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CALVIN A TENTE UNE MISE EN SCENE POUR FAIRE CROIRE A LA RÉSURRECTION D’UN MORT. DANS LE CATHOLICISME LES MIRACLES SONT RÉELS PAS BESOIN DE TRICHER! Par RD

« Calvin voulut une fois cependant essayer un petit miracle; malheureusement le coup manqua.. Il avait payé un homme pour faire le mort afin de le ressusciter ensuite…; quand il arriva, suivi de la foule curieuse à laquelle il avait modestement annoncé cette preuve postiche de sa mission, la justice de Dieu avait frappé le compère, et Calvin manqua de mourir de peur en le trouvant vraiment mort dans son lit… Cette histoire est connue de tous et parfaitement authentique. » (1)

DES AUTEURS PROTESTANTS AVOUENT QUE SAINT FRANCOIS XAVIER A FAIT DES MIRACLES:
– Dieu a-t-il fait quelquefois des miracles pour faire connaître la sainteté de quelques catholiques ?
– Les adversaires en conviennent eux-mêmes.
– Comment cela ?
– Ils avouent que saint François-Xavier entre autres a fait de grands miracles.
– Qui est-ce qui convient de cela ?
– Des auteurs calvinistes et luthériens, anglais et hollandais.
– Nommez en quelques-uns.
– Baldée, Hakelwit, Tavernier.
– Dans quelle Église a vécu saint Xavier ?
– Saint Xavier était jésuite, et par conséquent catholique-romain.
– Que concluez-vous de ses miracles ?
– Je conclus qu’il faut que la doctrine qu’il a prêchée soit la vraie doctrine ; car Dieu ne peut attester le mensonge ni soutenir l’erreur par des œuvres de sa puissance. (2)
Un ministre du culte anglican, Richard Hakluit, dit en propres termes : « Les histoires modernes des Indes sont remplies des excellentes vertus et des œuvres miraculeuses de ce saint homme. » (3)
Dans son Histoire des Indes (pag. 78,) Baldéus ajoute : « Si la religion de Xavier s’accordait avec la nôtre, nous le devrions estimer et honorer comme un autre Paul. Toutefois, nonobstant cette différence de religion, son zèle, sa vigilance et la sainteté de ses mœurs doivent exciter tous les gens de bien à ne point faire l’œuvre de1 Dieu négligemment ; car les dons que Xavier avait reçus pour exercer sa charge de ministre et d’ambassadeur de Jésus-Christ, étaient si éminents que mon esprit n’est pas capable de les exprimer. Si je considère la patience et la douceur avec lesquelles il a présenté, aux petits et aux grands, les eaux saintes et vives de l’Évangile ; si je regarde le courage avec lequel il a souffert les injures et les affronts, je suis contraint de m’écrier, avec l’Apôtre: « Qui est capable comme lui de ces choses merveilleuses. » (4)

L’IMPIE VOLTAIRE AVOUE QUE SAINT FRANCOIS-XAVIER A FAIT DES MIRACLES
« Nous comptons dans la foule de ses miracles huit enfants ressuscités.
Mais le plus plaisant de ses miracles est qu’ayant laissé tomber son crucifix dans la mer près l’île de Baranura, que je croirais plutôt l’île de Barataria, un cancre vint le lui rapporter entre ses pattes au bout de vingt-quatre heures.
Le plus brillant de tous, et après lequel il ne faut jamais parler d’aucun autre, c’est que dans une tempête qui dura trois jours, il fut constamment à la fois dans deux vaisseaux à cent cinquante lieues l’un de l’autre, et servit à l’un des deux de pilote ; et ce miracle fut avéré par tous les passagers, qui ne pouvaient être ni trompés ni trompeurs. » (5)

QUELQUES AUTRES MIRACLES ET VERTUS DE SAINT FRANCOIS-XAVIER
« Un personnage comme S.François-Xavier prouve beaucoup en faveur de la religion et de l’Église sous le double rapport de la foi et des mœurs. C’est un thaumaturge, il n’y a pas à en douter ; les faits sont d’hier, nombreux et éclatants ; ils ont été vus, consignés dans les histoires, attestés par vingt peuples. Ces miracles certains tranchent la question philosophique de leur possibilité et rendent, à l’Église, un hommage divin. » (6)
« L’apôtre des Indes qui convertit plus d’un million d’infidèles, qui ressuscita plus de cinquante morts, qui guérit des milliers de malades. » (7)
« Sans avoir appris la langue chinoise, il prêchait tous les matins dans cette langue les marchands chinois. » (8)
« Et ce qui convainquit les infidèles de la vérité du christianisme, c’est que, quand le père Xavier leur expliquait les mystères de la foi en une langue, chacun d’eux l’entendait en la sienne, comme s’il en eût parlé plusieurs à la fois. » (9)
« La traversée, d’abord heureuse, fut ensuite contrariée par des temps plats qui épuisèrent d’abord toutes les provisions et causèrent de graves maladies. Pour rafraîchir ces pauvres malades, Xavier rendit potables par miracles, les eaux de la mer. » (10)
« Le corps de S. François ne fut confié à la terre que le dimanche suivant ; il était revêtu des ornements sacerdotaux, déposé dans un cercueil et recouvert de chaux vive ; il fut inhumé sur le penchant d’une presqu’île, vis-à-vis la passe des navires. Le 17 février 1553, il en fut fait reconnaissance. La chaux n’avait altéré ni les membres, ni les tissus qui les recouvraient. Le corps fut trouvé entier, frais et comme animé par le sang. Le navire mit à la voile, emportant les saintes reliques, la tradition rapporte que, pendant plusieurs années, les typhons ne désolèrent point ces parages. Le 22 mars, le navire abordait à Malacca. Un fléau pestilentiel, qui désolait la ville, cessa sur l’heure ; d’autres miracles furent dûs au simple attouchement du cercueil. Au mois d’août suivant, le P. Joan de Beira, allant aux Moluques, désira voir le corps de son bien-aimé Père et s’entendit avec plusieurs personnes pour se donner secrètement cette satisfaction. La nuit, ils se rendirent donc à l’église et trouvèrent le corps aussi sain, les membres aussi flexibles, la même apparence de sang vermeil, après cinq mois de sépulture dans un sol humide, que si François venait d’expirer. » (11)
En photo:
LE CORPS TOUJOURS INCORRUPTIBLE DE SAINT FRANCOIS-XAVIER CONSERVE DANS L’EGLISE DU BON JESUS A GOA EN INDE PRES DE 500 ANS APRES SA MORT.

(1) Mgr de Ségur, Causeries sur le protestantisme d’aujourd’hui, Librairie Saint-Joseph, Tolra libraire-éditeur, Rennes 1894.
(2) Motifs qui ont ramenés à l’Eglise catholique un grand nombre de protestants, Abbé Rohrbacher, les marques de la véritable Eglise
(3) Histoire générale de l’Eglise, Abbé Darras, Tome 34, p.252
(4) Ibid.
(5) Voltaire, Dictionnaire philosophique, Éd. Garnier – Tome 19, Saint François-Xavier
(6) Histoire générale de l’Eglise, Abbé Darras, Tome 34, p.253.
(7) Ibid. p.250-251
(8) Ibid. p.244
(9) Vie de Saint François Xavier: apôtre des Indes et du Japon, Dominique Bouhours
(10) Histoire générale de l’Eglise, Abbé Darras, Tome 34, p.248-249
(11) Ibid. p.250

Source: Site notre dame des anges.

TRES BON ARTICLE DE L’ABBE PAGES SUR LES EVANGELIQUES PAR RD

MALHEUREUSEMENT CES GENS TROMPENT EN MASSE LA POPULATION D’ORIGINE AFRICAINE « SUR DES NOTES DE GOSPEL » AVEC CETTE HERESIE CHRETIENNE.

ILS DISENT QU’IL SUFFIT D’AVOIR LA FOI POUR ETRE SAUVE ET CETTE HERESIE VIENT DE MARTIN LUTHER. (16ème siècle)
Ca fera surement sourire mais ils disent qu’ils ont la religion de Jésus Christ avec une oeuvre arrivée plus de 1000 ans après!
Cette « religion » est sans pretres et ils disent ne prendre que ce qui est dans la bible. (surtout ce qui les arrange) Rien de tel pour que les gens voient les Chrétiens comme des gens crédules qui croient sans preuves!
Eh oui, un pasteur n’est pas un pretre! Il n’a pas reçu une ordination valide hors un vrai pretre a des pouvoir qui découlent de Jésus Christ.

Vous ne trouvez pas étrange qu’une religion venant soi-disant de Jésus Christ n’ait pas de pretres? Rien de tel pour que les gens puissent dire que la religion a été faite par des hommes!
N’est-il pas écrit dans la bible que Jésus a ordonné les apotres? Qu’il leur a donné le pouvoir d’ordonner? (C’est le pouvoir de l’Eveque) Celui de pouvoir faire avoir le corps du Christ dans l’hostie afin que nous puissions consommer un aliment Divin nourrissant l’ame?…(Biensur ça n’est pas écrit hostie dans la bible)

Un pasteur est un homme qui n’est pas obligé de se consacrer au Christ comme le fait un pretre et les évangéliques disent etre des apotres ce qui n’est pas très cohérent quand on sait que leurs pasteurs ne sont pas « comme des apotres ». Les fidèles sont au dessus des pasteurs?

BREF SOYONS SERIEUX JESUS CHRIST N’A PAS DIT AUX APOTRES DE FAIRE DE LA MESSE UN CONCERT!

https://www.islam-et-verite.com/les-vangliques/

Les chrétiens évangéliques, héritiers de la Réforme protestante (Ac 20.29), sont souvent caractérisés par leur grand zèle à annoncer Jésus comme le seul Sauveur, mais c’est Jésus qui dresse leur vrai portrait lorsqu’Il annonce que beaucoup de ceux qui proclament son Nom viendront au Dernier Jour si sûrs de leurs bons droits à recevoir la récompense éternelle, qu’ils Lui diront : « Seigneur, Seigneur, n’est-ce pas en ton Nom que nous avons prophétisé ? en ton Nom que nous avons chassé les démons ? en ton Nom que nous avons fait bien des miracles ? », toutes œuvres-là sur lesquelles effectivement les évangéliques s’appuient pour assurer qu’ils sont, eux, de vrais chrétiens, parce qu’accomplissant les mêmes œuvres que les Apôtres. Or, Jésus leur dira « en face : Jamais Je ne vous ai connus, éloignez-vous de Moi, vous tous qui faites le mal. » (Mt 7.21-23)… Il y a donc actuellement beaucoup de gens, « beaucoup » nous dit Jésus, qui croient agir au nom de Jésus, et qui se damnent…

Pourquoi Jésus leur reprochera t-Il d’avoir fait le mal, alors qu’apparemment ils auront accompli des œuvres extraordinaires, typiquement évangéliques ? Parce qu’ils auront accompli ces œuvres, aidés des illusions du Démon, de leur propre initiative, en dehors de la communion à l’Église catholique hors de laquelle il n’y a pas de salut, aussi vrai que le charismatique et génial St Paul ne s’est pas contenté de prophétiser, chasser les démons et faire des miracles pour se croire assuré de faire la volonté de Dieu, mais qu’il a voulu être en communion avec le premier pape (Ga 1.18), « de peur, dit-il, d’avoir couru pour rien » (Ga 2.2) ! Et en effet, tout ce qui est réalisé en dehors de l’obéissance à l’Église (He 3.17, 5.8 ; Ph 2.12 ; 1 P 1.2 ; Rm 16.18 ; Tt 3.1), il faudra en rendre compte comme d’œuvres perdues !

Le mal, qui sera reproché aux évangéliques, s’ils ne se repentent pas d’ici-là, est le même que celui que S. Paul faisait avant sa conversion : il croyait plaire à Dieu en persécutant l’Eglise (Ac 9.4) ! Ainsi les évangéliques haïssent-ils aujourd’hui l’Église catholique jusqu’à la traiter d’anti-Christ… Mais comment prétendre faire la volonté de Dieu, qui est le salut des hommes (1 Tm 2.4), et haïr la seule Église que Jésus a fondée pour cela (Mt 16.18), laquelle se reconnait à son unité dont le pape est le signe et l’instrument, unité qui est la condition du salut du monde (Jn 10.16 ; 13.35 ; 21.15-18) ? Et parce que Jésus n’a pas bâti son Église pour un temps seulement, mais pour durer jusqu’à Son retour, et qu’Il l’a bâtie sur Pierre, en instituant Pierre chef de son Église (Mt 16.18) Jésus a aussi institué en lui tous ses successeurs. C’est pourquoi les évangéliques ne pourront se justifier d’avoir servi la tête de l’Église qui est le Christ (Col 1.18,24) et avoir haï en même temps son Corps qui est l’Église catholique romaine…

Mais il est bien d’autres raisons encore pour lesquelles les évangéliques seront surpris au jour du Jugement Dernier : ayant rejeté le Corps mystique du Christ qui subsiste dans l’Église catholique romaine, ils se seront privés de la communion à sa Chair et à son Sang… Or, dit Jésus : « Si vous ne mangez pas ma Chair et si vous ne buvez pas mon Sang, vous n’aurez pas la Vie en vous. » (Jn 6.53) ! Jésus n’a pris chair de la Vierge Marie que pour nous la donner en communion, et que nous devenions ainsi nous-mêmes le Corps du Christ (1 Co 12.27) ! Voilà jusqu’où va le mystère de l’Incarnation, et pourquoi il n’y a qu’une Église, comme il n’y a qu’un Corps et qu’un Esprit, un seul Seigneur, une seule foi et un seul baptême (Ep 4.3-6, 11-16) !

Bref, comme dit l’Écriture : « Là où manque le savoir, le zèle n’est pas bon. » (Pr 19.2)… Il ne suffit donc pas de dire : « Seigneur ! Seigneur ! Je crois en Jésus ! Je suis chrétien ! » pour être sauvé, mais il faut faire la volonté de Dieu, qui est que nous devenions nous-mêmes le Christ, car « la réalité, c’est le Corps du Christ. » (Col 2.17 ; 1 Co 11.23-32) ! Alors, et alors seulement, Jésus pourra continuer à évangéliser, et sauver le monde ! Ainsi soit-il !

Luther, un réformateur ?

Il y a cinq cents ans, exactement le 31 octobre 1517, Martin Luther placardait à la porte de son couvent ses 95 thèses. Ce fut le début de l’action d’éclat de ce moine augustin, professeur de sciences bibliques à l’Université de Wittemberg, au départ de ce que l’histoire devait retenir sous le nom de Réforme protestante.

A l’occasion de cet anniversaire, les églises et communautés se réclamant du protestantisme ont entrepris de célébrer leur héros, à l’origine, selon eux, d’un renouveau bienfaisant pour l’Eglise tout entière.

Le 31 octobre 2016, en Suède, le pape François s’est associé à cet événement, en signant une Déclaration commune avec le chef de la communauté luthérienne. Tous deux se sont déclarés « reconnaissants pour les dons spirituels et théologiques reçus à travers la réforme ».

Dans son sillage, de nombreuses initiatives ont été menées un peu partout en vue d’associer les catholiques à cet anniversaire. Citons, à titre de simple illustration, l’archevêque de Strasbourg, Mgr Jean-Pierre Grallet, qui a participé le 6 décembre 2016 à une célébration œcuménique avec des dignitaires protestants en faisant cette prière :

« Esprit Saint, aide-nous à nous réjouir des dons qui ont été faits à ton Eglise à travers la Réforme, apprends-nous à nous repentir des murs de divisions que nous et nos prédécesseurs avons construits ».

Quels sont donc ces « dons spirituels et théologiques » que la Réforme luthérienne a faits à l’Eglise ? Est-ce le rejet du saint sacrifice de la Messe, de la grâce sanctifiante et de la plupart des sacrements ? Est-ce la révolte contre la hiérarchie catholique, la négation de la visibilité de l’Eglise et spécialement de la papauté ? Est-ce encore la remise en cause du magistère, la haine des vœux de religion et de toute vie religieuse cloîtrée ? Ou le rejet de parties entières de l’Ecriture Sainte, le refus des indulgences de l’Eglise, de la sanctification par les œuvres, du suffrage des saints ?

Forcément dubitatif et perplexe, le catholique est en droit de se demander quels sont les dons que la réforme protestante a apportés à l’Eglise. Mais plus fondamentalement, la question qui se pose est de savoir s’il est juste de parler de réforme de l’Eglise, et si Luther mérite vraiment le qualificatif autant que la qualité d’authentique réformateur. Car, après tout, la sainte Eglise n’a jamais manqué de saints réformateurs venus renouveler son zèle et son ardeur missionnaire. Que l’on songe à saint Pacôme ou saint Antoine, à saint Benoît, saint Bernard, saint Dominique ou saint François d’Assise, ou encore à la réforme grégorienne, à l’action d’un saint François de Sales, d’un saint Vincent de Paul, d’un Monsieur Olier, d’un Dom Guéranger…

Luther en son temps

Luther naît en Saxe à Eisleben dans la nuit du 10 au 11 novembre 1483. Il est baptisé en l’église Saint-Pierre le 11 et reçoit le nom de Martin.[1] C’est une famille purement allemande. Luther – ou Luder, Lueder, de Lothar, signifie « le pur », « le sincère ». Il donnera parfois à son nom une tournure grecque : Eleutheros ou Eleutherius, « le libérateur ».

Entrée à l’Université d’Erfurt en 1501, il suit le cursus de philosophie à la Faculté des Arts avant d’entrer quatre ans plus tard, à la suite d’un vœu précipité, au noviciat des moines augustins d’Erfurt. Ordonné prêtre en 1507, il obtient le bonnet de docteur en philosophie en 1512 et devient professeur. A partir de 1515 il commente la Bible, notamment les livres des Psaumes et les épîtres de saint Paul aux Romains, aux Galates et aux Hébreux.

Apparemment professeur sans histoire, il traverse en réalité de graves crises intérieures : tentations contre la chair, désespoir, angoisses sur son salut. Il voudrait être sûr d’être sauvé alors qu’il est pécheur et retombe sans cesse, et ne voit pas comment échapper à la justice de Dieu.

La lumière, croit-il, se fait au cours de « l’expérience de la tour » (Turmerlebnis) qu’il rapporte dans ses Propos de table. C’est une tour du couvent de Wittenberg, sans doute le cabinet d’aisance. C’est là qu’il comprend que la justice divine s’identifie à la justification par la foi, qui est don de Dieu. Sola fides : seule la foi sauve. Car l’homme est impuissant face aux forces du péché, il est corrompu totalement, même après le baptême. En fait, il est simul peccator et justus pécheur en réalité, mais juste en espérance, en vertu de la promesse de Dieu. L’homme est incapable de travailler à sa propre justice, à son amendement. Telles sont les premières intuitions qui font de Luther un moine défiant envers toute sécurité que l’on voudrait s’acheter trop facilement en ce monde par quelque œuvre méritoire que ce soit.

L’affaire des indulgences

Ces premières intuitions vont se cristalliser autour de l’affaire des indulgences.[2] A l’époque, la basilique Saint-Pierre de Rome est en pleine reconstruction depuis que le pape Jules II a entrepris, en 1505, de raser l’édifice constantinien. A partir de 1507 sont accordées des indulgences en vue de financer le chantier colossal qui met à mal les finances du Saint-Siège. Léon X les renouvelle en 1514. Elles sont prêchées en 1517 en Allemagne du nord. Les indulgences, qui permettent de remettre la dette temporelle due aux péchés pardonnés mais restant à satisfaire, sont accordées contre l’œuvre à accomplir – ici une aumône ou contribution en argent – aux conditions ordinaires, à savoir une bonne confession et une sainte communion. Elles peuvent être gagnées pour les vivants et pour les morts.

Luther juge d’abord qu’ « accorder et gagner des indulgences est une pratique très utile ». Mais il y voit bientôt une fausse sécurité : « Nous devons veiller à ce que les indulgences ne deviennent pas une cause de sécurité, de paresse, de négligence envers la grâce intérieure ». Comme si se confesser et communier étaient des signes de paresse ou de négligence de la grâce ? C’est précisément le contraire.

Finalement, le 31 octobre 1517, il placarde sur les murs de son couvent 95 thèses pour dénoncer cette pratique, sur un ton mordant. Il attaque le pouvoir de juridiction du pape et de la hiérarchie sur le trésor de l’Eglise, constitué par l’ensemble des mérites du Christ et des saints. Qui plus est, aussitôt traduites – elles avaient été placardées en latin –, ces thèses font de Luther une sorte de porte-parole des aspirations, des rancœurs et des doléances germaniques contre Rome.

Le succès qu’il rencontre, les soutiens qui se déclarent pour l’encourager, sa faconde naturelle montent à la tête de ce moine qui, avec son caractère entier, fougueux, entêté, violent, va prendre une assurance que rien ne pourra briser. Il est devenu un révolté, un chef de file.

Vers la rupture

Luther, se sachant protégé par le prince-électeur de Saxe, refuse malgré son vœu d’obéissance de se rendre à Rome où il est convoqué pour s’expliquer. Le pape dépêche alors l’évêque de Gaète, le cardinal Thomas de Vio dit Cajetan. Celui-ci rencontre le moine augustin à Augsbourg en octobre 1518. Luther ne rétracte aucune de ses thèses. Mieux, il en appelle à un concile pour juger le pape.

L’année suivante, il rejette la Tradition comme source de la Révélation. L’Ecriture est la règle unique de la foi : sola scriptura. Il rejette aussi l’autorité des conciles et du pontife romain. Il refuse l’infaillibilité de l’Eglise. De plus en plus, il est convaincu que le pape est l’Antéchrist. Luther agit désormais en prophète d’une nouvelle Eglise, invisible, sans hiérarchie, sans pape, sans sacerdoce. Enfin il en vient à attaquer la plupart des sacrements qu’il dénonce comme des inventions impies : confirmation, eucharistie, extrême-onction, mariage, et surtout l’ordre. Il est pourtant prêtre ; il se hait lui-même.

L’année 1520 marque le point de non-retour.[3] Sa pensée autant que sa doctrine se structure pour former un corps de doctrine où les hérésies le disputent à l’esprit schismatique. Au mois de mai, il fait paraître son traité consacré à la papauté romaine (Von dem Papsttum zu Rom). C’est un clair refus de son institution divine. Le pape n’est qu’un tyran, au même titre que le Turc ! La véritable Eglise est invisible ; elle rassemble spirituellement tous ceux qu’unit la foi au Christ, seule cause de justification et de salut. Le pouvoir des clefs promis par le Seigneur réside uniquement dans la communauté d’où découlent les actes du culte, et non dans la hiérarchie instituée par le Christ. Cajetan a vu juste en publiant dès 1521 un opuscule sur Le successeur de Pierre dont le sous-titre est « l’institution divine du souverain pontificat de l’évêque de Rome ».[4]

Au mois d’août 1520, Luther publie son traité le plus important, adressé à la noblesse allemande (An den Christlichen Adel deutscher Nation). Résolument il se tourne vers les princes temporels pour les rallier à ses thèses et protéger la nouvelle religion qu’il entend fonder. Il faut, leur dit-il, renverser trois murailles : 1) La distinction entre les ecclésiastiques et les laïques ; 2) Le droit du pape d’interpréter seul l’Ecriture ; 3) Sa juridiction universelle et son pouvoir de convoquer les conciles.

Le raisonnement est simple et terriblement efficace. Le baptême suffit à conférer le sacerdoce universel à tous. En conséquence chaque chrétien a le droit d’interpréter à sa guise l’Ecriture Sainte et de juger de la foi. Il en va de même pour la convocation d’un concile : le premier venu peut le faire, « mais nul ne le peut aussi bien que ceux qui ont en main le glaive temporel ». C’est phrase est lourde de sous-entendus. Elle contient en fait la soumission de l’Eglise à l’Etat. Luther se cherche des appuis pour rejeter l’autorité du pouvoir spirituel, sans pour autant être accusé de détruire l’ordre social et le caractère naturel de toute autorité.

Pour justifier la hardiesse de ses théories et le rejet complet de l’institution ecclésiastique, Luther publie en octobre 1520 un nouveau traité au titre provocateur : De captivitate Babylonica Ecclesiæ. On y trouve explicitement le rejet de la doctrine et de la pratique des sacrements. Pourtant, il conserve le baptême, y compris celui des enfants, ce que lui reprocheront bientôt les anabaptistes, parmi lesquels il compte ses premiers soutiens et même des amis. Il conserve aussi la Cène, mais sans le saint sacrifice de la Messe qu’il exècre. Il rejette la transsubstantiation et le sacrement de l’ordre. Le pasteur, qui conduit le culte, n’est que le chef de l’assemblée. Il autorise enfin la communion sous les deux espèces et l’emploi de la langue vernaculaire.

Le même mois paraît encore le traité De la liberté chrétienne, où Luther réaffirme que le chrétien est justifié par la foi sans les œuvres, qu’il rejette définitivement. Seule la justification par la foi est la vraie liberté qui affranchit de tout péché. C’est la théorie du Esto peccator et pecca fortiter, sed fortius fide et gaude in Christo qui victor est peccati, mortis et mundi : « Sois pécheur, et pèche fortement, mais crois plus fort et réjouis-toi dans le Christ qui est vainqueur du péché, de la mort et du monde ».[5] C’est le développent du simul peccator et justus que le novateur avait déjà exposé dans son Commentaire de l’épître aux Romains, quelques années auparavant : c’est l’imputation de la promesse du salut qui suffit à justifier l’homme, même pécheur et dépourvu de la grâce sanctifiante.

Pour Luther, l’Eglise est réduite en servitude, déportée à Babylone sous le joug du pape, qu’il identifie à l’Antéchrist. « Tout se passe, écrivent les auteurs de L’histoire des conciles, comme si le réformateur reportait sur la foi, la foi seule, cette certitude, cette sécurité qu’il reprochait aux chrétiens de son temps de placer dans les œuvres, dans les Indulgences ! »[6] Ce faisant il doit rejeter les passages de l’Ecriture qui proclament que sans les œuvres, la foi est morte (cf. Jac. 2, 26). Luther substitue à la foi de l’Eglise sa propre construction intellectuelle, son opinion, celle d’un serf-arbitre illuminé par son expérience personnelle. Par ce moyen il entend justifier sa révolte contre les vœux et la libération de ses angoisses et scrupules de conscience. Bientôt il prétendra imposer ses vues à toute la Chrétienté, par les armes des seigneurs laïcs.

Telle est la réforme de Luther, une réforme d’abord idéologique, dogmatique, et non la réforme des mœurs et de la discipline que l’Eglise appelait de ses vœux. Dans une lettre au pape Léon X, il écrit d’ailleurs : « C’est contre les doctrines impies que je me suis dressé, et j’ai sévèrement mordu mes adversaires, non pas à cause de leurs mauvaises mœurs, mais à cause de leur impiété. » Quelques mois plus tard, en février 1521, son disciple Mélanchton résume le cœur de l’entreprise protestante : « Luther mène la guerre contre les doctrines perverses, contre les dogmes impies et non contre les vices privés des représentants du sacerdoce ».

Ils se trompent donc complétement ceux qui prétendent que le protestantisme fut une saine réaction à la décadence du catholicisme et qu’il fut animé par une intention de réforme des mœurs. Il s’agit d’une entreprise d’une tout autre nature : un rejet, une révolution complète contre la foi catholique et l’Eglise fondée sur Pierre.

L’évêque de Luçon le comprendra bien. Un siècle après l’affichage des thèses de Luther, le futur cardinal de Richelieu présentera la Réforme comme une hérésie menaçant les institutions religieuses et politiques, « une irruption du désordre fondée sur le détournement des Ecritures et la méconnaissance de la tradition ».[7]

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Luther et Mélanchthon au pied de la croix (timbre du Vatican)

De l’hérésie au schisme

Le pape Léon X prohibe les théories du moine augustin le 15 juin 1520 (Bulle Exsurge Domine) : 41 propositions sont condamnées, et Luther est sommé de s’expliquer. Devant les professeurs et les étudiants de Wittemberg, il brûle l’« exécrable bulle de l’Antéchrist » en public, le 10 décembre de la même année. Il en fait un bûcher avec les recueils des décrétales des papes et plusieurs ouvrages scolastiques. Rome se décide à excommunier le moine révolté le 3 janvier 1521.

La révolte de Luther passe alors au plan politique. Convoqué à la diète de Worms en avril 1521, l’hérésiarque muni d’un sauf-conduit refuse de se rétracter. L’empereur Charles-Quint le met au ban de l’Empire comme excommunié, schismatique obstiné et hérétique notoire. Mais le prince-électeur Frédéric de Saxe le sauve : il le fait enlever et mettre en sûreté au château de la Wartburg. C’est là que Luther travaille à la traduction, en allemand, de la Bible.

Bientôt il se dissocie de son fidèle disciple Thomas Müntzer, prophète illuminé qui soulève les paysans contre les impies. Luther se tourne résolument vers les seigneurs de Saxe, Hesse, Brandebourg, etc. L’année 1525 verra la terrible répression de la guerre des paysans, tandis que Luther épouse, le 13 juin 1525, Catherine Bora, une ancienne religieuse. Ayant foulé au pied tous ses vœux, Luther confie aux princes le soin d’imposer la réforme dans les paroisses et les abbayes. Il profite du désordre général, du sentiment national allemand violemment anti-romain, et de la cupidité des seigneurs. Ceux-ci reçoivent le pouvoir de conduire la réforme en réglementant le culte et en s’accaparant les biens de l’Eglise. Forts de ce jus reformandi tombé entre leurs mains, les détenteurs du pouvoir laïc lancent la sécularisation des monastères, font main basse sur les églises et ses trésors. Partout éclatent de violentes émeutes, des scènes de vandalisme et de destruction iconoclaste. Cette lutte acharnée contre les reliques, les statues, les tabernacles, les lieux de pèlerinages et de dévotion conduit à des destructions colossales, surtout lorsque les fidèles tentent de s’y opposer.

Luther meurt en 1546 impénitent, laissant de sa vie l’image d’un ivrogne grivois et violent. Décidément, il s’était bien révolté contre les dogmes de l’Eglise, et non contre les vices et les abus du clergé.

Conclusion

La réforme luthérienne est moins une vraie réforme qu’une révolution jetant par terre dogmes, pratiques religieuses, liturgie, sacrements et autorités divinement établies. Elle coupe l’Eglise latine en deux. D’un côté, les pays qui resteront fidèles à la doctrine catholique et soumis à la juridiction de l’Eglise, de l’évêque de Rome. De l’autre, les pays qui embrasseront les idées nouvelles et tomberont entre les mains des seigneurs, de l’Etat.[8]

En ce 31 octobre 2017, où plusieurs manifestations œcuméniques sont organisées un peu partout, les autorités de l’Eglise actuelle prétendent fêter ou célébrer de bien tristes événements… Luther, on l’aura compris, fut l’un des plus grands hérésiarques de tous les temps, responsable, avec Arius, de la perte d’innombrables âmes.

Pour sa part, Mgr Fellay, le supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X, a déjà expliqué « pourquoi nous ne pouvons pas célébrer dans la joie le 500e anniversaire de la Réforme protestante. Bien au contraire, nous pleurons cette cruelle déchirure. Nous prions et œuvrons, à la suite de Notre Seigneur, pour que les brebis retrouvent le chemin qui les conduira sûrement au salut, celui de la sainte Eglise catholique et romaine ».[9]

Abbé Christian Thouvenot


[1] Hartmann Grisar, Martin Luther, sa vie et son œuvre, Paris, Lethielleux, 1931, 402 pages.

[2] De la Brosse, Lecler, Holstein, Lefebvre, Les Conciles de Latran V et Trente, coll. Histoire des conciles œcuméniques, tome X, Dumeige (dir.), Fayard, 2007, p. 117, sq.

[3] Résumé à partir de l’Histoire des conciles œcuméniques, tome X, Dumeige (dir.), op. cit.

[4] Edition française par l’abbé Jean-Michel Gleize, Courrier de Rome, 2004.

[5] « Sei ein Sünder und sündige kräftig, aber vertraue noch stärker und freue dich in Christus, welcher der Sieger ist über die Sünde, den Tod und die Welt ».

[6] Histoire des conciles œcuméniques, tome X, Dumeige (dir.), op. cit., p. 126.

[7] Cité par Arnaud Teyssier, Richelieu, l’aigle et la colombe, Perrin, 2014, p. 129.

[8] A. Boulanger, Histoire générale de l’Eglise, tome III, vol. VI, Emmanuel Vitte, 1938, p. 22.

[9] Lettre aux Amis et Bienfaiteurs n°87, 26 avril 2017.

Image à laune : Luther placarde ses 95 thèses à la porte de son couvent

Le Vatican publie un timbre commémorant les 500 ans de la Réforme protestante

En rupture avec l’enseignement bimillénaire de l’Église depuis le dernier concile, le Vatican vient de commémorer les 500 ans de la Réforme protestante de Martin Luther. Dans la foulée, la Rome apostate publie un timbre en l’honneur de cette même Réforme. Depuis le concile Vatican II, une fausse religion œcuménique et néo-protestante est enseignée au Vatican. Cette honteuse commémoration vient nous rappeler cette triste réalité.

Martin Luther aurait reçu une illumination

Sur le plan théologique, il y a une filiation certaine entre la gnose, mais aussi l’islam et la Kabbale, et les hérésies de Luther. Luther est un héritier du nominalisme — hérésie gnostique — par sa référence à Ockham, mais aussi de la Kabbale par les mystiques rhénans. S’y ajoutent des emprunts au soufisme et au catharisme, notamment la prétention à une religion directe et individuelle. C’est ce qui me fait dire qu’il est un “illuminé”. Lui-même dit qu’il a reçu une illumination dans son couvent et la question est de savoir par qui.

Alain Pascal – Rivarol n°3298