Archives mensuelles : décembre 2017

Canada- La militante pro-vie Mary Wagner a passé Noël en prison

Canada- La militante pro-vie Mary Wagner a passé Noël en prison. Elle avait été arrêtée le 8 décembre, ainsi qu’une autre militante pro-vie. Leur crime ? Elles sont entrées avec des roses à la main dans un centre pratiquant l’avortement et ont parlé avec des femmes enceintes en essayant de les persuader de donner la vie à l’enfant qu’elles portent en leur ventre.

Lors d’une audience, vendredi dernier, Mary Wagner avait demandé d’être remise en liberté pour Noël, s’engageant à revenir pour son procès.

Au juge Howard Chisvin, de la Cour de justice de l’Ontario, elle avait expliqué calmement : « J’ai simplement essayé de défendre les enfants à naître. »

Mais le juge a refusé de mettre fin à la détention préventive. Sauf si Mary Wagner payait une caution de 500 dollars et s’engageait à rester à l’écart de toute clinique ou centre pratiquant l’avortement.

 

Mary Wagner n’a pas voulu se soumettre à ces conditions et restera donc en prison jusqu’au jugement.

Linda Gibbons, qui a déjà passé 11 ans en prison pour son témoignage pro-vie à l’extérieur des centres d’avortement de Toronto, a également systématiquement refusé de signer des conditions qui la forcent à rester à l’écart des centres d’avortement.

Catholique fervente, Mary Wagner a elle déjà passé au total quatre ans et huit mois derrière les barreaux pour ses tentatives pacifiques de sauver les bébés à naître de l’avortement.

Dans une lettre écrite prison et adressée à ses partisans, Mary Wagner raconte qu’elle a assisté à la messe le matin du jour où elle a été arrêtée, en la solennité de la fête de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie.

La prochaine comparution de Mary Wagner devant le tribunal est prévue le 4 janvier 2018.

La convergence évolutive: pensée magique par dé-darwinisez-vous

La base de la théorie de Darwin est simple. Une homologie entre deux espèces indique qu’elles ont eu, par le passé, un ancêtre en commun. Ainsi, l’homme et le singe se ressembleraient car ils descendraient d’un même ancêtre commun. Leur ressemblance prouverait la réalité de l’évolution.

Toutefois, certaines ressemblances, certaines homologies ne sont pas explicables par une ascendance commune, on parle alors d’homoplasie. Il peut s’agir de ressemblances au niveau de caractères précis (ailes des insectes/oiseaux, nageoire caudale des dauphins/requins), de gènes, de domaines protéiques (tous les domaines Leucine Zipper ne sont pas apparentés etc.), de voies de signalisation (la voie des EGFR se serait développée de façon indépendante chez les vertébrés et les invertébrés) ou même de morphologie complète (comme l’illustre la figure de cette publication, l’organisme de gauche est apparenté aux crevettes et celui de droite aux centipèdes, ils sont pourtant extrêmement ressemblants).
Les exemples sont très nombreux, il suffit de consulter l’article « homoplasie » de wikipédia pour s’en rendre compte.

Ce concept de convergence évolutive, selon lequel le hasard et la sélection pourraient produire des choses similaires chez des espèces non apparentées, va radicalement contre le concept de base de l’évolutionnisme: une homologie, une ressemblance n’implique pas une ascendance commune. De plus, ce concept ne repose sur rien, sur aucune observation ou expérimentation et ne relève pas de la science mais de la pensée magique et du raisonnement circulaire.
Ainsi, selon la dialectique darwinienne, les ressemblances sont des preuves de l’évolution… sauf quand ce n’est pas le cas!

Sans une quelconque forme de finalisme ou de guidage, il n’y a aucune raison à ce que le hasard et la sélection produisent des choses similaires de façon indépendante. Cette évolution convergente requiert une somme considérable de coïncidences additionnées à d’autres coïncidences. Adhérer à de tels croyances frise la crédulité et l’aveuglement.

L’évolutionnisme est avant tout un outil dialectique, une philosophie, une croyance. Ses théoriciens créent des concepts ad nihilo pour tenter de justifier le fait que la réalité ne correspond pas à la théorie (évolution convergente, espèces à évolution lente, équilibres ponctués, gènes orphelins etc.) Il serait temps que les scientifiques sortent du virtuel, du blabla et reviennent à la réalité: les faits ne collent pas avec leurs croyances.

Le concept d’évolution convergente est un aveu d’impuissance, un cache-misère et seule l’hypothèse d’un Créateur commun permet d’expliquer rationnellement ces nombreuses similitudes de design entre espèces non apparentées.

Messe de Noël de minuit (Année Liturgique, Dom Guéranger)

Il est temps, maintenant, d’offrir le grand Sacrifice, et d’appeler l’Emmanuel : lui seul peut acquitter dignement envers son Père la dette de reconnaissance du genre humain. Sur notre autel, comme au sein de la crèche, il intercédera pour nous; nous l’approcherons avec amour, et il se donnera à nous.

Mais telle est la grandeur du Mystère de ce jour, que l’Eglise ne se bornera pas à offrir un seul Sacrifice. L’arrivée d’un don si précieux et si longtemps attendu mérite d’être reconnue par des hommages nouveaux. Dieu le Père donne son Fils à la terre; l’Esprit d’amour opère cette merveille : il convient que la terre renvoie à la glorieuse Trinité l’hommage d’un triple Sacrifice.

De plus, Celui qui naît aujourd’hui n’est-il pas manifesté dans trois Naissances? Il naît, cette nuit, de la Vierge bénie ; il va naître, par sa grâce, dans les cœurs des bergers qui sont les prémices de toute la chrétienté ; il naît éternellement du sein de son Père, dans les splendeurs des Saints : cette triple naissance doit être honorée par un triple hommage.

La première Messe honore la Naissance selon la chair. Les trois Naissances sont autant d’effusions de la divine lumière; or, voici l’heure où le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande lumière, et où le jour s’est levé sur ceux qui habitaient la région des ombres de la mort. En dehors du temple saint qui nous réunit, la nuit est profonde: nuit matérielle, par l’absence du soleil; nuit spirituelle, à cause des péchés des hommes qui dorment dans l’oubli de Dieu, ou veillent pour le crime. A Bethléem, autour de l’étable, dans la cité, il fait sombre ; et les hommes qui n’ont pas trouvé de place pour l’Hôte divin, reposent dans une paix grossière; mais ils ne seront point réveillés par le concert des Anges.

Cependant, à l’heure de minuit, la Vierge a senti que le moment suprême est arrivé. Son cœur maternel est tout à coup inondé de délices inconnues ; il se fond dans l’extase de l’amour. Soudain, franchissant par sa toute-puissance les barrières du sein maternel, comme il pénétrera un jour la pierre du sépulcre, le Fils de Dieu, Fils de Marie, apparaît étendu sur le sol, sous les yeux de sa mère, vers laquelle il tend ses bras. Le rayon du soleil ne franchit pas avec plus de vitesse le pur cristal qui ne saurait l’arrêter. La Vierge-Mère adore cet enfant divin qui lui sourit ; elle ose le presser contre son cœur; elle l’enveloppe des langes qu’elle lui a préparés ; elle le couche dans la crèche. Le fidèle Joseph adore avec elle; les saints Anges, selon la prophétie de David, rendent leurs profonds hommages à leur Créateur, dans ce moment de son entrée sur cette terre. Le ciel est ouvert au-dessus de l’étable, et les premiers vœux du Dieu nouveau-né montent vers le Père des siècles; ses premiers cris, ses doux vagissements arrivent à l’oreille du Dieu offensé, et préparent déjà le salut du monde.

Au même moment, la pompe du Sacrifice attire tous les regards des fidèles vers l’autel ; les ministres sacrés s’ébranlent, le prêtre sacrificateur est arrivé aux degrés du sanctuaire. Cependant le chœur chante le cantique d’entrée, l’Introït. C’est Dieu même qui parle ; il dit à son Fils qu’il l’a engendré aujourd’hui. En vain, les nations frémiront dans leur impatience de son joug; cet enfant les domptera, et il régnera; car il est le Fils de Dieu.

INTROÏT

Le Seigneur m’a dit : Vous êtes mon Fils ; je vous ai engendré aujourd’hui.

Ps. Pourquoi les nations ont-elles frémi? Pourquoi les peuples ont-ils médité des choses vaines? Gloire au Père. Le Seigneur m’a dit.

Le chant du Kyrie eleison prélude à l’Hymne Angélique,  qui éclate bientôt par ces sublimes paroles: Gloria in excelsis Deo, et in terra pax hominibus bonae voluntatis! Unissons nos voix et nos cœurs à cet ineffable concert de la milice céleste. Gloire à Dieu ! paix aux hommes ! Les Anges, nos frères, ont entonné ce cantique ; ils sont là autour de l’autel, comme autour de la crèche, et ils chantent notre bonheur. Ils adorent cette justice qui n’a pas donné de rédempteur à leurs frères tombés, et qui nous envoie pour libérateur le propre Fils de Dieu. Ils glorifient cet abaissement si plein d’amour dans Celui qui a fait l’ange et l’homme, et qui s’incline vers ce qu’il y a de plus faible. Ils nous prêtent leurs voix célestes pour rendre grâces à Celui qui, par un si doux et si puissant mystère, nous appelle, nous humbles créatures humaines, à remplir un jour, dans les chœurs angéliques, les places laissées vacantes par la chute des esprits rebelles. Anges et mortels, Eglise du ciel, Eglise de la terre, chantons la gloire de Dieu, la paix donnée aux hommes; et plus le Fils de l’Eternel s’abaisse pour nous apporter de si grands biens, plus ardemment devons-nous chanter d’une voix : Solus Sanctus, solus Dominus, solus Altissimus, Jesu Christe ! Seul Saint, seul Seigneur, seul Très-Haut, Jésus-Christ!

La Collecte vient ensuite réunir tous les vœux des fidèles :

PRIONS

Ô Dieu, qui avez illuminé cette nuit sacrée des splendeurs de Celui qui est la vraie lumière ; faites, nous vous en supplions, qu’après avoir connu ici-bas cette lumière mystérieuse, nous puissions jouir, au ciel, des délices dont est la source Celui qui vit et règne avec vous dans les siècles des siècles. Amen.

ÉPÎTRE

Lecture de l’Épître de saint Paul à Tite, chapitre II.

Très cher fils, la grâce de Dieu notre Sauveur a apparu à tous les hommes, pour nous apprendre à renoncer à l’impiété et aux désirs du siècle, et à vivre, en ce monde, avec tempérance, justice et piété; dans l’attente delà béatitude que nous espérons, et de l’avènement glorieux du grand Dieu notre Sauveur Jésus-Christ, qui s’est livré lui-même pour nous, afin de nous racheter de toute iniquité, de nous purifier, et de faire de nous un peuple agréable à ses yeux, et appliqué aux bonnes œuvres. Prêchez ces vérités, et exhortez au nom de Jésus-Christ notre Seigneur.

Il a donc enfin apparu, dans sa grâce et sa miséricorde, ce Dieu Sauveur qui seul pouvait nous arracher aux œuvres de la mort, et nous rendre la vie. Il se montre à tous les hommes, en ce moment même, dans l’étroit réduit de la crèche, et sous les langes de l’enfance. La voilà, cette béatitude que nous attendions de la visite d’un Dieu sur la terre; purifions nos cœurs, rendons-nous agréables à ses yeux: car s’il est enfant, l’Apôtre vient de nous dire qu’il est aussi le grand Dieu, le Seigneur dont la naissance éternelle est avant tous les temps. Chantons sa gloire avec les saints Anges et avec l’Eglise.

GRADUEL

La principauté éclate en vous, au jour éternel de votre puissance, au milieu des splendeurs des Saints : car le Père vous a dit : Je vous ai engendré de mon sein, avant l’étoile du matin.

V/. Celui qui est le Seigneur a dit à son Fils, mon Seigneur : Asseyez-vous à ma droite, jusqu’à cé que je fasse de vos ennemis l’escabeau de vos pieds.

Alleluia, alleluia.

V/. Le Seigneur m’a dit : Vous êtes mon Fils ; je vous ai engendré aujourd’hui. Alleluia.

ÉVANGILE

La suite du saint Évangile selon saint Luc, chapitre II.

En ce temps-là, on publia un édit de César-Auguste pour faire le dénombrement de toute la terre. Ce fut le premier dénombrement qui fut fait par Cyrinus, gouverneur de la Syrie ; et tous allaient pour se faire enregistrer, chacun dans sa ville. Joseph passa donc aussi de la cité de Nazareth de Galilée, en Judée, dans la cité de David, qui est appelée Bethléhem, car il était de la maison et de la famille  de David,  pour être enregistré  avec Marie son épouse,  qui  était enceinte. Or, il  advint, pendant  qu’ils  étaient  en  ce lieu, que  le temps de ses couches arriva. Et elle enfanta son fils premier-né, et elle l’enveloppa de langes, et le coucha  dans une crèche ; car il n’y avait pas de place pour eux dans l’hôtellerie ! Et il y avait dans cette même contrée des bergers qui veillaient la nuit tour à tour pour la garde de leurs troupeaux. Et  voici  que l’Ange du Seigneur se présenta devant  eux,  et une clarté divine les environna, et  ils  furent  saisis  d’une grande  crainte.  Et l’Ange leur dit : Ne craignez point ; car voici  que je vous annonce une heureuse  nouvelle, qui  sera pour tout le peuple le sujet d’une grande joie. Il vous est né aujourd’hui un Sauveur, qui est le Christ Seigneur, dans la cité de David. Et voici le signe auquel vous le reconnaîtrez : vous trouverez un enfant, enveloppé de langes, et couché  dans  une  crèche.  Et tout  à  coup, une  troupe nombreuse  de l’armée céleste  se  joignit  à  l’Ange, louant  Dieu et  disant  : Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et, sur la terre, paix aux hommes de bonne volonté !

Et nous aussi, ô divin Enfant, nous joignons nos voix à celles des Anges, et nous chantons: Gloire à Dieu! paix aux hommes ! Cet ineffable récit de votre naissance attendrit nos cœurs, et fait couler nos larmes. Nous vous avons accompagné dans le voyage de Nazareth à Bethléem, nous avons suivi tous les pas de Marie et de Joseph, dans le cours de cette longue route; nous avons veillé, durant cette sainte nuit, attendant l’heureux moment qui vous montre à nos regards. Soyez loué, ô Jésus, pour tant de miséricorde : soyez aimé, pour tant d’amour. Nos yeux ne peuvent se détacher de cette heureuse crèche qui contient notre salut. Nous vous y reconnaissons tel que vous ont dépeint à nos espérances les saints Prophètes, dont votre Eglise nous a remis, cette nuit même, les divins oracles sous les yeux. Vous êtes le grand Dieu, le Roi pacifique, l’Epoux céleste de nos âmes ; vous êtes notre Paix, notre Sauveur, notre Pain de vie. Que vous offrirons-nous, à cette heure, sinon cette bonne volonté que nous recommandent vos saints Anges ? Formez-la en nous ; nourrissez-la, afin que nous méritions de devenir vos frères par la grâce, comme nous le sommes désormais par la nature humaine. Mais vous faites plus encore dans ce mystère, ô Verbe incarné ! Vous nous y rendez, comme parle votre Apôtre, participants de cette nature divine que vos abaissements ne vous ont point fait perdre. Dans l’ordre de la création, vous nous avez placés au-dessous des Anges; dans votre incarnation, vous nous faites héritiers de Dieu, et vos propres cohéritiers. Que nos péchés et nos faiblesses ne nous fassent donc pas descendre de ces hauteurs auxquelles vous nous élevez aujourd’hui.

Après l’Évangile, l’Eglise chante en triomphe le glorieux Symbole de la foi, dans lequel sont racontés tous les mystères de l’Homme-Dieu A ces paroles : Et incarnatus est de Spiritu Sancto ex Maria Virgine, et HOMO FACTUS EST, adorez profondément le grand Dieu qui a pris la forme de sa créature, et rendez-lui par vos plus humbles respects cette gloire dont il se dépouille pour vous. Aux trois Messes d’aujourd’hui, lorsque le chœur est arrivé à ces paroles dans le chant du Symbole, le Prêtre se lève de son siège, et vient rendre gloire, à genoux, au pied de l’autel. Unissez en ce moment vos adorations à celles de toute l’Eglise représentée par le sacrificateur.

Pendant l’offrande du pain et du vin, l’Eglise célèbre la joie du ciel et de la terre pour l’arrivée du Seigneur. Encore un peu de temps, et sur cet autel qui ne porte encore que le pain et le vin, nous posséderons le corps et le sang de notre Emmanuel.

OFFERTOIRE

Que les cieux se réjouissent ; que la terre tressaille devant la face du Seigneur : car il est venu.

SECRÈTE

Ayez pour agréable, Seigneur , l’oblation que nous vous présentons dans la solennité d’aujourd’hui ; faites par votre grâce, que, au moyen de ce saint et sacré commerce, nous soyons trouvés semblables à Celui en qui notre substance humaine est unie à votre divinité ; lequel, étant Dieu, vit et règne avec vous.

La Préface vient ensuite réunir les actions de grâces de tous les fidèles, et se termine par l’acclamation au Seigneur trois fois Saint. Au moment de l’élévation des sacrés Mystères, au sein de ce silence religieux durant lequel le Verbe divin descend sur l’autel, ne voyez plus que la crèche de l’Enfant qui tend ses bras vers son Père et vous offre ses caresses, et Marie qui l’adore avec un amour de mère, et Joseph qui verse des pleurs de tendresse, et les saints Anges qui s’anéantissent dans l’étonnement. Donnez votre cœur au nouveau-né, afin qu’il y inspire tous ces sentiments ; demandez lui de venir en vous, et faites-lui place au-dessus de toutes vos affections.

Après la Communion, l’Eglise, qui vient de s’unir au Dieu-Enfant par la participation de ses Mystères, chante encore une fois la gloire de l’éternelle génération de ce Verbe divin qui est sorti du sein de son Père avant toute créature, et qui, cette nuit, a apparu au monde avant le lever de l’étoile du matin.

COMMUNION

Le Seigneur a dit à Celui qui est son Fils : Dans les splendeurs  des  Saints, je vous ai engendré de mon sein  avant le lever de l’étoile du matin.

La sainte Eglise conclut les supplications de ce premier Sacrifice, en demandant la grâce d’une indissoluble union avec le Sauveur qui a daigné apparaître.

POSTCOMMUNION

Faites, nous vous en supplions , Seigneur notre Dieu, que célébrant avec joie la Nativité de notre Seigneur Jésus-Christ par la fréquentation de ces divins Mystères, nous méritions par une vie sainte d’entrer en union parfaite avec lui. Qui vit et règne avec vous, etc.

La nuit miraculeuse poursuit son cours ; le chant du coq se fait entendre. Bientôt l’heure sera venue d’offrir le second Sacrifice, qui doit sanctifier l’aurore. Chaque jour, l’Eglise est en prière à ce moment qui précède le lever du soleil, et qui rappelle si vivement le mystère du Verbe divin descendu pour illuminer le monde. Cet Office est tout entier consacré à la louange et à la jubilation ; et, pour cette raison, il a reçu le nom de Laudes. Aujourd’hui l’Eglise l’anticipe, afin de réserver pour l’instant où l’aurore paraîtra au ciel un sacrifice de louange plus complet, plus divin, l’Hostie Eucharistique qui acquitte toutes les dettes de la terre.

L’Office des Laudes est aussi solennel que celui des Vêpres, et présente avec lui de grandes analogies. L’un et l’autre rappellent magnifiquement le divin Soleil de justice, dont les Laudes représentent le lever glorieux, tandis que les Vêpres, nous montrant l’astre du jour à son couchant et la nuit . qui arrive avec ses ombres, engagent nos cœurs à soupirer après le jour éternel qui n’aura point de déclin, et dont l’Agneau est l’immortel flambeau. Les Laudes sont l’encens du matin,  comme les Vêpres sont l’encens du soir : les mystères de la journée liturgique s’accomplissent entre ces deux termes solennels.

Pour approfondir et en vente dans notre librairie :

La vocation et la mission de la France de Dom Guéranger (18 €)

Parmi les hommes d’Église qui de notre temps se sont le plus distingués par leur religion, leur zèle, leur science et leur habileté à faire progresser les intérêts catholiques, on doit inscrire à juste titre Prosper Guéranger (1805-1875), abbé de Saint-Pierre de Solesmes et supérieur général des Bénédictins de France. Doué d’un puissant génie, possédant une merveilleuse érudition et une science approfondie des règles canoniques, il s’est appliqué, pendant tout le cours de sa longue vie, à défendre courageusement, dans des écrits de la plus haute valeur, la doctrine de l’Église catholique et les prérogatives du Pontife Romain, brisant les efforts et réfutant les erreurs de ceux qui les combattaient.

Rivarol n°3311 du 27/12/2017 au 09/01/2018

Editorial

Leur République interdit les crèches de Noël !​

CHAQUE JOUR QUI PASSE leur système cosmopolite montre davantage son vrai visage. Le maire de Béziers Robert Ménard avait installé une crèche dans sa mairie. Le tribunal administratif de Montpellier a enjoint le 18 décembre à l’édile de retirer sous 48 heures la crèche et il a également prononcé une astreinte de 2000 euros par jour de retard. Le juge a rappelé que « l’installation d’une crèche à titre temporaire à l’initiative d’une personne publique dans un emplacement public n’est légalement possible que lorsqu’elle présente un caractère culturel, artistique ou festif, sans exprimer la reconnaissance d’un culte ou marquer une préférence religieuse ». Mais qui va déterminer, et selon quels critères, s’il s’agit d’une initiative de nature culturelle, festive ou religieuse ? Le juge des référés, censé se prononcer sur l’urgence, rend un jugement de fond sur la crèche, en décidant arbitrairement que « l’installation dont il s’agit ne présente pas de caractères artistiques particuliers, n’étant composée que de santons ordinaires. » Comme l’écrit ironiquement dans un communiqué Robert Ménard « on apprend que le juge des référés est désormais compétent pour juger de l’aspect culturel — ou non — d’une manifestation dans le cadre des animations de Noël. »

Le maire de Béziers a essayé de trouver la parade en déplaçant la crèche de la mairie pour l’installer dans un autre bâtiment municipal. Mais la décision du juge des référés est lourde de conséquences. Le plus significatif peut-être dans cette affaire, c’est que ce jugement a été pris à la suite d’une plainte du préfet de l’Hérault qui a saisi le tribunal administratif de Montpellier selon un procédure d’urgence. Ce ne sont donc pas des groupes mahométans ou ouvertement laïcistes qui ont demandé cette fois le démontage et le retrait de la crèche, c’est l’Etat français, la République française. Comme l’écrit Robert Ménard dans le communiqué déjà cité et intitulé « pour la première fois en France, l’Etat expulse la crèche d’une mairie », « Il ne s’agit pas là de quelques associations “laïcardes” bien décidées à faire la peau à nos santons, comme ce fut le cas en 2014 et en 2016. Non, cette fois c’est bien l’Etat qui, seul, via son représentant dans l’Hérault, fait retirer la crèche. C’est une “première”, dont la portée symbolique — et historique — n’a pas fini de nous abasourdir. » C’est l’Etat, à son plus haut niveau, qui décrète l’interdiction des crèches dans les lieux publics. C’est la plus haute juridiction administrative, le Conseil d’Etat, celui-là même qui avait interdit en 2014 de manière arbitraire les spectacles de Dieudonné comme troublant l’ordre public, celui qui avait affirmé en 1989 la supériorité du droit européen sur le droit national (arrêt Nicolo), qui, une fois de plus, prend une décision scélérate. En effet, le 9 novembre 2016, cette juridiction avait proscrit dans un arrêt les crèches dans les bâtiments publics, sauf circonstances particulières extrêmement restrictives.

ON LE VOIT avec cet exemple emblématique, nous vivons dans un pays occupé. Occupé par des lobbies, des hommes, des organisations qui sont étrangers à l’âme de la France historique, qui renient chaque jour les promesses du baptême de notre patrie, qui promeuvent le faux, le laid, le mal. Leur laïcité est en réalité, et depuis l’origine, une machine de guerre contre l’âme de la France, contre sa religion historique, contre la foi de ses aïeux qui a imprégné si profondément nos territoires, nos paysages, nos terroirs, nos traditions, notre calendrier, notre vocabulaire, et il y a encore quelques décennies, avant l’apostasie universelle, jusqu’à nos modes de vie et de pensée. La “laïcité” est souvent présentée comme l’application du principe de neutralité de l’État à l’égard des différentes confessions, toutes mises sur le même pied (égalité et nivellement obligent), ce qui est déjà un principe philosophique en soi condamnable. Mais en réalité, il ne s’agit même pas de cela. En fait, la prétendue “laïcité” n’est que la couverture d’un athéisme fanatique qui est en soi une contre-religion à part entière, elle n’est donc qu’un instrument, une arme, dans le cadre d’une guerre ouverte mais qui avance masquée, et surtout qui refuse d’être désignée comme telle sous couvert d’égalitarisme républicain ! C’est pourquoi il est inconséquent de combattre l’Islam dans notre pays au nom de la laïcité car on ne peut lutter contre une religion conquérante avec une arme qui précisément nous détruit et nous avilit depuis de deux siècles, nous coupe de nos racines, de notre passé, de notre héritage, de notre lignée et qui agit sur nous comme un gaz incapacitant.

Ce n’est pas un hasard si aujourd’hui de plus en plus d’églises sont détruites ou transformées en cinéma, en office de tourisme, en maison particulière, en hall public, en hôtel, et demain sans doute, en mosquées ou en supermarchés. La journaliste Caroline Fourest, très active dans le lobby LGBT, préconisait ainsi de transformer les églises en centre commercial. C’est d’ailleurs le lieu où se réunit désormais une grande partie des consommateurs le dimanche (quand les magasins sont ouverts, ce qui est de plus en plus fréquent). Autrefois on se réunissait sur la place de l’église, au centre du village, et on se retrouvait tous à la sortie de la messe, ceux qui avaient assisté à l’office et ceux qui étaient allés au café en face, mais tous participaient à la vie villageoise. Aujourd’hui c’est le centre commercial anonyme ou le stade qui est le lieu de vie et au bout de la chaîne c’est le cancéropôle, l’oncopôle, ce qui va parfaitement ensemble car la nourriture industrielle vendue dans les hypermarchés ne peut produire que des effets désastreux.

Certes, dès lors que les églises se vident, il est logique qu’elles finissent par disparaître. Ce qui n’apparaît plus utile dans une société, à un moment donné, finit par s’écrouler. Mais si les églises se vident, c’est non seulement parce que nous vivons dans une société matérialiste et hédoniste où Dieu apparaît facultatif voire superfétatoire pour le plus grand nombre, mais c’est aussi parce que, depuis Vatican II, le culte qui y est encore, ici et là, pratiqué, n’a plus rien de sacré, plus rien qui élève l’âme, plus rien qui relie l’homme à Dieu, le Ciel et la Terre. On y dispense dans des sermons généralement très médiocres (n’est pas Bossuet qui veut !) un humanitarisme horizontal, un droit de l’hommisme compassionnel qui ne fait que paraphraser sottement ce que l’on enseigne déjà à longueur de journée à l’école, dans les media, dans les variétés, au cinéma. Si c’est pour entendre à l’église paroissiale les discours et les accents dont on est déjà abreuvé en permanence partout ailleurs, il n’est pas étonnant que les gens ne s’y déplacent plus.

NOUS vivons un désert spirituel dont nous ne mesurons sans doute pas l’étendue et la profondeur et dont les conséquences sont et seront incommensurables pour les familles, pour les nations, pour la concorde en société, pour le bien commun. Il est de bon ton de répéter que les croyances religieuses sont fauteuses de troubles, de violence, de haine et de crimes. Et on se plaît à énumérer les massacres qui, dans l’histoire, auraient été commis au nom de Dieu. En omettant de préciser que le plus souvent, dans ce genre de tragédies, il s’agissait en réalité de considérations essentiellement politiques qui avançaient masquées derrière d’apparentes revendications religieuses. En revanche, on ne s’interroge jamais sur l’étendue des crimes, des persécutions, des violences, des injustices commis au nom du refus de Dieu, au nom de sa radicale négation. Et pourtant n’est-ce pas le communisme athée qui, aux quatre coins du globe, a fait, et de loin, le plus de victimes au XXe siècle ? Depuis la Révolution française n’est-ce pas, au nom du refus de la religion, que l’on a massacré des innocents, de la Vendée aux carmélites de Compiègne, que l’on a tué des prêtres et des religieuses, que l’on a, au mépris de toute justice, de toute humanité, crocheté des couvents, des églises, supprimé des congrégations, conduit à l’exil tant de prêtres et de religieux et organisé l’un des plus grands vols de l’histoire en se saisissant, tant sous la Révolution que durant la IIIe République, des biens de l’Eglise, du clergé, de toutes les églises paroissiales construites avant 1905 ?

Il n’est pas sans danger pour l’homme, pour la société, pour la concorde sociale, pour la vie en commun d’éliminer totalement Dieu du domaine public. Car la foi doit pouvoir se vivre, non seulement dans sa conscience, dans son foyer, dans sa famille mais doit aussi pouvoir s’exprimer en public. Dans le culte, dans les processions et pèlerinages. Dans les églises et les chapelles, au moyen de statues et de calvaires, de chemins de Croix et de crucifix. Elle doit pouvoir s’exprimer et se vivre dans les écoles et les tribunaux, dans l’administration et jusque dans les hôpitaux.

Si l’on supprime les crèches des dernières mairies qui souhaitaient les installer, plus souvent, il faut l’avouer, par folklore et respect de traditions locales encore populaires qu’au nom d’une foi ardente, c’est qu’on a déjà retiré toute trace de religion et de divin des autres lieux publics, c’est que l’on a conduit jusqu’à son terme, jusqu’à son sommet, l’apostasie publique d’une nation.

FAUT-IL que ce Divin Enfant, bien que tout petit, muet et sans défense, gêne considérablement les puissants de ce monde pour qu’on décide ainsi de le cacher, de le faire disparaître, toutes affaires cessantes, des lieux publics avec un fanatisme impressionnant ? Et en effet la simple vue de cet Enfant, de sa sainte Mère et de son père adoptif, l’humble charpentier maniant la varlope et le rabot, est insupportable à ceux qui ont en main les leviers de commande de ce pays. Car la Sainte Famille représente par excellence tout ce qu’ils combattent, tout ce qu’ils haïssent.

La pureté et l’innocence alors qu’ils promeuvent toutes les perversions, toutes les déviances, de la Gay Pride officiellement parrainée chaque année pour la Saint-Jean par le chef de l’Etat, le maire de Paris et le conseil régional d’Ile-de-France au “mariage” gay en passant par ces réalités sordides cachées derrière les affreux acronymes Pacs, PMA et GPA et par la diffusion chaque jour plus massive, à la télévision et sur la Toile, de la pornographie.

La pauvreté et la simplicité alors qu’ils ne pensent qu’à s’enrichir toujours davantage au détriment des plus modestes, au détriment de la nature, de la tempérance et du bon sens.

La paix, le silence et la discrétion alors que notre monde ne vit que de bruit, de fureur médiatique, de cris et d’hurlements et qu’il est une conspiration permanente contre toute forme de vie intérieure, contre toute aspiration à la méditation et à la contemplation. Il faut toujours qu’il y ait du bruit, une musique assommante dans les magasins, dans les restaurants, dans les transports et jusque dans les rues.

L’intransigeance sur les principes alors qu’ils n’ont aucune colonne vertébrale et que leurs seules valeurs sont mobilières.

L’amour de la vérité et de la sincérité alors qu’ils sont faux et fourbes, que mentir pour eux est une deuxième nature, et qu’ils ne cessent de tromper, de leurrer, de manipuler, de fourvoyer par le trucage des chiffres, des statistiques, de l’histoire, de la mémoire, par les promesses non tenues, les engagements violés sans vergogne, les trahisons tant des idées qu’ils sont censées avoir pour se faire élire que des hommes qui les ont aidés à faire carrière.

LE CHRISTIANISME est par excellence la religion et la civilisation de l’Incarnation car il adore le Verbe incarné, le Dieu qui s’est fait homme. Or le monde moderne est au contraire celui de la désincarnation et d’une contre-incarnation. Il est le monde du virtuel et non plus celui du réel, de l’anonymat des réseaux sociaux et non de la chaleur d’un foyer aimant. Le monde de l’émotion instantanée qui fait pleurer les masses sur les infortunes de stars du petit écran mais qui ne s’occupe pas au quotidien de l’aïeule, de la tante, de l’enfant ou du voisin qui aurait tant besoin de présence et de chaleur humaine. Bernanos le disait déjà : « l’homme moderne a le cœur dur mais la tripe sensible ». Notre univers est celui du strass et des paillettes et non celui des humbles vertus domestiques, du martyre quotidien du devoir d’état, de l’effort inlassable, du dévouement discret au sein de la famille. Il est le monde de l’immédiateté et de l’évanescence, le monde où l’on peut gagner des millions en un instant dans un jeu télévisé stupide, où l’on peut changer du jour au lendemain, sans aucun problème, de sexe, de convictions, de religion, d’organisation, d’« orientation sexuelle », où l’on peut sans cesse se réinventer, se transformer, refaire sa vie (comme si l’on avait ici-bas plusieurs vies !). Il est le monde de l’apparence et du divertissement, du frelaté, du faisandé et de l’avarié face à Celui qui est le Chemin, la Vérité et la Vie. Il est le monde où l’on est sans cesse relié à son téléphone portable, à son GPS, à son ordinateur et à son lecteur MP3 (voire MP4 !) mais où l’on n’est plus relié en profondeur ni à la terre, ni à la nature, ni aux autres, ni à Dieu.

QUANT À NOUS, ayons à cœur la défense de cette tradition toute simple, chassons de nos foyers l’hideux Père Noël importé par les soldats américains en même temps que leur Coca-Cola. La lumière n’est pas faite pour être mise sus le boisseau. Puissions-nous la faire rayonner autour de nous. La diffusion du bien, du beau, du vrai est possible, si nous nous gardons de la contagion du monde et si nous conservons au cœur une invincible espérance.

Joyeuses et saintes fêtes de Noël à tous !

Jérôme BOURBON.