L’évolutionnisme est une erreur scientifique mais elle est avant tout une erreur philosophique. Reginald Garrigou Lagrange nous explique en quoi.

« La doctrine de l’évolution créatrice d’elle-même, en faussant radicalement la notion de création, se heurte à tous les premiers principes de la raison. Elle admet en effet un devenir sans sujet, un mouvement sans mobile, un devenir sans cause efficiente distincte de lui, un devenir sans cause finale connue par une intelligence parfaite de toute éternité. Elle tient que cette évolution, créatrice d’elle-même, est ascendante, et alors, en elle le plus sort du moins, le plus parfait sort du moins parfait; elle rejette le mystère de la création, qui s’harmonise avec les principes de causalité efficiente et de finalité, pour lui substituer l’absurde placé au principe de tout: le plus qui sort du moins sans cause efficiente et sans finalité proprement dite. Dieu, identifié avec cette évolution créatrice, va de surprise en surprise, en voyant tout ce qu’il devient, sans l’avoir prévu.

Cette doctrine avoue que le devenir, qui est à lui-même sa raison, est une contradiction réalisée; mais elle oublie que, si le principe de contradiction n’a plus de valeur, le devenir lui-même ne se distingue plus du non-devenir, en lui le point de départ n’est pas distinct du point d’arrivée: on est alors au but avant d’être parti; le devenir corporel ou spirituel devient immobile et il se confond, non pas avec l’immobilité de l’être subsistant, mais avec celle du néant, et du néant absolu, qui est l’absence non seulement de toute existence, mais de toute possibilité d’existence.

La vérité du principe de contradiction ou d’identité est plus certaine que l’existence de la terre qui nous porte, c’est une certitude non seulement physique, mais métaphysique ou absolue; et sans elle il n’y plus rien pour nous d’intelligible. Autrement dit, avec la notion d’être, qui fonde ce principe, s’évanouissent celles du vrai et du bien et leur opposition avec l’erreur et le mal.

Voilà le lien qui rattache à l’intelligence humaine l’affirmation du primat de l’être sur le devenir, qui est à la base de la philosophie traditionnelle. »

Réginald Garrigou-Lagrange

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