Archives mensuelles : octobre 2018

Tuerie dans la Synagogue de Pittsburgh

Les Faits sont Têtus et se répètent !

Comme « par Hazard », tout comme pour les assassinats du Bataclan, tout comme pour les assassinats d’Arnaud Beltrame et deux autres personnes, il y a eu un « EXERCICE » au sein du Centre de la Communauté Juive (synagogue) de Pittsburgh le 24 Janvier 2018 !!!

Les « EXERCICES » ont une fâcheuse tendance à être planifiés là où se produisent les Drames.

https://triblive.com/local/allegheny/13221932-74/active-shooter-drill-planned-for-thursday-in-squirrel-hill

triblive.com
Pittsburgh and Allegheny County police along with the FBI will hold an active shooter drill Thursday night in Squirrel Hill. The drill will take place from 8 p.m. to midnight at the Jewish …

 

« HITLER N’EST PAR MORT A BERLIN » et « LES 13 LIGNEES SATANIQUES » DANS LA LIBRAIRIE ANTIMACONNIQUE DE LAURENT GLAUZY

Ce mois de novembre, la librairie antimaçonnique de Laurent Glauzy vous propose trois ouvrage de l’écrivain néerlandais Robin de Ruiter.

Le premier livre HITLER N’EST PAS MORT A BERLIN fut traduit du néerlandais par Laurent Glauzy.

Le second, LES 13 LIGNEES SATANIQUES est un titre en deux volumes.

Le total de ces trois livres est de 73 € (frais de port compris)

Règlement par Paypal à : laurent-blancy@neuf.fr

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Fête du Christ-Roi – Sermon de Mgr Lefebvre (1988)

Mes bien chers amis, mes bien chers frères,

Je pense qu’il est inutile d’insister auprès de vous pour vous montrer que cette fête du Christ Roi est au cœur même du combat que nous menons. Si nous avons pris la décision de mener ce combat et de résister à toutes les pressions qui sont faites à l’intérieur même de l’Église pour nous détourner de ce règne de Notre Seigneur Jésus-Christ, c’est qu’il nous a semblé indispensable, pour défendre notre foi, de mettre en pratique le règne de Notre Seigneur Jésus-Christ. N’est-ce pas là l’objet même de notre foi, de faire régner Notre Seigneur Jésus-Christ sur nous, sur nos familles, sur nos cités ? « Oportet illum regnare, dit saint Paul. Il faut qu’il règne » (1 Cor. 15, 25). Il faut que Notre Seigneur Jésus-Christ règne.

Mais pourquoi le pape Pie XI a-t-il jugé bon d’ajouter au calendrier liturgique une fête particulière pour le Christ Roi ? Était-ce vraiment nécessaire ? Est-ce que la royauté de Notre Seigneur Jésus-Christ n’était pas suffisamment signifiée dans toutes les fêtes de l’année liturgique ? En effet, si on lit les textes liturgiques de la fête de la Nativité, de la fête de l’Épiphanie, des grandes cérémonies de la Semaine sainte, à plus forte raison de la fête de Pâques et de celle de l’Ascension, la royauté de Notre Seigneur est constamment affirmée. Ces fêtes ne font que manifester le règne de Notre Seigneur Jésus-Christ et son Royaume. Alors pourquoi ajouter cette fête du Christ Roi ? Parce que les hommes ont voulu détruire le règne de Notre Seigneur Jésus-Christ.

Contre le climat d’apostasie générale
Après que les princes et les chefs d’Etat ont reconnu, pendant de nombreux siècles, la royauté de Notre Seigneur Jésus-Christ, des disciples de Satan – celui qui poursuit de sa haine Notre Seigneur Jésus-Christ – ont résolu d’en finir avec la chrétienté, avec l’ordre chrétien, avec le règne de Notre Seigneur Jésus-Christ sur la société, et ils ont fomenté des troubles jusqu’au moment où ils ont pu détruire en effet ce règne de Notre Seigneur sur les sociétés. Ils espéraient bien, par là, ruiner l’œuvre de Notre Seigneur Jésus-Christ. C’est ce que dit le pape Léon XIII dans son encyclique Humanum Genus, à propos des francs-maçons : « Leur but principal est de détruire toutes les institutions chrétiennes ». Toutes les institutions chrétiennes ! Voilà leur but, et ils ne pouvaient pas y arriver tant que la société était chrétienne, tant que les princes et les gouvernants étaient chrétiens. Il leur a donc fallu détruire ces gouvernements, détruire ceux qui défendaient la royauté de Notre Seigneur Jésus-Christ.

Et non seulement ils ont eu pour dessein de détruire les institutions chrétiennes mais ils ont voulu par là, détruire le règne de Notre Seigneur Jésus-Christ dans les âmes et créer ce climat d’apostasie générale. Le fait que les institutions ne sont plus chrétiennes, le fait que Notre Seigneur Jésus-Christ ne règne plus dans les institutions, crée nécessairement un climat d’apostasie, un climat d’athéisme, et ce climat d’athéisme atteint alors les familles par l’enseignement, par tous les moyens puissants que l’Etat a à sa disposition pour ruiner la foi dans les familles chrétiennes. C’est ainsi qu’on a vu l’apostasie s’étendre, petit à petit, dans la société.

Si les familles deviennent elles-mêmes apostates, si dans les familles ne règne plus Notre Seigneur Jésus-Christ, ni sa Loi, ni sa grâce, alors les vocations aussi disparaissent. Et c’est bien ce qu’ils espéraient : ils espéraient atteindre l’Eglise par l’intermédiaire des familles chrétiennes, et atteindre ainsi les séminaires, les noviciats, les congrégations religieuses. Hélas, ils y sont arrivés ; et maintenant, nous pourrions dire en vérité que les autorités de l’Eglise leur prêtent la main, et les aident dans cette apostasie par l’affirmation de cette liberté religieuse. S’il y a la liberté religieuse, il n’est plus absolument nécessaire que Notre Seigneur Jésus-Christ règne sur les âmes, sur les sociétés. C’est là une chose absolument incroyable, mais vraie…

Non seulement « il n’est pas opportun et il n’est peut-être pas possible, comme disent et ont toujours dit les libéraux, que Notre Seigneur Jésus-Christ règne encore sur la société ; c’était possible au Moyen Age, ce n’est plus possible maintenant ». Non, ce n’est pas suffisant, désormais on admet comme principe que Notre Seigneur ne doit pas régner sur la société : ce serait contraire à la dignité humaine, qui veut que chaque homme ait la religion de sa conscience. Par conséquent, imposer dans la société le règne de Notre Seigneur Jésus-Christ, ce serait violer la conscience et la liberté, et par conséquent la dignité humaine. C’est pourquoi il faut que les Etats soient laïcs, que les Etats n’aient pas de religion. C’est ce qu’affirment les autorités de l’Eglise ! Dernièrement, le pape à Strasbourg a encore affirmé publiquement qu’il fallait que les Etats soient neutres, n’aient pas de religion (cf. Discours de Jean-Paul II au Parlement européen, le 11 octobre 1988). C’est une chose inouïe ! Si nos ancêtres entendaient des choses semblables, ils en seraient épouvantés, stupéfaits ! Mais de nos jours, on est tellement habitué à cette apostasie générale que l’on ne réagit même plus. C’est pourquoi cette fête du Christ Roi est plus utile que jamais.

Nous voulons qu’Il règne
Nous chantions, hier, dans l’hymne des vêpres : Scelesta turba clamitat : Regnare Christum nolumus. La foule impie crie : « Nous ne voulons pas que le Christ règne sur nous ! ». Te nos ovantes omnium Regem supremum dicimus. Nous, au contraire, sommes heureux dans nos cœurs de pouvoir dire que vous êtes le Seigneur, le Roi de toutes choses. Oui, à ce cri de cette foule impie qui dit : « Nous ne voulons pas que le Christ règne sur nous », nous opposons cette acclamation : « Nous voulons que Notre Seigneur règne parce qu’il est le Roi suprême de toutes choses, omnium Regem supremum ». Nous le proclamons et nous voulons le proclamer, non seulement pour nous personnellement afin que Jésus règne dans nos âmes par sa Loi, par sa grâce, mais nous voulons qu’il règne aussi dans nos familles, dans les familles chrétiennes et dans la société.

Ce qui est à la racine de cette apostasie, c’est la négation du péché originel. Car si Notre Seigneur Jésus-Christ est venu sur terre et veut régner dans toutes les âmes, dans toutes les familles, dans toutes les cités, c’est précisément pour faire disparaître et le péché originel et toutes ses conséquences, conséquences abominables qui conduisent à l’enfer, qui conduisent à la mort éternelle. Il est venu pour nous donner la vie éternelle. Si l’on nie le péché originel, Notre Seigneur n’est plus nécessaire. Que vient-il faire ? Pourquoi vient-il ? Il vient troubler nos familles, il vient troubler l’ordre de la liberté humaine… Mais si nous croyons que vraiment, il y a eu un péché originel dont tous les hommes sont atteints, avec toutes ses conséquences, et que seul Notre Seigneur Jésus-Christ est capable de nous guérir, de nous apporter la vie, de nous purifier dans son Sang et de nous donner sa grâce, de nous donner sa Loi, alors nous nous tournons vers notre Sauveur, vers Notre Seigneur Jésus-Christ et nous prions pour qu’il soit notre Roi, que sa Loi règne partout, que sa grâce règne dans toutes les âmes ! Voilà ce que nous disons, voilà ce que nous pensons.

On ne croit plus au péché originel, on nie le péché originel. Les hommes sont libres ; les hommes ne sont pas mauvais. Ils ne naissent pas mauvais, ils ne naissent pas sous l’influence de Satan, ce n’est pas vrai, les hommes sont bons. Ce qu’ils désirent, c’est bien. Chacun peut désirer ce qu’il veut, selon sa liberté, selon sa conscience… Or nous disions dans les antiennes ce matin : « Regnum quod non servierit tibi, peribit. Le royaume qui ne vous sert pas, ô Seigneur, périra ». Et c’est vrai. Tous ceux qui n’ont pas Notre Seigneur Jésus-Christ dans leurs lois, dans leur législation, et qui n’ont pas la grâce de Notre Seigneur Jésus-Christ, vivent dans le désordre complet, et sont atteints par toutes les suites du péché originel qui corrompent les sociétés, et qui corrompent les âmes.

Alors que devons-nous faire, mes bien chers frères, devant cette situation ? Désirer bien sûr, le règne de Notre-Seigneur, prier de tout notre cœur, de toute notre âme, aujourd’hui particulièrement, pour demander à Notre Seigneur de régner ; qu’il nous aide, qu’il vienne à notre secours ! Dieu sait s’il nous a donné tous les moyens pour nous sauver. Mais devant cette situation qui apparemment est insoluble, que pouvons-nous faire ? Nous devons faire ce que Notre Seigneur Jésus-Christ a voulu que nous fassions, c’est-à-dire nous sanctifier, ressusciter la grâce que nous avons reçue au jour de notre baptême pour effacer le péché originel et pour en guérir toutes les suites. Nous savons très bien que nous avons encore ces suites du péché originel ; nous les portons en nous et nous devons constamment lutter par la grâce de Notre Seigneur, par la prière, par la réception digne et fréquente des sacrements, par l’assistance à la sainte messe, à la vraie messe. Nous savons que c’est ainsi que nos âmes se purifieront, qu’elles se sanctifieront et feront régner en elles la Loi et la grâce de Notre Seigneur Jésus-Christ.

Faire rayonner le Christ dans la société
Mais il ne suffit pas de le faire pour nous. Nous avons des fonctions, nous avons tous une vocation ici-bas. Nous ne vivons pas seuls, nous ne vivons pas isolés et par conséquent, nous avons le devoir de faire régner Notre Seigneur partout autour de nous, et pas seulement dans nos familles. Le règne de Notre Seigneur Jésus-Christ ne doit pas se limiter à la famille. Il ne faut pas que, à peine sorti de la maison familiale, il n’y ait plus de place pour Notre Seigneur Jésus-Christ, que cela ne le regarde pas. Ce que nous faisons dans notre profession, ce que nous faisons dans la cité, en dehors de notre famille, Notre Seigneur n’aurait plus rien à y voir ; c’est faux ! Nous devons être soumis à Notre Seigneur toujours, en tout ce que nous faisons, dans tous nos actes, et par conséquent dans les actes de notre profession aussi, et dans les actes de la vie civile que nous avons à accomplir, que ce soit pour le bien de notre commune, le bien de notre village, le bien de notre cité, le bien de notre Etat.

Il est temps, mes bien chers frères, il est plus que temps que les chrétiens, et particulièrement les chrétiens traditionalistes, si l’on peut les appeler ainsi – c’est-à-dire les vrais chrétiens, les vrais catholiques – se rendent compte que la situation qui existe autour d’eux, est en train de se dégrader de mois en mois, d’année en année. Nos pays n’ont pas perdu toute foi catholique. Il y a encore des gens qui croient, des gens qui ont la foi. Il faudrait les réunir, les réveiller et il faudrait que, parmi ceux qui ont des convictions profondes, catholiques, certains prennent des responsabilités. On est stupéfait de voir que des pays catholiques comme le Valais, comme tous les cantons catholiques de la Suisse, comme la France, l’Italie, l’Espagne, l’Irlande…, tous ces pays qui sont à 80-85% catholiques, sont dirigés par des francs-maçons, par des ennemis de l’Eglise. Comment est-ce possible ? Comment ces gens-là ont-ils pu arriver à dominer des pays à grande majorité catholique, eux qui sont antichrétiens, qui veulent détruire la famille chrétienne, qui introduisent toutes les lois qui démolissent l’enseignement chrétien, qui démolissent les écoles chrétiennes ? Ils introduisent toutes ces initiatives abominables que nous voyons, comme ces discothèques qui se multiplient maintenant partout, dans tous les villages. Ils introduisent dans la législation l’avortement, la contraception, ils supportent la drogue, ne poursuivent pas la pornographie et acceptent ces films abominables contre Notre Seigneur Jésus-Christ. Voilà des petits groupes de gens qui sont contre Notre Seigneur Jésus-Christ et qui dominent des nations chrétiennes ! Est-ce possible ? Comment expliquer cela, comment expliquer que dans un pays à 80-85% de catholiques, ce soient des gens ennemis de l’Eglise catholique, hostiles à Notre Seigneur, qui dominent et dirigent tout le monde ?

Je pense que c’est parce que les catholiques s’imaginent qu’ils ne doivent pas entrer dans les fonctions publiques. Ils ont peur de s’immiscer dans les fonctions publiques. Sans doute, ils ont raison dans la mesure où ils devraient participer et contribuer à des choses qui sont mauvaises, mais s’ils peuvent au contraire le faire afin d’empêcher les choses mauvaises de se réaliser, ils doivent se manifester, ils doivent prendre des responsabilités pour le bien des âmes, pour faire régner Notre Seigneur Jésus-Christ dans la législation. Il me semble qu’il y a là une déficience et peut-être une incompréhension du devoir des catholiques, des catholiques fidèles. Il faudrait que dans des villages qui sont encore à 80% catholiques et qui ont encore de saines convictions à 90%, ce soient de bons catholiques qui dirigent le village, qui prennent des responsabilités communales ; la même chose dans les Etats. Il ne faut pas avoir peur de prendre des responsabilités ; ce n’est pas là faire de la mauvaise politique, ce n’est pas faire de la politique de parti, c’est tout simplement chercher le règne de Notre Seigneur Jésus-Christ, le règne social de Notre Seigneur.

Aussi nous devons prier pour cela et encourager ceux de nos amis ou de nos connaissances qui sont capables de prendre des mandats dans les communes, dans les cités, dans l’Etat, à se présenter. Nous avons vu par exemple l’initiative de certains de nos amis, avec ce petit journal qui a été lancé dernièrement et qui s’appelle Controverses, dans lequel nos confrères prêtres, aussi, se sont engagés, d’une certaine manière. C’est là, à mon avis, une très bonne initiative qui peut éventuellement servir au moment d’un vote pour être distribué dans les familles, partout, pour encourager à faire un bon vote, le vote pour Notre Seigneur Jésus-Christ, sans constituer spécialement un parti si ce n’est, comme le dit saint Pie X, celui de Dieu, le parti de Notre Seigneur Jésus-Christ. C’est là, il me semble, ce que cette fête du Christ Roi nous rappelle.

Cette fête nous exhorte à agir courageusement, comme le disait Jeanne d’Arc dans son combat : « Nous combattons, nous prions et Dieu donnera la victoire ». On dira : « Oh, c’est impossible ! On ne pourra pas. C’est trop difficile, jamais nous n’arriverons à dominer les gens qui actuellement dirigent nos pays. Nous n’arriverons jamais à les renverser… ». Mais il faut compter sur la grâce du Bon Dieu ! Le Bon Dieu est avec nous. Le Bon Dieu veut régner, le Bon Dieu veut le bien des âmes. Par conséquent, si les catholiques s’unissent, prient, font des sacrifices et militent en faveur du règne de Notre Seigneur Jésus-Christ, il faut compter sur la grâce de Notre Seigneur, sur l’aide de la très sainte Vierge Marie qui est « forte comme une armée rangée en bataille » (Ct 6, 3), sur l’aide des saints, de saint Michel archange, de tous les saints du pays, et ici de saint Nicolas de Flue et de saint Maurice. Invoquons-les et demandons-leur de nous aider pour que Notre Seigneur Jésus-Christ règne dans nos pays, pour sauver nos âmes et celles des générations futures, et remettre nos pays sous le doux règne de Notre Seigneur.

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.

Histoire : les crimes de l’épuration

Ci-dessous un article de notre ami José Castano. Pour ceux qui souhaitent approfondir, on peut lire L’épuration sauvage de Philippe Bourdrel et Les crimes masqués du résistancialisme de l’abbé Desgranges. Rappelons que l’« épuration » gaullo-communiste a fait environ 100 000 morts (chiffre donné par le ministre de l’Intérieur Adrien Tixier en novembre 44). Soit beaucoup plus que l’occupation allemande. « Il y a deux histoires, l’une que l’on enseigne et qui ment, l’autre que l’on tait parce qu’elle recèle l’inavouable. » Honoré de Balzac        Si l’on en croit l’historien Henri Amouroux, les Français étaient majoritairement pétainistes jusqu’au débarquement en Normandie le 6 juin 1944. Mais l’histoire d’après-guerre, écrite et enjolivée par les gaullistes et les communistes, a scindé le pays, de façon assez caricaturale, en deux camps : les résistants et les « collabos », ce qui permettait de minimiser les crimes commis à la libération : une période appelée « l’épuration » et qui, hélas, justifie bien son nom !

Qu’on le veuille ou non, la France de 1940 à 1944 a été pétainiste et passive à 90 ou 95%. Il y a bien eu une poignée, une faible proportion de la population, pour fournir les « résistants de la première heure ». Le 22 juin 1941 l’armée allemande attaqua l’URSS scellant ainsi la rupture du pacte germano-soviétique. C’est seulement à partir de ce moment là que les communistes basculèrent dans la résistance. En mars 1942, l’instauration du STO poussa plus massivement des jeunes vers les maquis mais la résistance restera cependant marginale jusqu’au débarquement allié du 6 juin 1944. Dans les clichés de cette époque trouble, on a retenu des résistants -gaullistes, communistes, socialistes- et une droite « maréchaliste » voire collaborationniste, ce qui relève des « mensonges de l’Histoire ». La droite d’avant-guerre était, dans son immense majorité fortement antiallemande. Deux partis, exclusivement, se déclaraient fascistes : le  « Faisceau » de Georges Valois –arrêté pour « faits de résistance » à l’Hôtel Dardières, aux Ardillats par la Gestapo, le 18 mai 1944, il mourra du typhus, en déportation, à Bergen-Belsen, en février 1945- et le « Francisme » de Marcel Bucard. Seul le premier avait des accointances avec l’Italie fasciste. Le chantre de la collaboration fut Pierre Laval, ancien député socialiste. Les partis les plus collaborationnistes furent le « Parti Populaire Français » créé et dirigé par Jacques Doriot, ancien député-maire communiste de Saint-Denis qui mourra sous l’uniforme allemand et le « Rassemblement National Populaire » du député socialiste Marcel Déat, éphémère ministre de l’aviation en 1936. La droite nationaliste, souvent favorable au maréchal Pétain, va s’impliquer massivement dans la résistance. Son premier martyr connu fut l’officier de la « Royale », Honoré d’Estienne d’Orves, fusillé au Mont-Valérien, le 29 août 1941. L’amiral Darlan était sur le point d’obtenir sa grâce quand, le 21 août, le Communiste Pierre Georges, futur « colonel Fabien » -qui ne sera qu’un pseudonyme que les communistes s’empresseront de sacraliser- tira dans le dos d’un officier allemand, l’aspirant Moser, au métro « Barbès ». L’histoire officielle n’a pas retenu ce détail, ni le fait que l’aspirant Moser attendait le métro sans arme, quand Pierre Georges lui a (héroïquement) tiré dans le dos. En représailles, cent otages sont exécutés dont Honoré d’Estienne d’Orves.

Hélas trop souvent, tels les ouvriers de la dernière heure, certains résistants tardifs se montreront les pires épurateurs (parfois pour faire oublier un passé de « collabo » ou une fortune bâtie en faisant du marché noir.) C’est une époque où l’armée française, qui veut se persuader qu’elle a gagné la guerre, reconstitue ses effectifs en régularisant des FFI et des FTP communistes. Heureusement, avant d’en faire des militaires d’active, on envoie ces cadres au rabais tester leur niveau de connaissance à l’école des officiers de Cherchell, en Algérie. L’ancien député Marcel Bouyer, lieutenant FFI, ex-agent de liaison dans la poche de Royan, racontait en riant : « Cherchell, c’était impayable ! Des gens y rentraient avec des galons de colonels et en ressortaient… sergents. ». Il est vrai que l’inflation aux galons était monnaie courante à l’époque : Jacques Delmas (Chaban dans la résistance), futur maire de Bordeaux, aspirant en 1939, sera… général en 1944, à 27 ans. Malgré des états de service honorables, on n’avait plus vu ça depuis Bonaparte ! Mais, en ces temps troublés, tout est permis, il suffit d’oser ! On a même vu, chez les FTP,  des « colonels à 6 galons » (un colonel en porte 5) dont un qui avait échoué à son peloton de… caporal en 1939. De Gaulle, décorant à Bordeaux une rangée d’une douzaine de « colonels » FFI ou FTP trouve, en bout de file, un simple capitaine auquel il déclare en souriant : « Vous ne savez pas coudre ? »

Tout ceci pourrait prêter à sourire, mais la France de la libération, c’est aussi celle des crimes de l’épuration qui demeureront une honte et entachera à jamais notre Histoire… A la libération, en métropole, commencera une kyrielle de procès, plus ou moins bâclés, plus ou moins expéditifs, mais avec une apparence de légalité. Intransigeance d’une justice partisane et injuste : le 27 janvier 1945, la cour de justice de Lyon  rend  son verdict : Charles Maurras, 76 ans, l’un des écrivains  les plus influents de son temps, est condamné à la réclusion perpétuelle et à la dégradation nationale pour « intelligence avec l’ennemi ». Si quelqu’un n’avait jamais eu d’« intelligence » avec l’Allemagne, c’était bien Maurras. Lutter contre le germanisme avait été l’un des buts de sa vie. Mais nous étions en 1945 et le seul fait d’être proche de Pétain valait d’être taxé aussitôt du crime de collaboration… donc de traître.    Durant la même période s’ouvre le procès de Robert Brasillach, directeur du journal « Je suis partout ». Condamné à mort, il a bénéficié d’un soutien massif des intellectuels -gaullistes et communistes, entre autres- qui ont signé une pétition pour demander sa grâce à De Gaulle. Le « premier résistant de France » refusa son recours en grâce et Brasillach fut fusillé le 6 février 1945 au fort de Montrouge. De Gaulle justifiera sa décision, plus tard, par « son indignation  d’avoir vu Brasillach  posant  en uniforme allemand sur la couverture d’un magazine … ». Oui mais voilà, Robert Brasillach n’a jamais porté l’uniforme allemand. De Gaulle l’a simplement confondu avec Jacques Doriot. Un « détail » peu glorieux qui entache la « belle histoire »   du gaullisme…

Le 15 août 1945, en plein été, la cour rend son verdict au procès Pétain : la peine de mort. Ce vieux maréchal, qui, en juin 1940 avait « fait don de sa personne à la France pour atténuer ses malheurs » paie pour la lâcheté de tout un peuple. En effet, arrêtons de faire croire que ce vieillard aurait fait, avec la complicité de Pierre Laval, une sorte de coup de force pour s’emparer du pouvoir. Rappelons les faits : les parlementaires français ont accordé les pleins pouvoirs à Pétain par 569 voix pour et 80 contre, soit, en gros, 85% des suffrages exprimés. Ce vote eut lieu le 10 juillet 1940. Comment ose-t-on écrire que la France et ses représentants légaux ne pardonnaient pas au maréchal d’avoir demandé les conditions d’un armistice le…18 juin ? Ils ont eu le temps de la réflexion et ont donc voté en leur âme et conscience. Dans un entretien à Valeurs actuelles en date du 13 décembre 1993, l’historien, Henri Amouroux, déclarait : « Le gaullisme a imposé l’idée qu’il ne fallait pas signer cet armistice et que Vichy était illégitime. C’est fabuleux ! Mais, ce n’est pas sérieux ! ».

L’épuration a été sanglante dans presque toute la France. Citons, par exemple, les « purges » et règlements de compte effectués, en toute impunité, par les FTP du Limousin. Des comportements monstrueux qui finiront par irriter puis indigner Georges Guingouin, commandant le « régiment de marche du Limousin » (FTP), bien qu’il s’agisse de ses propres troupes. Guingouin, maire de Limoges à la libération, sera exclu du PCF après un long procès « stalinien » ; il avait osé écorner le mythe d’une France combattante pure, incarnée par les communistes !

L’épuration, c’est aussi cet exploitant agricole en Charente, Paul de M…., qui a vu son père et son frère fusillés sous ses yeux parce qu’ils étaient aristocrates, catholiques et châtelains. L’enquête prouvera qu’ils aidaient la résistance non-communiste.    Robert Aron, historien de la période de l’épuration, note : « C’est un véritable armorial, un annuaire des châteaux ou un bottin mondain de province que l’on pourrait constituer avec les victimes. D’autant que beaucoup d’entre elles ont eu le tort inexpiable, tout en étant antiallemandes, de faire confiance à Pétain, ou bien d’être, dans la résistance, d’un camp différent de celui de leur assassin… ».

C’est aussi, cette jeune fille, catholique et cheftaine des guides de France, qu’on viendra chercher le jour de son mariage pour la fusiller devant ses proches au motif que sa famille -mais pas elle !- aurait été « collabo »… C’est cet amiral en retraite, proche du maréchal Pétain, que les épurateurs vont écarteler entre deux camions en le brûlant à la lampe à souder… C’est le comte Christian de Lorgeril, parent de d’Estienne d’Orves, mais à qui on reproche son château et ses idées monarchistes. Il est arrêté le 22 août 1944 : « Complètement nu, le malheureux dut s’asseoir sur une baïonnette. Puis il eut les espaces métacarpiens sectionnés, les pieds et les mains broyés. Les bourreaux lui transpercèrent le thorax et le dos avec une baïonnette rougie au feu. Le martyr fut ensuite plongé dans une baignoire pleine d’essence à laquelle les sadiques mirent le feu. Leur victime s’étant évanouie, ils le ranimèrent pour répandre ensuite sur ses plaies du pétrole enflammé. Le malheureux vivait encore. Il devait mourir, 55 jours plus tard, dans les souffrances d’un damné… ».

Ce récit, d’un sadisme écœurant, est paru dans le quotidien « L’Aube » en novembre 1950. Nous étions revenus aux pires heures de la Révolution de 1789 ! Parmi la faune de barbares « résistants » de l’époque, figurait un certain Henrot, responsable, entre autres, du massacre de la famille de Buffières et du pillage de leurs propriétés de Dolomieu et Milliassière, près de Grenoble. Le rapport d’enquête établit que : « Le 16 août 1944 au matin, une équipe d’une dizaine d’hommes fut désignée et placée sous la responsabilité d’Henrot, pour se rendre au château de Dolomieu afin de ramener au maquis le comte et la comtesse signalés comme collaborateurs… Lourdement armés, ils enfoncèrent la porte et abattirent philibert venu à leur rencontre les bras levés. Il fut abattu d’une rafale de mitraillette… Son épouse, qui protégeait leur petit garçon Michel, resta au premier étage… Marcelle et son fils Michel furent emmenés au camp du Châtelard… Arrivée au camp, Marcelle fut soumise aux pires tortures… une nuit d’orgies, devant son fils… Marcelle fut exécutée par ordre ainsi que son fils, sans qu’il soit question de la mise en jugement ou d’une décision de condamnation… ».

Ce rapport d’enquête stipule que l’enfant de 5 ans reçut une balle dans la tête, allongé sur le corps de sa mère. Philibert de Buffières avait un frère en camp de concentration. Il y mourra. Son fils Bernard était sous-officier dans l’armée de Lattre. Quelques jours plus tard, le 22 août, toujours sous les ordres du « lieutenant » Henrot, la bande investit le domaine de Milliassière : « Elisabeth de Buffières nota dans son livre de messe, une phrase prémonitoire : « Aimer c’est se donner jusqu’au sacrifice. 22/08/1944 ». Les FTP pillent et saccagent le château. Puis, vers 22h30 ils repartent vers d’autres forfaits : « Elisabeth ne réapparaissait pas… Etendue sur son lit, elle avait reçu trois balles de revolver dont une dans la tempe, après avoir été violée… »   Le « lieutenant » Henrot, lui, ne rendra jamais de compte à la justice : tué d’une balle en pleine tête (sans doute tirée par un de ses hommes), le 3 septembre, place des Terreaux, à Lyon, durant la libération de la ville. Le nom de ce « grand résistant » figure quelque part, sur un monument aux morts « pour la France ».

Il existe un autre volet de l’épuration qu’on a trop tendance à minimiser : celui des femmes tondues. Pour les « épurateurs », le fait de coucher avec l’occupant était sanctionné, à minima, par la tonte des cheveux. Ces femmes tondues étaient accusées de « collaboration horizontale », un acte qui n’est pas incriminé dans le code pénal et qui n’a donc rien d’illégal. Certaines ont été lynchées, violées, torturées ou tuées. Le compte de ces victimes est difficile à établir. On parle de 20 ou 30 000, peut-être plus ? Au nom de l’épuration, on a martyrisé et tondu des femmes amoureuses (celles, par exemple, qui refusèrent de quitter leur concubin ou leur mari allemand, lors des évacuations de civils des bases de sous-marins de Saint-Nazaire, Lorient et Dunkerque), puis celles qui, après tout, n’ont fait que leur métier (entraîneuses, prostituées…). On se souvient de la tirade de la comédienne Arletty à qui on reprochait un amant allemand et qui répondit de sa voix gouailleuse et nasillarde : « Et alors ? Mon cœur est français mais mon cul est international ! ». Après-guerre, des femmes tondues, battues, violées ont tenté des actions en justice contre leurs bourreaux mais leur action a été disqualifiée, elles n’étaient pas considérées comme des victimes.

Le chiffre officiel  de l’épuration, communiqué par Adrien Tixier, alors ministre de l’intérieur,  au « colonel Passy » (le capitaine Dewavrin) est de 105 000 victimes. Ce chiffre émanait des rapports des préfets. Il n’a jamais trouvé de démentis sérieusement étayés.

On a toujours tendance, pour minorer voire légitimer les crimes de l’épuration, à les mettre en parallèle avec ceux de la Milice, de sinistre mémoire. Mais les exactions barbares de la Milice, dans les derniers mois de la guerre, représentent entre 2 000 et 5 000 victimes. [Ce point mériterait selon nous d’être nuancé : des exactions attribuées à la Milice ont été le fait de personnes d’autres structures, qu’on lui amalgame à tort. Les Miliciens qui s’étaient rendus coupables de certains crimes – viol, par exemple – étaient exclus de la Milice et emprisonnés par elle-même. NDCI] C’est odieux et énorme (sur une courte période et avec des effectifs armés d’environ 10 à 15 000 hommes à peine) mais cela représente de 2 à 5% maximum des crimes commis par les FTP et/ou d’autres  (vrais ou faux) résistants…

Durant la seconde guerre mondiale, sur le sol de France, les « purges » de la libération et les bombardements anglo-américains firent, officiellement, 3 à 4 fois plus de victimes civiles que celles attribuées aux nazis. « C’est la mémoire qui fait toute la profondeur de l’homme » soutenait Peguy. Dans le but de promouvoir une vérité historique par trop malmenée, Eric de Verdelhan –avec la sagacité qu’on lui connaît- a réussi la prouesse de transmettre dans son livre « Les massacres oubliés », cette mémoire si maltraitée de nos jours. Jusqu’ici, l’Histoire n’a été qu’un recueil de mensonges, d’ironies, de bouffonneries, un amoncellement de massacres et de cris de douleur. C’est ce qui est lassant chez elle : cette trame toujours semblable sous l’infini variété des motifs, cette lutte constante pour un chimérique pouvoir, ces victoires perdues, ces espoirs trahis, ces décadences, ces chutes, ces reniements, ces efforts vers un avenir qui se dérobe sans fin et qui ne relâche rien de ses exigences sanguinaires, donne une image de l’homme dont on ne saura jamais si elle exprime sa grandeur ou au contraire sa misère.

Albert Camus soutenait que « seule la vérité peut affronter l’injustice. La vérité ou bien l’amour ». Un homme qui écrit a charge d’âme, tout livre est un plaidoyer. Eric de Verdelhan, nous livre, ici, une étude réaliste à base de faits et de vérités vraies à l’histoire morale du XXème siècle. José Castano -o-o-o-o-o-o-o-o-o- « Il y a une jeune école historique qui veut mener une sorte de guerre privée et qualifiée d’héroïque contre le gouvernement de Vichy. Il me paraît absurde de renverser les choses au point de dire que non seulement le gouvernement a été complice mais qu’il a pris l’initiative d’une entreprise de répression des juifs. Je me demande parfois si, contrairement à l’idée commune, la part de sacrifice dans la politique et la conduite du maréchal Pétain n’ont pas eu des effets plus certains et positifs sur le salut des juifs que sur le destin de la France ». (Annie Kriegel, journaliste-historienne Juive, ex-militante communiste – Entretien à Valeurs actuelles, 25 mars 1991).

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