Rivarol n°3314 du 24/01/2018

Editorial

Macron : l’ère de la trahison et du renoncement

DEPUIS SON ÉLECTION les gazettes ne reculent devant aucun dithyrambe pour qualifier l’action et les premiers pas du président Macron. Que l’homme ait fait jusque-là preuve d’habileté, qu’il se montre pour le moment supérieur à ses immédiats prédécesseurs Hollande et Sarkozy dans la gestion de son image et de ses discours, dans ses relations avec la presse voire dans l’utilisation des media audiovisuels, cela ne fait guère de doute. Pour autant, si l’on ne s’arrête pas aux apparences et que l’on essaye d’aller au fond des choses, on ne voit pas en quoi la politique que mène le nouveau chef de l’Etat est différente sur l’essentiel de celle conduite ces dernières décennies. Comme ses prédécesseurs, Macron est européiste, mondialiste, cosmopolite, sioniste, libéral et libertaire. Il n’est que d’analyser sa politique d’immigration pour s’en persuader. Dans son discours à Calais, il feint une certaine fermeté en disant que la France ne peut plus accepter la constitution de nouvelles jungles mais en même temps il insiste sur sa politique d’humanité, défend le principe du droit d’asile (qui n’est d’ailleurs pas un droit, mais une coutume et qui fonctionne aujourd’hui comme un prétexte pour nous envahir, nous submerger et nous remplacer) et annonce des sanctions plus sévères et plus rapides contre les policiers qui manqueraient d’égards envers les migrants. Ce qui est un comble : il faut veiller à protéger par des mesures exceptionnelles des personnes qui se trouvent dans notre pays en situation irrégulière, qui sont donc des délinquants et qui de surcroît troublent l’ordre public avec la constitution de jungles, lieux de tous les trafics et qui font vivre aux riverains un véritable enfer.

On parle beaucoup de Calais qui est bien sûr un cas emblématique mais c’est partout en France que l’on loge des migrants, souvent dans des lieux superbes. Ainsi à Nantes le magnifique château du Tertre a été réquisitionné fin novembre par l’extrême gauche, après l’occupation de l’ancienne école des Beaux-Arts, pour loger des migrants en situation illégale. A quelques centaines de mètres de là, l’extrême gauche a également réquisitionné dix salles de cours de la faculté pour loger des migrants. Et l’université de Nantes s’est engagée à payer à partir de février 2018 le CROUS pour ces migrants. Comme le remarquait courageusement un jeune étudiant indigné dans une vidéo qui circule sur les réseaux sociaux : « Quand on est étudiant et lorsqu’on décide d’être logé par le CROUS, il faut débourser 350 euros pour treize mètres carrés, on se tue à la tâche pour financer nos études et dans le même temps on loge gratuitement des personnes en situation illégale. Comment peut-on accorder des droits à des personnes violant la loi française ? Allez expliquer aux étudiants qui triment tous les soirs pour se loger, pour financer leurs études qu’à côté de cela il y a des personnes qui sont logées aux frais du contribuable alors qu’elles sont en situation illégale. »

LEUR RÉGIME qui est le règne du désordre, de la chienlit et du chaos promeut, encourage toutes les illégalités. Sauf bien sûr quand il s’agit des automobilistes, souffre-douleur de l’Etat, ou lorsque l’on défend publiquement des vérités interdites, en histoire, en politique, etc. La décision des pouvoirs publics de renoncer à la construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, quel que soit ce que l’on pense par ailleurs de l’opportunité ou non de ce projet vieux de cinquante ans et qui déchaîne les passions, peut également s’analyser comme une victoire des zadistes qui se sont réjouis ouvertement de l’abandon du projet. Encore une fois, comme dans le cas des migrants, on cède à l’extrême gauche. Voilà que depuis des années des militants d’extrême gauche occupent en toute illégalité des terres agricoles, bloquant des routes départementales, se croyant tout permis, et non seulement on ne les a pas expulsés jusque-là mais on cède à leurs revendications.

Imagine-t-on qu’un groupe dit d’extrême droite investisse des lieux laissés à l’abandon, interdise l’accès à certaines routes, s’installe et vive en communauté et refuse catégoriquement de partir, le tollé serait général et les forces de l’ordre ne tarderaient pas à déloger manu militari les occupants à la demande expresse des pouvoirs publics qui se feraient fort de refuser que des « milices fascistes » fassent la loi dans le pays. Mais quand il s’agit de l’extrême gauche, qui ne répugne pas à la violence — car il n’est que les imbéciles pour croire que la gauche est par essence pacifique et non violente, rappelons d’ailleurs qu’en France toutes les guerres au XXe siècle ont été déclarées par des gouvernements et des majorités de gauche, de la Première Guerre mondiale en 1914 à la guerre du Golfe en 1991 ! —, tout à coup les pouvoirs publics se montrent d’une faiblesse qui confine à la complicité active.

NON SEULEMENT cette décision est objectivement une victoire des zadistes mais elle s’assoit cyniquement sur le résultat pourtant très clair d’un référendum. Les habitants de Loire-Atlantique consultés par voie référendaire et qui étaient les premiers concernés par ce projet d’aéroport s’étaient majoritairement déclarés en sa faveur. Or, on n’en tient aucun compte. Pire, on fait le contraire de ce qu’ils souhaitaient en majorité. Curieuse conception de la démocratie et du respect du suffrage universel de la part de gens n’ayant que le mot de démocratie à la bouche et donnant des leçons au monde entier, se permettant de contester avec condescendance les résultats d’élections à l’international, notamment en Russie ! Comme pour le “non” pourtant massif des Français à la constitution européenne le 29 mai 2005, et qui a été totalement bafoué, puisque Sarkozy a fait voter en 2008 par le Parlement le traité de Lisbonne qui reprenait les principales dispositions du traité constitutionnel rejeté par nos compatriotes, on fait exactement le contraire de ce que la majorité des électeurs souhaitait. Si c’était pour agir de la sorte, il eût mieux valu ne pas organiser de référendum.

Que d’argent et d’énergie dépensés pour rien, non seulement pour l’organisation de la consultation référendaire, finalement tournée en dérision, mais surtout pour l’indemnisation qui s’annonce colossale du groupe Vinci qui était chargé de la construction du nouvel aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Une somme faramineuse qui sera payée par les contribuables alors même que le pays croule sous la dette et les déficits. Leur République est vraiment le règne de la gabegie et de l’irresponsabilité. On jette l’argent public par les fenêtres, pas celui des politiciens, rassurez-vous, mais celui de la nation.

Car de deux choses l’une : ou bien le projet était mauvais dès le départ et il ne fallait pas alors s’engager auprès de Vinci, et se laisser aller à tant de dépenses qui sont totalement perdues aujourd’hui, soit le projet était viable (et a priori  il semble, à en croire la nette majorité des habitants et des élus locaux qui sont favorables à ce projet depuis longtemps, qu’il l’était), et dans ce cas il fallait tenir ses engagements, expulser les zadistes, respecter les résultats du référendum et construire l’aéroport.

AU NOM d’une conception fondamentaliste et arriérée de l’écologie, il ne faudrait plus aujourd’hui construire de routes et d’autoroutes, ni de voies ferrées ni de TGV ni d’aéroports, cela confine au grotesque et porte atteinte à l’intérêt national, au bien commun. Dans la même logique, au nom de la souffrance animale, subitement il ne faudrait plus manger de viande, refuser de déguster du foie gras et de chasser, ce que nos aïeux ont pourtant fait sans problème de conscience pendant des siècles, et se nourrir seulement d’herbes comme de vulgaires ruminants ! Si certains frémissent d’horreur à l’idée de manger un gigot, un chapon ou un chevreuil (ils ne savent pas ce qu’ils manquent, les malheureux !), grand bien leur fasse, mais qu’ils ne culpabilisent pas les autres et qu’ils nous laissent en paix. On doit déjà faire face à la multiplicité des boucheries halal où l’on ne vend pas de porc, de grâce, que l’on n’achève pas de détruire nos délicieuses traditions culinaires au nom de grands principes éminemment contestables. D’autant qu’en général ceux qui défaillent devant le gavage des oies sont totalement indifférents au sort des millions de bébés à naître avortés, démembrés, jetés à la poubelle et à celui des vieillards euthanasiés dans le silence des hôpitaux de la mort.

Notre monde marche vraiment sur la tête et il ne faut pas compter sur Macron, l’homme de la bien-pensance et du conformisme dans tous les domaines, pour le remettre à l’endroit. Ce qui manque cruellement aujourd’hui, c’est du courage mais aussi du bon sens.

Jérôme BOURBON.

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