La bataille du pont de Milvius : miracles et bienfaits

C’est au mois d’octobre de l’année 312, au pont de Milvius, sur les bords de Rome, que se profilait une guerre qui allait changer le cour de l’histoire. D’un côté, les armées du paganisme, dirigées par le tyran Maxence, ennemi du Christ, firent subir durant des siècles de multiples persécutions aux chrétiens. De l’autre, la nouvelle armée chrétienne de Constantin.

« Cette religion nouvelle, nous dit Mr Hervé-Bazin, annonçant un Dieu unique au milieu des autels innombrables du polythéisme, prêchant la pureté, le renoncement et la charité dans un siècle abandonné à la luxure et à l’égoïsme, relevant la dignité de la femme ou de l’esclave dans un monde qui reposait sur le droit de vie et de mort reconnu à l’époux et au maître, proclamant l’égalité des hommes devant Dieu au sein d’une société dont tous les empereurs étaient inscrits au nombre des Dieux, cette religion déplut aux Césars et fut vouée à la proscription. »

Durant 3 siècles précisément, l’Eglise dut traverser de nombreux orages. De nombreuses persécutions générales ou locales, des dizaines d’hérésies, de schismes et de sophismes de la philosophie néo-platonicienne ne parvinrent à couper son élan. Au contraire même, ils l’abreuvaient.

« Les persécuteurs, disait Saint Augustin, avaient reconnu que, plus ils mettaient de chrétiens à mort, plus il en renaissait de leur sang. Ils craignaient de dépeupler l’empire. »

« Les chaises de fer ardentes, dit Saint Grégoire de Nysse, les ongles d’acier, les buchers, le glaive, les bêtes, tous les instruments inventés par la cruauté des hommes, déchiraient jour et nuit le corps des martyrs. Les familles étaient décimées, les villes demeuraient désertes, et les déserts se peuplaient ! »

Malgré tous ces obstacles, l’Eglise s’imposait petit à petit. L’Esprit saint aidant, au début du 4ème siècle, toutes les villes importantes avaient leurs sièges épiscopaux. Son gouvernement, sa discipline et son culte étaient depuis longtemps déjà constitués et reconnus. Ses disciples la représentait par milliers partout dans le monde… Mais ce monde officiel la détestait encore et usait de diverses méthodes toutes plus horribles les unes que les autres pour la réduire au silence et au secret. Elle n’avait donc pas de cultes extérieurs et publics et vivait dans les coins sombres des catacombes. Nous le verrons, cette situation ne durera pas car l’Eglise sortira bien heureusement toujours plus forte des supplices qu’on lui impose.

Constantin, fils de parents chrétiens, Constance Chlore et Sainte Hélène se rangea contre Maxence en manifestant son soutient aux Chrétiens. La bataille s’annonçait… Maxence rassembla tous ces hommes autour de Rome et y attendit Constantin. Ce qui se produisit ensuite tient de l’ordre du miracle. Ainsi parle Eusèbe, historien chrétien :

«  Si le récit que je vais vous faire m’eut été transmis par une autre bouche, il pourrait trouver des auteurs incrédules. Mais je le tiens de l’auguste prince lui-même. Bien des années après, quand j’eus l’honneur d’être admis dans son intimité, il me raconta le fait et m’en attesta plusieurs fois par serment d’authenticité. C’est sa narration que je vais reproduire, et bien téméraire serait celui qui oserait s’inscrire en faux contre un pareil témoin, au sujet d’un prodige que les événements survenus depuis ont d’ailleurs suffisamment confirmé. »

Le récit que nous allons rapporter est implicitement confirmé par Nazarius, l’orateur païen chargé du panégyrique de Constantin neuf ans après la bataille, et explicitement par Lactance, précepteur du fils de Constantin. Le prodige eut lieu devant toute l’armée et l’évêque écrivait quelques années après la mort de l’empereur « de nombreux témoins vivaient encore, et toute supercherie eut été vivement relevée et raillée par les auteurs païens . »

Quelques jours avant la bataille, Constantin, accompagné de ses officiers sortit du camp pour aller étudier la situation de l’ennemi. Tout le monde poussa un cri de stupeur lorsque soudain apparut dans le ciel une croix lumineuse. Une inscription en Latin se lisait dessus « In hoc signo vinces, par ce signe tu vaincras ». L’armée entière vu ce signe et fut très étonnée, d’autant plus que la croix n’était pas encore connue de l’empire à cette époque là.

La nuit venue, le Christ apparut dans un rêve de Constantin avec ce même signe de la croix, lui ordonnant de faire reproduire ce signe sur les drapeaux comme un gage de victoire. Le lendemain Constantin et son armée s’exécutèrent.

La suite nous la connaissons… L’armée du seigneur, forte de 40 000 hommes vint a bout des paiens composée elle de 190 000 guerriers… Quasiment 1 contre 5…Quel courage ! Quelle foi !!Une bataille vigoureuse s’engagea des heures durant. Les uns motivés par leur nombre, les autres par leur croix. Le choc qui était provoqué par la rencontre des deux armées déchainées était assourdissant , intense. Les cris de fureur poussés par tous ces hommes nous indiquaient que seul deux issus seraient possible, la victoire ou la mort. L’abnégation et l’ardeur de l’armée du Christ mit finalement les paiens en déroute en tuant leur chef Maxence. Après tant de persécutions, la croix, réservée jusque là comme instrument de supplice, triomphait du monde et devenait l’étendard des légions romaines.

« Quand, après trois siècles de tortures, dit P. Lecordaire, du haut du mont Mario, Constantin vit dans l’air la Croix, c’était le sang des chrétiens qui avait germé dans l’ombre, qui était monté comme une rosée jusqu’au ciel, et s’y déployait sous la forme de la croix triomphante ! »

Eusèbe nous raconte aussi un des faits étonnants qui se déroula pendant la bataille :

« Constantin, dit il, avait choisi parmi ses gardes environ cinquante de ceux qui surpassaient les autres en force de corps, en grandeur de courage et en piété, et il les chargea de garder continuellement l’étendard et de le porter tour à tour. Le désordre s’étant mis dans l’armée au milieu de la chaleur du combat, celui qui portait l’étendard signé d’une croix et d’un monogramme du Christ eut peur et le donna à un autre pour éviter le péril. Mais il n’en fut pas sitôt déchargé qu’il reçut un trait dans le corps dont il mourut sur le champ en punition de sa lâcheté et de son infidélité. Celui qui s’était chargé de l’étendard en sa place fut protégé. Quelques quantités de traits que jetassent les ennemis, aucun ne tomba sur lui. C’était une chose merveilleuse à voir que tous les traits demeuraient dans le bois de l’étendard, quoiqu’il fut fort étroit, et qu’aucun ne toucha jamais ceux qui portèrent le signe de notre rédemption. Ce récit, ajoute l’historien, n’est pas de moi, il est de l’empereur, de la bouche duquel je l’ai appris. »

Regardons maintenant quelles furent les conséquences bénéfiques de cette victoire miraculeuse. En premier lieu, Constantin décrétait l’émancipation de l’Eglise, rendait justice aux chrétiens dépossédés et appela prés de lui le représentant de la royauté spirituelle, le pape saint Melchiade.

« Désormais, déclare Constantin, les condamnés aux mines ne seront plus marqués au front. La face humaine, créée à l’image de la beauté divine, ne doit point être déshonorée »

« Il est temps, dit il encore, d’arrêter la barbarie des pères dénaturés qui donnent la mort à leurs enfants. S’il se trouve des parents qui ne puissent nourrir leurs enfants, qu’on prenne ce qui sera nécessaire sur le Trésor public ou sur mon domaine privé. »

Constantin écrivait aussi, au préfet de Rome, que désormais le maître qui mettra à mort son esclave sera jugé comme homicide.

Un édit supprimait la prison et la flagellation pour dettes, un autre interdisait les combats de gladiateurs, car selon l’empereur : «  il ne convenait pas que le sang humain soit versé en pleine période de paix comme un passe temps à l’usage des oisifs. »

Un décret solennel punissait quant à lui, les hommes coupables de mutilations sur leurs esclaves pour avoir des eunuques et affranchissait les victimes de ce crime.

Une loi abolissait le supplice de la croix.

« En même temps, nous dit encore Monsieur Hervé-Bazin dans son livre intitulé les grandes journées de la Chrétienté, Constantin commençait à porter des coups à l’esclavage avec prudence, intelligence et habileté : il proclamait d’abord le principe éminemment chrétien que même soixante ans de servitude ne pouvait prescrire contre la liberté humaine. Il supprimait tous les obstacles qui avaient été apportés par la législation païenne pour l’affranchissement, et permettait de rendre aux esclaves leur liberté dans l’église en présence du peuple et des évêques, ne demandant qu’une attestation des ministres de l’église. Il défendait aux Juifs d’avoir des esclaves chrétiens et ordonnait à ceux qui connaitraient des personnes injustement retenues en servitude d’en avertir les magistrats. »

En 316, il imposa le repos du Dimanche pour tout l’empire. Ce fut l’occasion pour le peuple de consacrer du temps à l’église ainsi qu’a leur famille qui emmena un énorme bienfait pour le peuple.

Toutes ces ordonnances furent couronnées par la loi du 23 Juin 318 qui permettait aux parties de passer outre la juridiction des magistrats de droit commun pour s’en rapporter au jugement des évêques.

C’est à partir de cette période que l’effet sublime de la bataille du pont de Milvius se fit le plus ressentir. Constantin n’hésitera alors plus à rendre à l’Eglise la place qu’elle devait désormais occuper en faisant construire des dizaines de splendides basiliques à la gloire de Dieu. Grâce à l’Eglise, l’homme retrouvait enfin sa liberté et sa dignité à travers la Vérité.

Nous comprenons maintenant mieux l’importance de cette bataille qui permit, grâce à Dieu, au christianisme de sortir de l’ombre et se déverser, avec douceur et magnificence, sur toute une Europe désormais en paix. Ainsi cette bataille du pont de Milvius fut le début de toute une série de triomphe qui accentua toujours plus la grandeur du christianisme. Nous avons pu le voir dans les faits, Dieu dans son infinie sagesse, en avait décidé ainsi, telle était sa volonté…

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