disait : C’est par l’ordre de nos dieux que toutes choses sont créées et produites ; il est clair que votre Dieu, ne peut rien ; bien plus, il est prouvé qu’il n’est pas de la race des dieux. » Cependant la reine fidèle présenta son fils au baptême : elle fit décorer l’église de voiles et de tapisseries, pour que cette pompe attirât vers la foi catholique le roi que ses discours n’avaient pu toucher. L’enfant ayant été baptisé et appelé Ingomer, mourut dans la semaine même de son baptême. Le roi, aigri ,de cette perte, faisait à la reine de vifs reproches, lui disant : Si l’enfant avait été consacré au nom de mes dieux, il vivrait encore ; mais, comme il a été baptisé au nom de votre Dieu, il n’a pu vivre. La reine lui répondit : Je rends grâces au puissant Créateur de toutes choses, qui ne m’a pas jugée indigne de voir associé à son royaume l’enfant né de mon sein. Cette perte n’a pas affecté mon âme de douleur, parce que je sais que les enfants que Dieu retire du monde, quand ils sont encore dans les aubes, sont nourris de sa vue. Elle engendra ensuite un second fils, qui reçut au baptême le nom de Chlodomir. Cet enfant étant tombé malade, le roi disait : Il ne peut lui arriver autre chose que ce qui est arrivé à son frère, c’est-à-dire qu’il meure aussitôt après avoir été baptisé au nom de votre Christ. Mais le Seigneur accorda la santé de l’enfant aux prières de sa mère [l’an 496].

La reine ne cessait de supplier le roi de reconnaître le vrai Dieu et d’abandonner les idoles ; mais rien ne put l’y décider, jusqu’à ce qu’une guerre s’étant engagée avec les Allemands, il fut forcé, par la nécessité, de confesser ce qu’il avait jusque-là voulu nier. Il arriva que les deux armées se battant avec un grand acharnement[lxxxviii], celle de Clovis commençait à être taillée en pièces ; ce que voyant, Clovis éleva les mains vers le ciel, et le coeur touché et fondant en larmes, il dit : Jésus-Christ, que Clotilde affirme être Fils du Dieu vivant, qui, dit-on, donnes du secours à ceux qui sont en danger, et accordes la victoire à ceux qui espèrent en toi, j’invoque avec dévotion la gloire de ton secours : si tu m’accordes la victoire sur mes ennemis, et que je fasse l’épreuve de cette puissance dont le peuple, consacré à ton nom, dit avoir relu tant de preuves, je croirai en toi, et me ferai baptiser en ton nom ; car j’ai invoqué mes dieux, et, comme je l’éprouve, ils se sont éloignés de mon secours ; ce qui me fait croire qu’ils ne possèdent aucun pouvoir, puisqu’ils ne secourent pas ceux qui les servent. Je t’invoque donc, je désire croire en toi ; seulement que j’échappe à mes ennemis. Comme il disait ces paroles, les Allemands, tournant le dos, commencèrent à se mettre en déroute ; et voyant que leur roi était mort, ils se rendirent à Clovis, en lui disant : Nous te supplions de ne pas faire périr notre peuple, car nous sommes à toi. Clovis, ayant arrêté le carnage et soumis le peuple rentra en paix dans son royaume, et raconta à la reine comment il avait obtenu la victoire en invoquant le nom du Christ.

Alors la reine manda en secret saint Remi, évêque de Reims, le priant de faire pénétrer dans le coeur du roi la parole du salut. Le pontife, ayant fait venir Clovis, commença à l’engager secrètement à croire au vrai Dieu, créateur du ciel et de la terre, et à abandonner ses idoles qui n’étaient d’aucun secours, ni pour elles-mêmes, ni pour les autres. Clovis lui dit : Très saint père, je t’écouterai volontiers ; mais il reste une chose, c’est que le peuple qui m’obéit ne veut pas abandonner ses dieux ; j’irai à eux et je leur parlerai d’après tes paroles. Lorsqu’il eut assemblé ses sujets, avant qu’il eût parlé, et par l’intervention de la puissance de Dieu, tout le peuple s’écria unanimement : Pieux roi, nous rejetons les dieux mortels, et nous sommes prêts à obéir au Dieu immortel que prêche saint Remi. On apporta cette nouvelle à l’évêque qui, transporté d’une grande joie, ordonna de préparer les fonts sacrés. On couvre de tapisseries peintes les portiques intérieurs de l’église, on les orne de voiles blancs ; on dispose les fonts baptismaux ; on répand des parfums, les cierges brillent de clarté, tout le temple est embaumé d’une odeur divine, et Dieu fit descendre sur les assistants une si grande grâce qu’ils se croyaient transportés au milieu des parfums du Paradis. Le roi pria le pontife de le baptiser le premier. Le nouveau Constantin s’avance vers le baptistère, pour s’y faire guérir de la vieille lèpre qui le souillait, et laver dans une eau nouvelle les tâches hideuses de sa vie passée. Comme il s’avançait vers le baptême, le saint de Dieu lui dit de sa bouche éloquente : Sicambre[lxxxix], abaisse humblement ton cou : adore ce que tu as brûlé, brûle ce que tu as adoré. Saint Remi était un évêque d’une grande science, et livré surtout à l’étude de la rhétorique ; il était si célèbre par sa sainteté qu’on égalait ses vertus à celles de saint Silvestre. Nous avons un livre de sa vie où il est dit qu’il ressuscita un mort.

Le roi, ayant donc reconnu la toute-puissance de Dieu dans la Trinité, fut baptisé au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et oint du saint chrême avec le signe de la croix ; plus de trois mille hommes de son armée figent baptisés. On baptisa aussi sa soeur Alboflède, qui, quelque temps après, alla joindre le Seigneur. Comme le roi était affligé de cette perte, saint Remi lui envoya, pour le consoler, une lettre qui commençait ainsi : Je suis affligé autant qu’il faut de la cause de votre tristesse, la mort de votre soeur Alboflède, d’heureuse mémoire ; mais nous pouvons nous consoler, car elle est sortie de ce monde plus digne d’envie que de pleurs. L’autre soeur de Clovis, nommée Lantéchilde, qui était tombée dans l’hérésie des Ariens, se convertit ; et ayant confessé que le Fils et le Saint-Esprit étaient égaux au Père, elle fut rebaptisée.

Saint Grégoire de Tours

Fête du Christ-Roi – Sermon de Mgr Lefebvre (1988)

Mes bien chers amis, mes bien chers frères,

Je pense qu’il est inutile d’insister auprès de vous pour vous montrer que cette fête du Christ Roi est au cœur même du combat que nous menons. Si nous avons pris la décision de mener ce combat et de résister à toutes les pressions qui sont faites à l’intérieur même de l’Église pour nous détourner de ce règne de Notre Seigneur Jésus-Christ, c’est qu’il nous a semblé indispensable, pour défendre notre foi, de mettre en pratique le règne de Notre Seigneur Jésus-Christ. N’est-ce pas là l’objet même de notre foi, de faire régner Notre Seigneur Jésus-Christ sur nous, sur nos familles, sur nos cités ? « Oportet illum regnare, dit saint Paul. Il faut qu’il règne » (1 Cor. 15, 25). Il faut que Notre Seigneur Jésus-Christ règne.

Mais pourquoi le pape Pie XI a-t-il jugé bon d’ajouter au calendrier liturgique une fête particulière pour le Christ Roi ? Était-ce vraiment nécessaire ? Est-ce que la royauté de Notre Seigneur Jésus-Christ n’était pas suffisamment signifiée dans toutes les fêtes de l’année liturgique ? En effet, si on lit les textes liturgiques de la fête de la Nativité, de la fête de l’Épiphanie, des grandes cérémonies de la Semaine sainte, à plus forte raison de la fête de Pâques et de celle de l’Ascension, la royauté de Notre Seigneur est constamment affirmée. Ces fêtes ne font que manifester le règne de Notre Seigneur Jésus-Christ et son Royaume. Alors pourquoi ajouter cette fête du Christ Roi ? Parce que les hommes ont voulu détruire le règne de Notre Seigneur Jésus-Christ.

Contre le climat d’apostasie générale
Après que les princes et les chefs d’Etat ont reconnu, pendant de nombreux siècles, la royauté de Notre Seigneur Jésus-Christ, des disciples de Satan – celui qui poursuit de sa haine Notre Seigneur Jésus-Christ – ont résolu d’en finir avec la chrétienté, avec l’ordre chrétien, avec le règne de Notre Seigneur Jésus-Christ sur la société, et ils ont fomenté des troubles jusqu’au moment où ils ont pu détruire en effet ce règne de Notre Seigneur sur les sociétés. Ils espéraient bien, par là, ruiner l’œuvre de Notre Seigneur Jésus-Christ. C’est ce que dit le pape Léon XIII dans son encyclique Humanum Genus, à propos des francs-maçons : « Leur but principal est de détruire toutes les institutions chrétiennes ». Toutes les institutions chrétiennes ! Voilà leur but, et ils ne pouvaient pas y arriver tant que la société était chrétienne, tant que les princes et les gouvernants étaient chrétiens. Il leur a donc fallu détruire ces gouvernements, détruire ceux qui défendaient la royauté de Notre Seigneur Jésus-Christ.

Et non seulement ils ont eu pour dessein de détruire les institutions chrétiennes mais ils ont voulu par là, détruire le règne de Notre Seigneur Jésus-Christ dans les âmes et créer ce climat d’apostasie générale. Le fait que les institutions ne sont plus chrétiennes, le fait que Notre Seigneur Jésus-Christ ne règne plus dans les institutions, crée nécessairement un climat d’apostasie, un climat d’athéisme, et ce climat d’athéisme atteint alors les familles par l’enseignement, par tous les moyens puissants que l’Etat a à sa disposition pour ruiner la foi dans les familles chrétiennes. C’est ainsi qu’on a vu l’apostasie s’étendre, petit à petit, dans la société.

Si les familles deviennent elles-mêmes apostates, si dans les familles ne règne plus Notre Seigneur Jésus-Christ, ni sa Loi, ni sa grâce, alors les vocations aussi disparaissent. Et c’est bien ce qu’ils espéraient : ils espéraient atteindre l’Eglise par l’intermédiaire des familles chrétiennes, et atteindre ainsi les séminaires, les noviciats, les congrégations religieuses. Hélas, ils y sont arrivés ; et maintenant, nous pourrions dire en vérité que les autorités de l’Eglise leur prêtent la main, et les aident dans cette apostasie par l’affirmation de cette liberté religieuse. S’il y a la liberté religieuse, il n’est plus absolument nécessaire que Notre Seigneur Jésus-Christ règne sur les âmes, sur les sociétés. C’est là une chose absolument incroyable, mais vraie…

Non seulement « il n’est pas opportun et il n’est peut-être pas possible, comme disent et ont toujours dit les libéraux, que Notre Seigneur Jésus-Christ règne encore sur la société ; c’était possible au Moyen Age, ce n’est plus possible maintenant ». Non, ce n’est pas suffisant, désormais on admet comme principe que Notre Seigneur ne doit pas régner sur la société : ce serait contraire à la dignité humaine, qui veut que chaque homme ait la religion de sa conscience. Par conséquent, imposer dans la société le règne de Notre Seigneur Jésus-Christ, ce serait violer la conscience et la liberté, et par conséquent la dignité humaine. C’est pourquoi il faut que les Etats soient laïcs, que les Etats n’aient pas de religion. C’est ce qu’affirment les autorités de l’Eglise ! Dernièrement, le pape à Strasbourg a encore affirmé publiquement qu’il fallait que les Etats soient neutres, n’aient pas de religion (cf. Discours de Jean-Paul II au Parlement européen, le 11 octobre 1988). C’est une chose inouïe ! Si nos ancêtres entendaient des choses semblables, ils en seraient épouvantés, stupéfaits ! Mais de nos jours, on est tellement habitué à cette apostasie générale que l’on ne réagit même plus. C’est pourquoi cette fête du Christ Roi est plus utile que jamais.

Nous voulons qu’Il règne
Nous chantions, hier, dans l’hymne des vêpres : Scelesta turba clamitat : Regnare Christum nolumus. La foule impie crie : « Nous ne voulons pas que le Christ règne sur nous ! ». Te nos ovantes omnium Regem supremum dicimus. Nous, au contraire, sommes heureux dans nos cœurs de pouvoir dire que vous êtes le Seigneur, le Roi de toutes choses. Oui, à ce cri de cette foule impie qui dit : « Nous ne voulons pas que le Christ règne sur nous », nous opposons cette acclamation : « Nous voulons que Notre Seigneur règne parce qu’il est le Roi suprême de toutes choses, omnium Regem supremum ». Nous le proclamons et nous voulons le proclamer, non seulement pour nous personnellement afin que Jésus règne dans nos âmes par sa Loi, par sa grâce, mais nous voulons qu’il règne aussi dans nos familles, dans les familles chrétiennes et dans la société.

Ce qui est à la racine de cette apostasie, c’est la négation du péché originel. Car si Notre Seigneur Jésus-Christ est venu sur terre et veut régner dans toutes les âmes, dans toutes les familles, dans toutes les cités, c’est précisément pour faire disparaître et le péché originel et toutes ses conséquences, conséquences abominables qui conduisent à l’enfer, qui conduisent à la mort éternelle. Il est venu pour nous donner la vie éternelle. Si l’on nie le péché originel, Notre Seigneur n’est plus nécessaire. Que vient-il faire ? Pourquoi vient-il ? Il vient troubler nos familles, il vient troubler l’ordre de la liberté humaine… Mais si nous croyons que vraiment, il y a eu un péché originel dont tous les hommes sont atteints, avec toutes ses conséquences, et que seul Notre Seigneur Jésus-Christ est capable de nous guérir, de nous apporter la vie, de nous purifier dans son Sang et de nous donner sa grâce, de nous donner sa Loi, alors nous nous tournons vers notre Sauveur, vers Notre Seigneur Jésus-Christ et nous prions pour qu’il soit notre Roi, que sa Loi règne partout, que sa grâce règne dans toutes les âmes ! Voilà ce que nous disons, voilà ce que nous pensons.

On ne croit plus au péché originel, on nie le péché originel. Les hommes sont libres ; les hommes ne sont pas mauvais. Ils ne naissent pas mauvais, ils ne naissent pas sous l’influence de Satan, ce n’est pas vrai, les hommes sont bons. Ce qu’ils désirent, c’est bien. Chacun peut désirer ce qu’il veut, selon sa liberté, selon sa conscience… Or nous disions dans les antiennes ce matin : « Regnum quod non servierit tibi, peribit. Le royaume qui ne vous sert pas, ô Seigneur, périra ». Et c’est vrai. Tous ceux qui n’ont pas Notre Seigneur Jésus-Christ dans leurs lois, dans leur législation, et qui n’ont pas la grâce de Notre Seigneur Jésus-Christ, vivent dans le désordre complet, et sont atteints par toutes les suites du péché originel qui corrompent les sociétés, et qui corrompent les âmes.

Alors que devons-nous faire, mes bien chers frères, devant cette situation ? Désirer bien sûr, le règne de Notre-Seigneur, prier de tout notre cœur, de toute notre âme, aujourd’hui particulièrement, pour demander à Notre Seigneur de régner ; qu’il nous aide, qu’il vienne à notre secours ! Dieu sait s’il nous a donné tous les moyens pour nous sauver. Mais devant cette situation qui apparemment est insoluble, que pouvons-nous faire ? Nous devons faire ce que Notre Seigneur Jésus-Christ a voulu que nous fassions, c’est-à-dire nous sanctifier, ressusciter la grâce que nous avons reçue au jour de notre baptême pour effacer le péché originel et pour en guérir toutes les suites. Nous savons très bien que nous avons encore ces suites du péché originel ; nous les portons en nous et nous devons constamment lutter par la grâce de Notre Seigneur, par la prière, par la réception digne et fréquente des sacrements, par l’assistance à la sainte messe, à la vraie messe. Nous savons que c’est ainsi que nos âmes se purifieront, qu’elles se sanctifieront et feront régner en elles la Loi et la grâce de Notre Seigneur Jésus-Christ.

Faire rayonner le Christ dans la société
Mais il ne suffit pas de le faire pour nous. Nous avons des fonctions, nous avons tous une vocation ici-bas. Nous ne vivons pas seuls, nous ne vivons pas isolés et par conséquent, nous avons le devoir de faire régner Notre Seigneur partout autour de nous, et pas seulement dans nos familles. Le règne de Notre Seigneur Jésus-Christ ne doit pas se limiter à la famille. Il ne faut pas que, à peine sorti de la maison familiale, il n’y ait plus de place pour Notre Seigneur Jésus-Christ, que cela ne le regarde pas. Ce que nous faisons dans notre profession, ce que nous faisons dans la cité, en dehors de notre famille, Notre Seigneur n’aurait plus rien à y voir ; c’est faux ! Nous devons être soumis à Notre Seigneur toujours, en tout ce que nous faisons, dans tous nos actes, et par conséquent dans les actes de notre profession aussi, et dans les actes de la vie civile que nous avons à accomplir, que ce soit pour le bien de notre commune, le bien de notre village, le bien de notre cité, le bien de notre Etat.

Il est temps, mes bien chers frères, il est plus que temps que les chrétiens, et particulièrement les chrétiens traditionalistes, si l’on peut les appeler ainsi – c’est-à-dire les vrais chrétiens, les vrais catholiques – se rendent compte que la situation qui existe autour d’eux, est en train de se dégrader de mois en mois, d’année en année. Nos pays n’ont pas perdu toute foi catholique. Il y a encore des gens qui croient, des gens qui ont la foi. Il faudrait les réunir, les réveiller et il faudrait que, parmi ceux qui ont des convictions profondes, catholiques, certains prennent des responsabilités. On est stupéfait de voir que des pays catholiques comme le Valais, comme tous les cantons catholiques de la Suisse, comme la France, l’Italie, l’Espagne, l’Irlande…, tous ces pays qui sont à 80-85% catholiques, sont dirigés par des francs-maçons, par des ennemis de l’Eglise. Comment est-ce possible ? Comment ces gens-là ont-ils pu arriver à dominer des pays à grande majorité catholique, eux qui sont antichrétiens, qui veulent détruire la famille chrétienne, qui introduisent toutes les lois qui démolissent l’enseignement chrétien, qui démolissent les écoles chrétiennes ? Ils introduisent toutes ces initiatives abominables que nous voyons, comme ces discothèques qui se multiplient maintenant partout, dans tous les villages. Ils introduisent dans la législation l’avortement, la contraception, ils supportent la drogue, ne poursuivent pas la pornographie et acceptent ces films abominables contre Notre Seigneur Jésus-Christ. Voilà des petits groupes de gens qui sont contre Notre Seigneur Jésus-Christ et qui dominent des nations chrétiennes ! Est-ce possible ? Comment expliquer cela, comment expliquer que dans un pays à 80-85% de catholiques, ce soient des gens ennemis de l’Eglise catholique, hostiles à Notre Seigneur, qui dominent et dirigent tout le monde ?

Je pense que c’est parce que les catholiques s’imaginent qu’ils ne doivent pas entrer dans les fonctions publiques. Ils ont peur de s’immiscer dans les fonctions publiques. Sans doute, ils ont raison dans la mesure où ils devraient participer et contribuer à des choses qui sont mauvaises, mais s’ils peuvent au contraire le faire afin d’empêcher les choses mauvaises de se réaliser, ils doivent se manifester, ils doivent prendre des responsabilités pour le bien des âmes, pour faire régner Notre Seigneur Jésus-Christ dans la législation. Il me semble qu’il y a là une déficience et peut-être une incompréhension du devoir des catholiques, des catholiques fidèles. Il faudrait que dans des villages qui sont encore à 80% catholiques et qui ont encore de saines convictions à 90%, ce soient de bons catholiques qui dirigent le village, qui prennent des responsabilités communales ; la même chose dans les Etats. Il ne faut pas avoir peur de prendre des responsabilités ; ce n’est pas là faire de la mauvaise politique, ce n’est pas faire de la politique de parti, c’est tout simplement chercher le règne de Notre Seigneur Jésus-Christ, le règne social de Notre Seigneur.

Aussi nous devons prier pour cela et encourager ceux de nos amis ou de nos connaissances qui sont capables de prendre des mandats dans les communes, dans les cités, dans l’Etat, à se présenter. Nous avons vu par exemple l’initiative de certains de nos amis, avec ce petit journal qui a été lancé dernièrement et qui s’appelle Controverses, dans lequel nos confrères prêtres, aussi, se sont engagés, d’une certaine manière. C’est là, à mon avis, une très bonne initiative qui peut éventuellement servir au moment d’un vote pour être distribué dans les familles, partout, pour encourager à faire un bon vote, le vote pour Notre Seigneur Jésus-Christ, sans constituer spécialement un parti si ce n’est, comme le dit saint Pie X, celui de Dieu, le parti de Notre Seigneur Jésus-Christ. C’est là, il me semble, ce que cette fête du Christ Roi nous rappelle.

Cette fête nous exhorte à agir courageusement, comme le disait Jeanne d’Arc dans son combat : « Nous combattons, nous prions et Dieu donnera la victoire ». On dira : « Oh, c’est impossible ! On ne pourra pas. C’est trop difficile, jamais nous n’arriverons à dominer les gens qui actuellement dirigent nos pays. Nous n’arriverons jamais à les renverser… ». Mais il faut compter sur la grâce du Bon Dieu ! Le Bon Dieu est avec nous. Le Bon Dieu veut régner, le Bon Dieu veut le bien des âmes. Par conséquent, si les catholiques s’unissent, prient, font des sacrifices et militent en faveur du règne de Notre Seigneur Jésus-Christ, il faut compter sur la grâce de Notre Seigneur, sur l’aide de la très sainte Vierge Marie qui est « forte comme une armée rangée en bataille » (Ct 6, 3), sur l’aide des saints, de saint Michel archange, de tous les saints du pays, et ici de saint Nicolas de Flue et de saint Maurice. Invoquons-les et demandons-leur de nous aider pour que Notre Seigneur Jésus-Christ règne dans nos pays, pour sauver nos âmes et celles des générations futures, et remettre nos pays sous le doux règne de Notre Seigneur.

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.